Théâtre National de Chaillot
1, place du Trocadéro
75116 Paris
Après
plusieurs œuvres qui ont tourné dans le monde entier (Zigmund
Follies, Dédale, Ligne de fuite), Philippe Genty et sa compagne
la chorégraphe Mary Underwood signent une nouvelle fois un
spectacle mêlant la danse, la musique et le théâtre,
La Fin des terres, présenté au Théâtre
National de Chaillot à Paris jusqu’au 7 avril. Sur une
musique de Henry Torgue et Serge Houppin, le récit de la rencontre
de deux personnages, construit sur la part de rêve et d’inconscient
qui sommeille en nous, et riche d’images fortes. Une rêverie.
Comme dans chacun de ses spectacles, on retrouve un soin tout particulier
donné à l’image. Lui qui envisageait de devenir
graphiste ou illustrateur de bande dessinée crée en
plasticien et en marionnettiste talentueux avant tout.
Pas de fil narratif, mais un thème : un homme tente inlassablement
de retrouver une femme qui s’est perdue à l’intérieur
d’elle-même. Inlassablement, parce que le fil est sans
cesse rompu par les rêves et les cauchemars d’enfants.
Par des silhouettes chapeautées et costumées à
la Magritte qui glissent sur scènes dans des lumières
bleutées, des poupées géantes qui surgissent,
un insecte-marionnette qui emprisonne une femme, une mer de plastique
déchaînée qui recrache des créatures, des
petites maisons englouties par le sol, Philippe Genty emmène
le spectateur dans un voyage éblouissant et féerique.
Une véritable profusion d’images oniriques.
L’un après l’autre, les merveilleux tableaux scéniques
interprétés par sept comédiens/manipulateurs
aériens emportent le spectateur qui s’étonne toujours
de la capacité d’invention de l’auteur.
La compagnie Philippe Genty fondée en 1968 maîtrise indéniablement
toutes les subtilités de la scène. Et l’on ne
peut que s’en réjouir !