Une pièce de Yasmina Reza
Mise en scène par Gabriel Garran
Avec Jean-Michel Dupuis
Josiane Stoleru
Serge Hazanavicius
Bernard Verley
Mireille Perrier
et Margot Abascal
Théâtre Antoine
14, Boulevard de Strasbourg
75010 Paris
Tél. 01 42 08 77 71
Vingt
ans après sa création au Théâtre de Paris-Vilette,
Conversations après un enterrement est à nouveau à
l’affiche d’un théâtre parisien. Entre temps,
Yasmina Reza a fait du chemin…
Première pièce, premier succès : c’est
en 1987 que le théâtre a découvert un nouvel auteur
de talent en la personne de Yasmina Reza. Depuis, son succès
ne s’est pas démenti et quelques pièces, comme
Art notamment, l’ont transformée en véritable
star des scènes hexagonales. Il n’était donc que
justice de pouvoir à nouveau assister à la représentation
de ce texte originel. C’est désormais possible au Théâtre
Antoine, dans une mise en scène de Gabriel Garran et avec Jean-Michel
Dupuis et Josiane Stoleru… déjà de la distribution
lors de la création de cette pièce.
Il y a donc comme un parfum de nostalgie sur scène lorsque
le rideau se lève sur six acteurs réunis devant la tombe
du père décédé. Frères et sœur,
amants, mari et femme, ils disent adieu à celui qui les a quitté.
Et puisqu’ils sont rassemblés, ils parlent. D’eux,
de leur passé, de leur présent. Certains rapports se
renversent, des conflits se nouent, d’autres se dénouent…
Il n’y a ni évènements stupéfiants ni bouleversements
éclatants, mais une atmosphère en demi-teinte qui n’exclut
ni les tensions ni les rires.
Yasmina Reza a reçu le Molière du Meilleur Auteur pour
cette pièce qu’elle a écrite à 27 ans.
"J’avais exprimé des choses très intimes
et elles prenaient un sens pour les autres. Depuis, je n’ai
plus cherché à m’écarter de moi-même".
Le temps est passé sur ce texte et, si ce qu’il dévoile
de l’intimité et des déchirures personnelles et
familiales reste d’une pertinence intemporelle, les mots et
le rythme sont sans doute déjà un peu désuets.
Pourtant, malgré ce défaut mineur, l’émotion
est bien présente et palpable la tension qui va crescendo jusqu’à
saturer l’atmosphère.
On ne manquera pas non plus de saluer la performance d’acteurs
qui, chacun dans leur registre, donnent une émouvante humanité
à leurs personnages. Une belle "réédition".