La Guinguette Pirate à Paris
Mercredi 18 février 2004
SETLIST
1. your hand in mine
2. greet death
3. memorial
4. with tired eyes, tired minds,
tired souls, we slept
5. the only moment we were alone
ENTRE
DOUCEUR ET BRUTALITE
Les Texans d’Explosions in the sky qui passent en concert
en France, c’est un évènement à ne
pas rater. Et l’auteur de ces lignes ne l’a pas
raté.
Le 18 février dernier, le lieu de rendez-vous pour tous
les amoureux de grand et beau post-rock était la Guinguette
Pirate, à Paris. Il est 20h20, les portes s’ouvrent,
le public venu très nombreux s’engouffre dans le
bateau. On a juste le temps d’acheter un des quatre vinyles
de How strange, innocence (re-pressés pour la tournée)
mis en vente ce soir là puis le concert commence.
La première partie est assurée par Melatonine,
groupe français, qui joue pendant trois-quarts d’heure.
Rien de bien grandiose à dire vrai. Pas de titres forts,
pas un grand allant, même si la fin du set est plutôt
réussie.
Le temps de changer les instruments et voilà nos Texans
préférés arriver sur scène. La foule
se masse, impossible de bouger. Le bateau tangue, le mal au
cœur se fait pressant. Mais peu importe, on ne va pas bouder
notre plaisir. Surtout que celui-ci sera court.
Magnifiquement apocalyptique
Le groupe ouvre par Your hand in mine, extrait de leur dernier
album, Earth is not a dead cold place, enchaîne par Greet
death (assez énorme) et Memorial. On ne le sait pas encore
mais EITS ne va jouer que deux titres en plus. Mais quels titres
!
Le premier est With tired eyes, titre qui cloturait leur premier
album, Those who tell the truth shall die, those who tell the
truth shall live forever, qui réuni emotion et force
de l’exécution. Le groupe s’en donne à
coeur joie, le batteur s’excite sur ses baguettes, et
donne à ce morceau une ampleur insoupçonnée.
EITS enchaîne alors sur The only moment we were alone.
Et là, c’est comme une explosion dans la Guinguette
Pirate. Comment un groupe arrive t-il a ce point à faire
se côtoyer douceur et brutalité, minimalisme et
violence sonore ? On savait le groupe déjà capable
de cela en écoutant les albums. Mais le voir en live
est une expérience unique. The only moment we were alone
est apocalyptique, tout simplement. Magnifiquement apocalyptique.
Le morceau terminé, le groupe s’échappe
du bateau, laissant là un public pantois d’admiration
et interloqué.
Oui, cinquante minutes de concert pour un groupe comme celui-ci,
c’est court. Mais la prestation fut si intense et passionnée
qu’on leur pardonne ce set trop court.
Au dehors, les commentaires vont bon train, les uns heureux
d’avoir assister à un tel concert, les autres encore
sous le choc. Et dire que vendredi, The Silver Mount Zion est
en concert. C’était marqué dans les étoiles
: février 2004 sera post-rock ou ne sera pas !