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CHARLES AZNAVOUR
Palais des Congès - Paris
Le 16 mai 2004

TU PARLES, CHARLES !
On l’a vu en mai et on peut encore le voir jusqu’à la fin de l’année : un de nos derniers monstres sacrés qui n’en finit pas de fêter ses 80 ans !



Concert de Charles Aznavour au Palais des Congrès, (Dimanche 16 mai 2004, 20h30)
Rien que ça, ça fait déjà quelque chose. Car, qu’on le veuille ou non, c’est bien Aznavour qui se pose aujourd’hui comme l’ultime symbole d’une certaine époque, d’un certain contexte, d’un certain univers suranné à nos oreilles de quarantenaires endurcis et qu’on appelait... "Music-Hall". Tous ces artistes qui ont débuté dans les années 50, qui ont mûri lentement la nuit dans les petits cabarets parisiens, qui ont conquis pas à pas la critique, en travaillant durement leur voix, leurs textes, leur répertoire jusqu'à la première grande scène et l’investiture de la part d’un public qui lui aussi prenait le temps de choisir ses élus, au travers des trois radios GO, des 78 tours puis des vinyls quatre titres à sa disposition. Trenet, Brassens, Brel, Ferré, Piaf, Barbara, Nougaro... Tous les grands ont suivi cet itinéraire. Et un tas de plus petits les y ont suivis.

Ah, cette Porte Maillot ! Ah, ce Palais des Congrès ! Au sortir du parking souterrain (9 Euros les 3 heures), on traverse la galerie marchande aseptisée où s’égaillent les riches touristes hébergés dans les luxueux hôtels alentour, avant d’accéder à la salle de concert, grande, propre et froide. Et pleine comme un oeuf. En dépit de tarifs prohibitifs ( il faut compter 500 balles pour une place à peu près correcte, 1000 pour une bonne...) la foule s’est ruée sur les tickets, comme elle s’était ruée sur ceux de la précédente tournée d’adieux il y a trois ans.

Sur scène, dix huit cordes, batterie, basses, deux guitares, percussions, trois choristes, trois claviers, un saxo . Eclairage subtil et somptueux (avec un écran transparent qui accueille de superbes rétro projections). Son exceptionnel (rarement entendu une telle qualité de balance, surtout avec une telle formation sur le plateau). Acclamation. Aznavour entre avec la poursuite pour un long morceau racontant la vie des immigrants arméniens (qui apparemment en ont pas mal bavé à leurs débuts). On comprend que c’est un bout de sa vie qu’il vient de chanter. C’est très pro, très ... "music hall". Pas de place pour l’impro. Tout est réglé, à l’américaine. Et quand les musiciens ou l’éclairagiste ne sont pas d’équerre, Monsieur Aznavour fait tout arrêter pour recommencer. De façon pas très sympa. Pro. Très pro. Trop pro. D’où cette impression de distance, cette absence de chaleur, qui persistera du début à la fin du show.

Deux parties séparées par un entr’acte de 20 minutes, avec vente de friandises, CD, DVD en salle, au panier à bretelles. Monsieur Aznavour annonce la couleur : en première partie, les nouveaux morceaux, en deuxième partie, les standards. Et il se justifie : Bien sûr, les gens préfèrent les vieux morceaux, mais si on ne joue jamais les nouveaux morceaux, ils ne seront jamais des vieux morceaux... Et moi je rétorque (en moi-même, bien sûr) que c’est dommage que Monsieur Charles nous ait bassinés pendant une heure avec ses assez peu inspirés nouveaux morceaux (dont un pénible duo avec sa fille Katia, embauchée comme choriste pour l’occasion) au lieu de nous balancer la totale d’entrée. Sa carrière est faite, maintenant : ses toutes meilleures chansons rempliraient une grosse play-list à elles seules, alors pourquoi tergiverser ? Mise en bouche en toute fin de première partie avec Comme ils disent et Je m’voyais déjà. Mais c’est après le paquet de M&M’s (NDLR : espèce de Treets multicolores) à 3 Euros 50 (dont 10% gratuits !) que le spectacle s’envole : Que c’est triste Venise, Non, je n’ai rien oublié, Les plaisirs démodés, Mes emmerdes, Mon émouvant amour, La bohème, Emmenez-moi... On fond (dans la bouche et dans la main), on savoure, on constate une fois de plus que la force d’une bonne chanson, c’est d’éclater, de bouleverser quel que soit le contexte, quel que soit l’état d’esprit ambiant. Et des chansons de ce calibre là, comme il en a plein son escarcelle, il déballe Charles, il déballe ... Et le public exulte. Dernier morceau, rideau. Pas de rappel. Pro. Très pro. Bon anniversaire, Charles !


Roland Caduf
© Jowebzine.com - Août 2004



Concerts : retour à Paris (Palais des Congrès) du 3 au 12 septembre 2004, puis en tournée entre octobre et décembre ( dans l’ordre : Caen, Rouen, Lille, Bruxelles, Montpellier, Lyon, Toulouse, Marseille, Nice...).

Scoop : on parle de la sortie en disque d’un enregistrement du concert pour septembre 2004.

Site : www.c-aznavour.com (officiel), mais aussi beaucoup de jolis (et mieux à jour) sites de fans sur les moteurs de recherche, comme par exemple fan.aznavour.free.fr.

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