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VINCENT DELERM

La Cigale - Paris
Le 1er décembre 2006
Précipitez vous à La Cigale pour y entendre Vincent Delerm ! Vous serez surpris de voir comme il est loin de l'image du trentenaire-parisien-pseudo-dandy-vraie tête à claques, et ressortirez convaincus de son talent. Sur scène jusqu'au 09 décembre prochain.


Petits conseils pour bien apprécier le concert…
- N'arrivez pas trop tard ! Sachez que si vous n'êtes sur place qu'à 19h30, il vous faudra marcher quelques kilomètres pour rejoindre les galériens du bout de la file d'attente (la queue va pratiquement jusqu'au Trianon)...
- N'achetez ni thé à la menthe (mais où sont les feuilles vertes ?) ni pâtisserie orientale au boui-boui voisin car vous risqueriez d'être déçu par ses cornes de gazelle qui ne datent pas d'hier !
- Une fois entrés, privilégiez le côté droit de la salle car Vincent Delerm et son piano sont à gauche,
- Armez vous d'une bonne dose de patience pour supporter la 1re partie assurée par Constance Amiot, alias "Carla Blondi" !

Ensuite, laissez vous faire...

Le concert commence par un petit film de vacances dans lequel on peut admirer Vincent Delerm (en short) jouant au ping-pong ou au foot, ou nageant affublé d'un maillot de bain très seyant ; vidéo qui lui permet de se mettre d'emblée le public dans la poche et qui n'est que l'un des trésors d'ingéniosité développés pour nous surprendre et nous amuser.

Car Vincent Delerm ne recule devant rien pour nous amuser : vidéo, diapos, et même blagues carambar (avec lesquelles, et c'est très fort, il arrive à nous faire rire !).

Le chanteur a du recul sur lui-même et une autodérision marquée qui contrebalancent très agréablement son côté dandy prodige. Il n'hésite pas à changer les paroles de ses succès pour tromper les quelques groupies inconditionnelles présentes dans la salle ("les filles de 1976 ont 30 ans"...) et il a trouvé un moyen inédit pour se dispenser de chanter "Tes parents".

On sent qu'il a à cœur de mettre son public de bonne humeur. Pour preuve : il veillera toujours à "relancer" l'ambiance après avoir abordé des thèmes plus sérieux voire graves (comme dans la très belle Voici ma ville où il évoque Rouen, sa ville natale, ou dans Baiser Modiano, à la nostalgie aigre-douce ou encore dans Sépia plein les doigts, un texte poil à gratter dans lequel il dénonce sur un air paradoxalement enjoué l'ambiance actuelle de conservatisme régressif qui n'est pas sans rappeler une certaine ville thermale...).

Musicalement, c'est un plaisir d'entendre un Vincent Delerm qui n'en fait pas trop, qui chante vraiment, sans ces effets de voix (parfois légèrement irritants) qui sont sa marque de fabrique. Et ses musiciens sont excellents ! Le percussionniste est impressionnant de décontraction flegmatique, le trompettiste a un son d'une pureté rare, le bassiste est aussi à l'aise au youcoulélé (mais comment ça s’écrit cet instrument ?) qu'en choriste à la voix féminine... et les cordes sont assez discrètes pour ne pas tomber dans le mélo violoneux.
En tout cas, le public est loin de n'être constitué que de trentenaires bourgeois-bohème (le 1er décembre dernier, on a pu voir dans la salle des enfants, des grands-parents, et même Yannick Noah !), et tout le monde finit debout, comblé, avec un énorme sourire aux lèvres et une pêche d'enfer.

Et si aimer Vincent Delerm c'est être bobo, alors j’en suis !


Thibault(bo) Dablemont
© Jowebzine.com - Décembre 2006
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