DAMON
EMERVEILLE
Six mois après son fabuleux concert du Bataclan, Blur était
de retour à Paris pour offrir, sans surprise, une soirée
exceptionnelle à l'Olympia.
Deuxième passage par la capitale pour Blur
après le Bataclan en avril dernier. On se souvient encore de
cette soirée magique qui, pour beaucoup, a hissé Blur
au rang de meilleur groupe de l'année 2003. C'est avec impatience
donc qu'on se précipitait dans cette mythique salle de l'Olympia,
endroit idéal pour accueillir les Anglais dont les passages
en France sont de plus en plus rares.
The Coral avaient la lourde tâche d'ouvrir la soirée.
La prestation des 7 membres de ce jeune groupe est plutôt mitigée.
Durant les 40 minutes qui leur sont offertes, ils n'arrivent pas à
imposer leur rock décalé. Décevant de la part
de ce groupe qui s'enlise dans des mélodies qui manquent cruellement
de diversité. La critique est évidente et directe. Une
prestation un peu vide qui, malheureusement, ne s'explique pas par
le manque de talent des Liverpuldiens, car le dernier morceau, Migraine,
offre une sortie de toute beauté sous un déluge sonore
psychédélique démontrant la puissance que renferme
ce groupe...
Le set de Blur s'ouvre avec Ambulance, certainement un des morceaux
les plus réussis de Think tank, dont les paroles pourraient
servir de métaphore à Blur aujourd'hui. Damon Albarn
confiant, convaincu qu'il n'y avait aucune raison d'être effrayé
ou d'abandonner, car Blur a gagné en maturité, encore
et encore. Et ce malgré les différents problèmes
que le groupe a rencontrés.
Avec une sélection de titres plus anciens bien sentie comme
End of the century, le surprenant Blue jean, la beauté acoustique
de Badhead ou l'imparable For tomorrow, la bande à Damon Albarn
offre une prestation raffinée et serrée. Il faudra attendre
Boys & girls, jouée de façon un peu ironique, pour
que le public se réveille enfin. Damon Albarn devant s'y reprendre
à plusieurs reprises pour demander un peu plus d'entrain de
la part de celui-ci, que ce soit sur une version allongée de
l'émouvant Tender ou de Brothers and sisters.
Un peu moins surexcité qu'au Bataclan, Damon Albarn semble
heureux, souriant béatement à plusieurs reprises et
ne pouvant s'empêcher de dire qu'il aime notre cher pays, notre
bouffe ou nos trains rapides... Même sous ses airs un peu étourdis,
il mène parfaitement son groupe, avec aisance et confiance.
C'est un réel plaisir de le voir accompagné de sa guitare,
heureux comme un enfant, plaquer ses quelques accords avec amusement
comme sur Gene by gene ou Out of time. On se demande encore où
il puise toute cette énergie, pour tenir aux ravages que sont
Song 2 ou We've got a file on you. Alex James, lui, se fait plus discret,
toujours avec cette classe qui le caractérise donnant une impression
de simplicité déconcertante. Dave Rowntree, lui aussi
très discret, est impressionnant derrière sa batterie.
En plus d'accomplir avec perfection son nouveau rôle de choriste,
le monsieur donne l'impression de jouer à Wembley comme sur
On the way to the club et son final étourdissant parfaitement
enchaîné avec We've got a file on you.
La soirée s'achève rapidement avec l'envoûtant
This is a low. La passion avec laquelle le groupe livre ses chansons,
cet effort et cette persévérance musical, la proximité
du groupe avec son public fait certainement de Blur ce qui se fait
de mieux aujourd'hui en Angleterre.