|
Ex-pilier des AS Dragon, Peter Von Poehl multiplie les
collaborations, mais reste fidèle à Bertrand Burgalat,
en studio comme sur scène.
"Si vous étiez né dans une petite ville de Suède
et que vous aviez eu une passion pour la musique (avant l’apparition
d’Internet et de la hype autour des groupes de rock suédois),
vous auriez eu deux choix : soit de vous engager dans une carrière
de footballeur, soit d’émigrer. Ayant un certain sens
des réalités, j’ai opté pour la seconde
solution. J’ai voyagé en Australie, au Danemark, en
Espagne et au Venezuela. En 1998, j’ai obtenu un diplôme
de musicologie. La même année, j’ai fait un stage
dans les studios de Tricatel à Paris… qui s’est
transformé en une longue et enrichissante collaboration avec
Bertrand Burgalat…"
Pilier du groupe AS Dragon - qu’il quittera au moment de son
envol - Peter Von Poehl enchaîne depuis les collaborations
(dernière en date : la très mélodique composition
de l’album Le grand bain de Dorian), crée avec Florian
Horwath le label Graeferecordings (www.graeferecordings.com)
et travaille à un projet solo (Mummenschantz) dont un premier
single (Going to where the tea-trees are) est sorti (disponible
chez Ground Zero et Gibert Joseph).
ENTRETIEN
Bonsoir Peter Von Poehl.
Vous êtes assis confortablement ?
Bon, alors voilà : jowebzine.com a une bonne et une mauvaise
nouvelle à vous annoncer… et dix questions à
vous poser.
On y va ?
D'abord la mauvaise nouvelle : la fin du monde est pour la semaine
prochaine.
Maintenant, la bonne nouvelle : vous serez le seul survivant (ou
presque) et vous avez le pouvoir de sauver 10 monuments de votre
Panthéon personnel.
Voici les thèmes : à vous de désigner (et de
développer, justifier, commenter…) les heureux élus
!
Le disque que vous souhaitez sauver, le film que vous souhaitez
sauver, le livre que vous souhaitez sauver, la bande dessinée
que vous souhaitez sauver, l'homme que vous souhaitez sauver, la
femme que vous souhaitez sauver, l'objet, le lieu ou le monument
que vous souhaitez sauver, l'émission télévisée
que vous souhaitez sauver, Le plat que vous souhaitez sauver, votre
œuvre personnelle que vous souhaitez sauver…
En fait, j’ai frôlé
de près la fin du monde l’année passée…
quand une vilaine infection dentaire a failli me tuer. Le docteur
qui me soignait était un type très marrant. Quand
il m’a annoncé que je devais m’arrêter
pendant un mois, j’ai répondu que ça n’était
absolument pas possible, car j’étais en plein enregistrement.
Il m’a dit que mon attitude était typique de cette
génération ’70, convaincue que tout est négociable.
Alors, ne soyez pas surpris si je prends la liberté de tourner
autour du pot de votre hypothétique armageddon.
Je n’ai pas la télé, alors une émission
de télé ne me ferait ni chaud ni froid.
Je suis assez doué en cuisine, alors je n’aurais pas
besoin d’un plat en particulier. Par contre je sauverais ma
carte de membre du marché bio du coin.
Les disques… j’adore. J’aimerais bien garder la
3e de Beethoven. Je n’ai pas d’iPod, sinon je pense
que je le bourrerais de MP3. Je prendrais aussi mon album solo (Mummenschantz)
: j’ai tellement travaillé dessus cette année
que ce serait vraiment dommage qu’une fin du monde vienne
l’empêcher de sortir.
Il est naturellement indispensable qu’un cinéma survive
à la fin du monde. J’en suis un gros consommateur et
je serais trop malheureux sans ça.
Je suis également un grand voyageur. Je vis à Berlin
depuis l’année dernière et tous ces trajets
entre la Suède et la France, ça fait pas mal de kilomètres.
Comme je déteste m’encombrer de trop de bagages alors
je pense que je peux laisser tomber mes réalisations personnelles,
mes bouquins et mes BD.
Last but not least : l’homme et la femme que je sauverais.
Soyons honnêtes : j’ai été vraiment raisonnable
jusqu’à présent, alors je trouve que ce serait
assez équitable si je pouvais être autorisé
à conserver… tous les gens !
Merci, Peter Von Poehl.
Nous transmettons à qui de droit !
Propos recueillis par Roland Caduf
© Jowebzine.com - Juin 2005
|