19h45.
Pas de queue. Entre tranquillement. Places à lorchestre
: meilleures déjà prises ou réservées
par éclaireurs saccaparant sièges avec manteaux,
pour potes à venir. Sans-gêne ménerve, mais
bon, encore places honnêtes, à côté console
à lumières. Grand Rex, salle fabuleuse : scène
immense, décor oriental, kitsch, ciel étoilé,
fauteuils faux cuir-vrai skaï, place pour jambes, conditions
idéales.
20h30. Plus moindre petit morceau strapontin où poser coin
de fesse : monde debout, assis par terre, accroupi...
21h00. Grand Rex bondé attend entrée scène fumigénée
Brigitte Fontaine.
Musiciens dabord : violon, violoncelle, vents (saxo, flûtes...),
claviers, basse, guitare, batterie. Et Areski aux percus. Son pas
mal, un peu trop basses, comme dhab. Lumières magnifiques.
"Des asticots dans lhéroïne, ça me dégoûte
pour de bon, dorénavant je bois du gin, avec du sorbet aux
marrons...". Elle est là, ensemble rouge et noir, corset,
faux seins pointus, presque chauve, bouche immense, grandes oreilles,
petites guibolles. Présence immédiate : on ne voit quelle
pour 2h30 (dont entracte), voix parfaite, forte et douce, danse tribale.
Comme à la radio, Kékéland, Gods Nightmare,
Hollywood, Belle abandonnée. Puis arrivée KékéMathieu
(Chédid, M) pour duos, Ya des zazous, Pipeau, Rififi.
Public aux anges, beaucoup ambiance, amour, admiration, cris, applaudissements,
recueillement, clameurs.
Sortie de scène. Retour robe mariée immaculée
: "Je suis malheureuuuuse... Parcque je suis conne",
Ah que la vie est belle. Puis voilée talibane, "La nuit...
est une femme à barbe, venue dIspahan ou de Tarbes".
Nouveau pianiste, grand, barbe blanche : Moustaki, Je taime
encore. Émotion folle.
Retour entracte, nuisette dentelle, short satin blanc, chaussettes
de foot et rangers. Profond, larmes en coulisses, Guadalquivir, NRV.
Nouveau pianiste, petit, hirsute, pantalon rouge, voix râpeuse
: Arthur H en duo pour inédit, puis reprise solo Hollywood.
Cest normal, rigolo avec Belkacem, Le nougat, présentation
musiciens, concert séteint progressivement comme Symphonie
Les Adieux, musiciens embrassent un à un crâne chauve
jusqu'à Areski, baiser sur la bouche. Final, tous sur scène,
main dans la main, Moustaki, Violon, Violoncelle, Basse, Arthur H,
Brigitte, Areski, Piano, M, Batterie, Vents. Tonnerre dapplaudissements,
cris, rappels à linfini. Lumières salle. Cest
fini.
Dans le sillage dun Kékéland
qui a fini de faire delle une très grande reine, Brigitte
Fontaine donne son cur sur scène avec ses rires, ses
pleurs, ses émotions en telles quantités quon
en ressort tout tourneboulé. Au-delà de la folie et
de la fantaisie outrancière, il y a tellement damour,
de poésie et de beauté cachée dans tout ça
quon est franchement heureux de revendiquer (Ké) son
statut de Kéké. Car Kéké je suis, Kéké
je resterai et Kéké vous deviendrez peut-être
: Brigitte Fontaine est en tournée un peu partout en France
et elle se reproduira (*) sur scène à Paris le 16 mai
prochain, au Bataclan. Un simple conseil : ne la ratez pas.
(*) À ce propos, contrairement à certaines rumeurs,
Brigitte Fontaine nest pas la mère dArthur H, qui
est bien le fils de Jacques Higelin, qui nest pas le frère
de Brigitte Fontaine, qui est la compagne dAreski Belkacem,
qui est un copain de régiment dHigelin.
Site : faites donc un tour sur cyberkeke.free.fr,
complet et sympa, construit par un fan avisé.