Arno,
"chanteur de charme", a fait le plein au Grand Rex
pour une soirée exceptionnelle, tout entière pétrie
du charisme et de la présence monumentale de cette bête
de scène.
Installé comme au cinéma dans la salle du Grand
Rex, le public se prépare à assister au show du
grand Arno, soit 30 ans de carrière, 27 albums trempés
dans le punk et le rock, en français comme en anglais
avec la même jubilation, quelques reprises indéniablement
meilleures dans sa bouche qu’ailleurs, bref un concert
qui caresse et qui gratte, qui secoue et qui chaloupe.
Lorsqu’il entonne une reprise, Arno explique : "On
a repris Abba, mais on a changé tout le bazar…",
et cela pourrait être sa marque de fabrique.
Si la vie est un grand bazar, Arno en est le ferrailleur, piquant
du bout de ses mots un quotidien urbain fait de beuveries, d’amour,
de constat politique et sociologique, éructant de sa
voix rauque et profonde des mélopées à
faire dresser le poing ou verser des larmes.
L’humanité de cet artiste transpire à chacune
de ses chansons, et le public le sait ; il y a ici un climat
d’amitié exceptionnel. "On va faire une chanson…",
et de TC Matic à Arno 2005, le répertoire est
d’une cohérence sans faille, l’ensemble est
jalonné de "classiques", de trash ou d’accordéon,
de fureur et de ballades.
Aujourd’hui accompagné par quelques musiciens de
haut niveau (le guitariste en particulier), Arno a privilégié
un son très rock, très brutal, souligné
par un jeu de lumières en noir et blanc qui intensifie
de façon picturale les humeurs du chanteur.
Et lorsque lui-même attrape une paire de cymbales, la
liesse populaire est à son comble. C’est alors
qu’on aimerait se lever pour pouvoir réagir en
gestes et en corps à l’invitation au plaisir d’Arno
! Cependant, qui l’a vu chanter assis sait que l’intensité
et la passion n’ont aucune règle, aucun barrage,
aucune convention.