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BENABAR
Le Zénith - Paris le 7 juin 2006
Bénabar et ses musiciens mettent le feu au Zénith de Paris.


Grand concert oblige, il y a une 1re partie : un jeune gars - Renan Luce - arrive seul en scène avec sa guitare sèche. Au départ, sa voix légèrement éraillée est un peu déstabilisante, mais au final, il conquiert la salle qui lui fait un succès. Chaque chanson est une belle petite histoire, une nouvelle qui nous narre la vie d’un personnage (le fossoyeur narcoleptique ou encore le mafioso repenti devenu pochtron).

Puis arrive Bénabar. Il déboule sur la scène qu’il traverse en courant avant de revenir au centre pour entamer sa première chanson. Il ne cessera de courir et de sauter dans tous les sens, communiquant au passage son énergie au public qu’il captivera pendant deux bonnes heures.

Formellement, le concert de Bénabar ressemble à un show à l’ancienne : le chanteur est en costume sombre, chemise blanche mais sans cravate comme pour mieux signifier qu’il n’est tout de même pas si sérieux que ça (il finira d’ailleurs passablement débraillé !). On dirait un peu l’invité déjanté d’un mariage qui aurait pris en otage l’orchestre pour mettre l’ambiance.

Bénabar est entouré de 9 musiciens, son grand orchestre à lui (violon, violoncelle, trombone, (contre)basse, batterie, piano, accordéon, guitare, trompette) et il n’est pas étonnant qu’il fasse une chanson en hommage au couple Carpentier.

Mais Bénabar n’a pas besoin d’un orchestre pour conquérir son public ; il y arrive, y compris lorsqu’il est seul au piano. Il démontre au passage qu’il est un grand professionnel de la scène. Son spectacle est d’ailleurs très bien rodé et les petits speeches efficaces.

Même si l’on sent qu’il ne laisse pas vraiment de place à l’improvisation, on voit que Bénabar - comme le laisse supposer son pseudo : Barnabé - aime aussi faire le clown. Il est surprenant de voir comme il y réussit. Le public marche et en redemande et l’on se surprend à rire à des paroles drolatiques que l’on connaît pourtant déjà.

Et l’on voit à cette occasion à quel point Bénabar est parvenu à se faire une place dans notre culture musicale. On se rend compte à quel point les mélodies et les textes nous sont familiers : Bon anniversaire, Y’a une fille qu’habite chez moi, Vélo, Majorette, Dis-lui oui, Vade retro téléphone, La station Mir…

On en redemande et l’on savoure les 3 chansons qu’il entonne seul sur scène, au piano, au moment des rappels. On imagine que ses musiciens doivent souffler un peu, car il ne doit pas être facile de suivre ce loustic pendant 2 heures !

L’ orchestre reviendra pourtant sous la pression du public qui termine debout, dansant, hurlant, chantant, heureux, tout simplement.

Et en plus, il a l’élégance de reverser les bénéfices de la vente des t-shirts à la Ligue contre le cancer…


Thibault Dablemont
© Jowebzine.com - Juin 2006
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