Une pièce de Yasmina Réza
Avec Bulle Ogier
Marianne Denicourt
Thierry Fortineau
et André Marcon
Théâtre de la Madeleine
19, rue de Surène
75008 Paris
Tél : 01 42 65 07 09
Cinq
personnes en huis clos, dont quatre acteurs, répètent
en famille une pièce bulgare… L'écriture
de Yasmina Réza n'est-elle destinée qu'à
un public intellectuel ?
Sans même connaître le sujet de la Pièce
espagnol, je me réjouissais à l’idée
de retrouver la nouvelle création de Yasmina Réza
dont j'avais tant apprécié les pièces précédentes.
Avec Art et Trois versions de la vie, les sujets étaient
traités avec une dérision comique et une sagacité
à toute épreuve. Malgré tout, subsistait
l’ombre de la représentation de L’homme du
hasard, à laquelle j’étais restée
totalement hermétique.
Les nouvelles réfractions cérébrales de
la dramaturge française ont du mal à trouver leur
place sur les planches. Ces dialogues et monologues d’acteurs
qui nous racontent leur rapport avec leur personnage, doublés
d’une histoire de famille sans intérêt, même
si elle est servie comme prétexte à une réflexion
sur les rapports familiaux, la dualité entre sœurs
et les sinuosités existentielles, n’aboutissent
à rien qui soit capable de transcender un public lambda.
La mise en scène ibérique de Luc Bondy, la musique,
les décors et l'interprétation de Bulle Ogier,
Marianne Denicourt, Dominique Reymond, Thierry Fortineau et
André Marcon ne parviennent quasiment jamais à
donner du relief à l’insipidité de cette
pièce.
Mais au fait, pourquoi est-elle espagnole, cette pièce
? On se le demande bien et Yasmina Réza, dans son nouveau
style elliptique, ne sait pas elle-même le justifier.
A l’image de cette interrogation sans réponse on
se retrouve à la fin de la représentation dans
un flou artistique ennuyeux.
Bref, aux inconditionnels du théâtre "prise
de tête", Une pièce espagnole est programmée
jusqu’au 15 juillet dans la capitale. Reviendra ensuite
le privilège aux autres villes de France de se faire
elles-mêmes leur avis.