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LES FABLES DE LA FONTAINE
Mise en scène de Robert Wilson

Comédie Française
Salle Richelieu
2 rue de Richelieu
75001 Paris

Tél. 0 825 10 1680
(0,15 € TTC la minute)

Du 12 novembre 2004
au 10 mars 2005
et en juin/juillet 2005

En soirée à 20h30
En matinée à 14h00


Exposition à la Fondation
Pierre Bergé - Yves Saint Laurent
5, avenue Marceau
75116 Paris

Du 24 novembre 2004
au 24 juillet 2005
Quand un des artistes américain le plus moderne se mesure au poète français le plus classique, c'est une féerie d'intelligence et de plaisir qui se déploie sur la scène de la Comédie Française.


La Fontaine avait déjà inspiré nombre d’illustres illustrateurs : citons Oudry, Gustave Doré ou encore Chagall. C’est au tour de Robert Wilson, plasticien et metteur en scène de proposer sa vision des Fables. Et quelle vision !

Wilson a délibérément choisi des Fables animalières, et nous découvrons donc les acteurs de la Comédie Française travestis en animaux, à moins que cela ne soient des animaux humanisés (mais refusant, dans la dernière Fable, de devenir humain : "Scélérat pour scélérat, il vaut mieux rester un Loup qu’un Homme").

La mise en scène nous offre une intimité, un entrelacement entre les deux univers : les acteurs, par une attitude si subtile qu’elle semble naturelle, basculent dans l’animalité, mais une animalité policée, mondaine et brillante. Il leur suffit d’un froncement de nez, d’une démarche ralentie, d’un port de tête, pour que devant nous apparaissent le loup, l’agneau, le lièvre ou le lion. Avant même que le texte soit déclamé, l’animal est là, dans une chorégraphie de mouvement et de couleurs.

À cela, ajoutez la beauté des costumes, les queues de pie qui frôlent le sol, les manteaux de bouclettes blanches, les robes irisées des insectes, les masques somptueux, véritables chef-- d’œuvre plastiques, et vous voilà projetés en pleine magie.

Mais le travail de Wilson va encore plus loin.
Architecte de la lumière, il découpe la scène en autant de tableaux chromatiques. Il construit sur le plateau un décor irréel, un décor d’aplats de lumières colorées, et cet esthétisme, signature très personnelle de Wilson, crée autour des animaux une géométrie de couleurs où le moindre de leurs gestes, la moindre parole, est magnifié, comme mis dans un écrin.

Pour le public, adultes et enfants, ce qui se joue devient une féerie musicale : chaque acteur semble un instrument au service d’une partition orchestrale et morale. Orchestrale car Wilson se sert de la musique comme de la lumière : elle devient architecture. Morale car les mots de La Fontaine n’en finissent pas de résonner de modernité et d’intelligence.

Et parce que, une fois la représentation terminée, on a encore envie de la compagnie de ces animaux-là, il faut se rendre à la Fondation Pierre Bergé, Yves Saint Laurent, où sont exposés une centaine de dessins préparatoires de Wilson, encore une fois mis en scène par l’artiste, donc une exposition riche de trouvailles, où l’on se perd, où l’on devient acteur des fables, où tout se joue pour nous.


Perrine Le Querrec
© Jowebzine.com - Décembre 2004
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