THE BELL ORCHESTRE
Le 11 mars 2006 au Nouveau Casino
Sur
scène ils sont trois, tout de blanc vêtus. De chaque
côté du public plongé dans l’obscurité,
deux autres musiciens apparaissent, précédés
du son de leur instrument : un cor et une trompette.
La formation est maintenant complète : la violoniste et le
contrebassiste (sautillant esprit frappeur) de The Arcade Fire, un
batteur et les deux cuivres. Pieds nus, fermement installés
sur scène, les musiciens de The Bell Orchestre, dont on suppose
la solidité de la formation classique, vont offrir un set d’une
grande intensité, où la complexité musicale côtoie
la simplicité et la gentillesse de leurs échanges (en
français) avec le public.
La violoniste au centre de la scène, de la formation et de
notre attention, déploie une farouche énergie, tendue
sur son instrument, le visage illuminé, le regard extatique.
Chaque accord tiré de son instrument résonne dans son
corps, et c’est avec une émotion à fleur de peau
qu’elle mène le groupe vers des territoires de sons inédits,
ambitieux et réjouissants. On retrouve les lignes de sons qui
font la force et la singularité de The Arcade Fire, on retrouve
et découvre la créativité, l’allégresse,
l’inventivité de ces cinq musiciens dont c’est
ici le premier concert en France. On pense un instant aux envolées
du Velvet, lorsque John Cale attrape à bras le corps son violon
et traverse la musique d’envolées stridentes.
Les morceaux sont longs et cette longueur est nécessaire pour
installer les compositions flamboyantes, qui bientôt emprisonnent
notre entière attention, nous font rebondir des cordes pincées,
frottées et frappées, aux dialogues des cuivres et à
la symbiose des sons.
Belle soirée inaugurale d’un groupe à l’avenir
incertain, mais dont la disponibilité achève de séduire
les spectateurs présents : à peine la dernière
note éteinte qu’ils descendaient de scène (toujours
pieds nus) pour venir échanger leurs impressions avec un public
conquis. Touchante attention, sincère émotion…
Dehors, la nuit est glaciale, mais notre cœur est chaud des accords
inédits du Bell Orchestre de Richard Parry. Merci.