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AUTANT EN EMPORTE LE VENT
Comédie musicale
de Gérard Presgurvic

Palais des Sports de Paris
depuis le 30 septembre 2003
VENT FAIBLE
Une comédie musicale de plus pour surfer sur la vague qui a généré quelques succès, mais beaucoup d’échecs. Il est à craindre que celle-ci n’entre dans la seconde catégorie.


Gérard Presgurvic, déjà à l’origine de la comédie musicale Roméo et Juliette, met en scène le célèbre roman de Margaret Mitchell (qui a fait couler tant de larmes !), j’ai nommé Autant en emporte le vent. Pour l’occasion, il s’associe à Albert Cohen et Dove Attia (ce nom vous dit quelque chose ? Vous avez raison, il faisait partie du jury de A la recherche de la nouvelle star, émission de télé-réalité sur M6), tous deux co-producteurs de, devinez quoi : Les Dix Commandements ! Oui, oui, encore une comédie musicale…

Il faut dire que depuis le succès de Notre Dame de Paris, en 1998, la vague des comédies musicales ne cesse de croître. Seulement voilà, ça n’est pas donné à tout le monde d’y surfer, et Autant en emporte le vent a bien du mal à y rester… dans le vent !

Bien sûr, on nous éblouit avec des décors extraordinaires, on nous fait rêver avec des costumes féeriques, on nous impressionne avec des danseurs de haute voltige - merci à Kamel Ouali pour la chorégraphie (tiens, tiens, lui aussi il fait de la télé-réalité : Star Academy, ça vous dit quelque chose ?)

Seulement voilà, ça ne fait pas tout. Malgré cela, il nous manque l’étincelle, la petite flamme qui nous fait vibrer, celle qui nous scotche à notre fauteuil pendant un peu plus de 2 heures, bref, il nous manque l’essentiel : des voix ! Des voix qui collent aux personnages et à leur identité, des voix qui ne tremblent pas, des voix qui nous transportent, des voix qui se démarquent de tous ces « soi-disant chanteurs » issus de la télé-réalité (tiens, encore elle !?), en deux mots : de vrais voix !

Certes, elle est bien mimi, la fifille à son papa, Laura Presgurvic (Scarlett O’hara). Elle entre bien dans la peau du personnage - normal pour une fille qui se prend pour Scarlett depuis qu’elle a huit ans, paraît-il. Mais pour ce qui est de nous faire vibrer en chantant, alors là… Même remarque pour Vincent Niclot (Rhett Butler). On est loin du casting de Notre Dame de Paris. La seule qui sorte du lot est Dominique Magloire (Mama). En seulement deux chansons elle nous fait frissonner plus que tous les autres réunis. D’ailleurs, à l’applaudimètre il n’y a pas photo : la vraie star de la troupe c’est elle ! Elle et les danseurs.

Côté musiques, rien de très original. On est très proche de ce qui avait été fait dans Roméo et Juliette. Et que dire des textes ? Tellement simples (simplistes) qu’on en devine systématiquement la rime…

Bref, si vous allez voir ce spectacle, vous passerez un agréable moment mais rien de bien mémorable. Comme le disait Montand : « Et le vent du nord les emporte dans la nuit froide de l’oubli… »


Géraldine Simonian
© Jowebzine.com - Octobre 2003
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