Bénabar
et ses musiciens mettent le feu au Zénith de Paris.
Grand concert oblige, il y a une 1re partie : un jeune gars - Renan
Luce - arrive seul en scène avec sa guitare sèche. Au
départ, sa voix légèrement éraillée
est un peu déstabilisante, mais au final, il conquiert la salle
qui lui fait un succès. Chaque chanson est une belle petite
histoire, une nouvelle qui nous narre la vie d’un personnage
(le fossoyeur narcoleptique ou encore le mafioso repenti devenu pochtron).
Puis arrive Bénabar. Il déboule sur la scène
qu’il traverse en courant avant de revenir au centre pour entamer
sa première chanson. Il ne cessera de courir et de sauter dans
tous les sens, communiquant au passage son énergie au public
qu’il captivera pendant deux bonnes heures.
Formellement, le concert de Bénabar ressemble à un show
à l’ancienne : le chanteur est en costume sombre, chemise
blanche mais sans cravate comme pour mieux signifier qu’il n’est
tout de même pas si sérieux que ça (il finira
d’ailleurs passablement débraillé !). On dirait
un peu l’invité déjanté d’un mariage
qui aurait pris en otage l’orchestre pour mettre l’ambiance.
Bénabar est entouré de 9 musiciens, son grand orchestre
à lui (violon, violoncelle, trombone, (contre)basse, batterie,
piano, accordéon, guitare, trompette) et il n’est pas
étonnant qu’il fasse une chanson en hommage au couple
Carpentier.
Mais Bénabar n’a pas besoin d’un orchestre pour
conquérir son public ; il y arrive, y compris lorsqu’il
est seul au piano. Il démontre au passage qu’il est un
grand professionnel de la scène. Son spectacle est d’ailleurs
très bien rodé et les petits speeches efficaces.
Même si l’on sent qu’il ne laisse pas vraiment de
place à l’improvisation, on voit que Bénabar -
comme le laisse supposer son pseudo : Barnabé - aime aussi
faire le clown. Il est surprenant de voir comme il y réussit.
Le public marche et en redemande et l’on se surprend à
rire à des paroles drolatiques que l’on connaît
pourtant déjà.
Et l’on voit à cette occasion à quel point Bénabar
est parvenu à se faire une place dans notre culture musicale.
On se rend compte à quel point les mélodies et les textes
nous sont familiers : Bon anniversaire, Y’a une fille qu’habite
chez moi, Vélo, Majorette, Dis-lui oui, Vade retro téléphone,
La station Mir…
On en redemande et l’on savoure les 3 chansons qu’il entonne
seul sur scène, au piano, au moment des rappels. On imagine
que ses musiciens doivent souffler un peu, car il ne doit pas être
facile de suivre ce loustic pendant 2 heures !
L’ orchestre reviendra pourtant sous la pression du public qui
termine debout, dansant, hurlant, chantant, heureux, tout simplement.
Et en plus, il a l’élégance de reverser les bénéfices
de la vente des t-shirts à la Ligue contre le cancer…