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     SPeCTaCLeS
 
DAVID BOWIE
 
Paris - Le Zénith
Le 24 septembre 2002
Le concert secret de l’Olympia (1er juillet dernier) avait démarré avec le riff imparable de Stay. Un concert, ça démarre toujours par un truc fort.

Ce soir, nous avons longuement tergiversé sur la façon d’utiliser nos précieux sésames, en poche depuis le 20 août, unique date de mise en vente (pour répondre à la ruée, un nouveau concert a dû être programmé au Zénith le 25). Le dilemme : est-ce qu’on s’assoit tranquillement sur les magnifiques sièges en plastique rouge de l’amphithéâtre, ou est ce qu’on reste debout dans la fosse, tout en bas, tout près de la scène où il est prévu qu’il apparaisse d’ici une heure/une heure et demie ? Brefs atermoiements : la salle se remplit vite, la fosse aussi et c’est là que nous irons, au plus près de l’estrade, dans la chaleur des fans, et l’odeur des fumées de diverses origines.

Ici, l’attente est presque religieuse. Peu de bruit, peu d’excitation, mais une sorte de communion recueillie. À 20h15, la salle s’éteint, cinq lettres en ampoules électriques s’allument en fond de scène : B.O.W.I.E. ; ça va démarrer fort si j’en crois mon rythme cardiaque dont je perds déjà le contrôle ! Le pianiste (Mike Garson en personne, celui des fantaisies d’Aladdin Sane !) s’installe tranquillement, lance une intro, on attend les autres musiciens, mais non, c’est Bowie tout seul qui arrive, tout sourire, ensemble redingote rouge à reflets vert fluo, cheveux longs coupe au bol : Life On Mars !
David Bowie est devant nous, à 10 mètres, et nous interprète d’entrée Life On Mars, simplement accompagné au piano par Mike Garson. Je sais bien que ce que je décris là laissera froids la plupart d’entre vous, mais ceux qui aiment et connaissent un peu Bowie (et il y en a beaucoup, je crois, sur Jo Web'Zine...) comprendont.

Apparaissent ensuite les autres musiciens : Ashes To Ashes, Survive, Breaking Glass, Cactus, China Girl…Trois guitaristes (Mark Plati, Gerry Leonard et Earl Slick en personne !), la géniale et fidèle Gail-Ann Dorsey à la basse, un fabuleux batteur (Sterling Campbell) et Catherine Russel aux claviers : l’orchestre idéal, impressionnant dans sa faculté à balancer chanson après chanson l’ambiance et le son qu’il faut.

Mais c’est la présence et la voix de David Bowie qui emportent tout. Souriant, serein, jeune, beau, il magnétise littéralement la salle par sa classe naturelle, son regard vairon et la sincérité de son attitude. Débarrassé du besoin de se cacher derrière des personnages (fini les Ziggy, les Alladin, les Thin White Duke…) David Jones alias Bowie chante pour nous ce soir, avec une pêche, un allant et une grâce époustouflants.

Il commence déjà à faire chaud, mais l’ambiance reste mesurée : pas de cris d’hystérie, pas de sauts ou de déhanchements rythmés, pas d’emmerdeurs(euses) qui chantent en même temps pour bien montrer qu’ils connaissent la chanson. Ce soir c’est un public de connaisseurs qui est là. Connaisseurs et estomaqués. Émus, impressionnés et concentrés.

Fame, Fashion et aussi pas mal de morceaux du dernier album, Heathen, qui sonnent bien en live… Et puis, presque doucement, les mythiques accords d’un Rebel Rebel, chanté soft, mais qui va démarrer tout d’un coup, cinglant, haché, métallique : la salle s’allume, explose, le pied de micro valse, c’est énorme et ça enchaîne sans transition sur un Heroes, poignant, fort, bouleversant. C’est tellement beau d’être là. Et cette chaleur dans la foule, bon sang, ces gouttes sur ma figure ; je transpire des yeux ou quoi ? Je m’essuie discrètement, qu’il n’y ait pas de malentendu. D’ailleurs, le concert s’achève, sur Heathen, à la manière de la Symphonie Les Adieux, les musiciens partent les uns après les autres et le morceau s’éteint doucement, progressivement...

Bien sûr, on ne va pas en rester là : on va le rappeler. Et il va revenir, en redingote noire à reflets bleutés, avec un harmonica, pour un étonnant A New Career In A New Town (encore un extrait de l’album Low), puis Sunday, et un Hallo Spaceboy tonitruant, excitant au possible, puis Let’s Dance (heureusement raccourci) et… "Ziggy played guitar...", vingt deuxième et dernier morceau fabuleux d’un show à tomber par terre.

Un peu de tenue quand même : puisons dans nos dernières ressources pour nous traîner jusqu’à ces accueillants sièges rouges en plastique déjà abandonnés par des pressés de rentrer chez eux ; nous nous écroulons interdits, groggies, heureux et malheureux à la fois. … Si on avait su, on aurait pris des places pour demain ! PS : Il faut noter que pour cette tournée, David Bowie et son groupe ont répété une cinquantaine de morceaux et que la play list varie chaque soir tant en composition qu’en nombre. Ainsi, le concert du 25 septembre a démarré sur Sunday pour…28 morceaux en tout (dont Absolute Beginner, Alabama Song, Changes, Moonage Dream, Starman… mais pas Fashion, ni Fame, ni A New Career…).


Roland Caduf
© Jowebzine.com - Octobre 2002



Sites : un fourmillement d’infos et de liens en tout genre sur www.manofmusic.com
Les play lists de chaque concert de la tournée sont consultables sur www.algonet.se, rubrique Tour.
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