Nouvel
auteur compositeur de la scène musicale française, Vincent
Delerm a sorti son premier album
au printemps et il est sans doute inutile de préciser que je
lavais appris par cur avant daller à La Cigale.
Je dois vous avouer que je ne sais pas très bien par où
commencer pour vous faire partager la richesse de ce spectacle : ce
concert était tout simplement époustouflant !
Vincent Delerm arrive sur scène, se met à jouer du piano
(normal, me direz-vous, cest son seul accompagnement !) tout
en parlant au public... mais ce nest pas vraiment lui qui parle
: cest une bande-son pré-enregistrée par lui-même
sur laquelle il vient compléter les "blancs" ménagés
à cet effet, ce qui déclenche un fou rire général
dans la salle. Voilà, le ton est donné et toute la soirée
se déroule selon un principe édicté par le chanteur
: une chanson sordide pour deux rigolotes.
Chaque morceau est une petite scène de la vie quotidienne tournée
en dérision, mais dans laquelle chacun peut se reconnaître
: un dîner chez une amie qui prépare "toutes les
fois de la salade de maïs", des parties de jeux de société
qui finissent mal... Ajoutez de nombreuses mimiques, des regards,
des soupirs : cest ainsi que Vincent Delerm communique avec
son public, et ça marche ! Toute la salle reprend en cur
Le Monologue Shakespearien et frappe le rythme.
Irène Jacob fait aussi une apparition sur scène pour
laccompagner sur une nouvelle chanson bourrée de références
musicales classiques (elle laccompagne sur son album dans la
lecture de Cosmopolitan). Là, on découvre que non seulement
elle chante très bien mais quen plus, elle joue parfaitement
du piano.
Et les découvertes ne sarrêtent pas là.
Ce concert est une présentation de ce qui, je lespère,
sera le prochain album. Les souvenirs tragi-comiques de Vincent Delerm
sur les cours de gymnastique du collège ou sa lecture acerbe
des agendas des adolescentes me font penser que ce deuxième
opus sera aussi caustique et appréciable que le premier.
Le public est plus que conquis et les rappels senchaînent
(six au total !). Pour ma part, jai un petit pincement au cur
quand, pour rendre hommage à celui qui lui a permis de chanter
pour la première fois à la Cigale, il a repris Les transports
en commun de Thomas Fersen
dont il avait assuré la première partie en juillet 2001
(eh oui, cest là quon sest rencontré
!).
Bref, vous aurez compris que je suis totalement sous le charme de
ce jeune homme, mais par crainte que vous ne mettiez en doute mon
objectivité, je tiens à vous préciser que lapplaudimètre
a explosé et que, malgré le temps morose de lhiver,
la Cigale sest levée !
À noter : Vincent Delerm est en concert jusquau
printemps prochain dans toute la France et comme "Je suis prêt(e)
à tout pour que ça passe", on se reverra sûrement
au Bataclan en mai 2003.