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BENABAR
L'Agora - Le Havre
Le 22 novembre 2002
Il est plutôt gênant, voire déplacé, d'écrire un papier négatif sur une salle de spectacle qui participe au renouveau culturel d'une ville. Grâce à l'Agora, les Havrais disposent depuis quelques années d'un café concert agréable, fort d'une programmation variée et riche. En trois ans l'Agora a vu défiler quelques pointures comme Maceo Parker, Brigitte Fontaine, Sweet Apple Pie, Erik Truffaz, Arno, Dominique A ou encore Sharko.

Pourtant, l'organisation et le déroulement du concert de Bénabar de ce vendredi 22 novembre ont été plutôt laborieux. Sur le papier, l'Agora peut accueillir 600 personnes, ce qui place la salle havraise au niveau du Trabendo. Le problème est que contrairement à cette salle où la scène est placée face au public, lui-même réparti en paliers, la scène de l'Agora est située dans une niche à droite de l'entrée principale. En clair, seule une grosse moitié des 600 personnes peut se placer face à la scène, le reste, condamné à ne rien voir, s'agglutine le long du bar et de l'écran de projection situé parallèlement à cette scène. Cette deuxième moitié du public a la désagréable impression d'assister à la simple projection d'une vidéo alors que les musiciens ne sont qu'à quelques mètres. En bref, on a tous les inconvénients du Stade de France dans une salle qui devrait permettre d'accéder à une certaine intimité avec les artistes. Et je vous assure qu'il est difficile d'applaudir un écran !

C'est donc face à cet écran, le long du bar, à quelques centimètres d'un programmateur, à raison, euphorique devant sa salle pleine, mais visiblement peu conscient des dizaines de déçus que cette expérience risque de détourner de l'Agora, que j'ai assisté à mon premier concert de Bénabar.

La salle n'ayant ouvert ses portes qu'à 21 heures, les 600 personnes du public étaient encore massées devant l'entrée principale au moment où le concert devait débuter. Afin que tout se passe pour le mieux, la salle aurait du ouvrir ses portes bien avant l'heure du spectacle comme cela se fait habituellement. Ajoutons que le service d'ordre ayant mis un temps important pour filtrer les entrées, c'est dans la queue que j'ai entendu les trois premiers titres du concert. Vingt minutes plus tard, résolu à ne pouvoir m'infiltrer au niveau de la scène, je choisis l'option froide et un brin agaçante de l'écran de projection cité plus haut.

Cette projection de concert bien que très frustrante m'a permis de découvrir un artiste chaleureux, drôle et attachant, dont les chansons prennent tout leur poids en concert. C'est vrai qu'il y du Higelin chez ce jeune artiste, mais Bénabar a son propre univers. Ses chansons qui paraissent sympathiques sur album sont, jouées sur scène, de véritables petits morceaux de bonheurs. La soirée fut frustrante mais j'ai pu découvrir un grand chanteur populaire. En bref, vu de l'écran ce concert avait l'air vraiment chouette !


Guillaume Lebouis
© Jowebzine.com - Décembre 2002
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