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     SPeCTaCLeS
 
BRIGITTE FONTAINE

Grand Rex à Paris
 Le 14 mars 2002
19h45. Pas de queue. Entre tranquillement. Places à l’orchestre : meilleures déjà prises ou réservées par éclaireurs s’accaparant sièges avec manteaux, pour potes à venir. Sans-gêne m’énerve, mais bon, encore places honnêtes, à côté console à lumières. Grand Rex, salle fabuleuse : scène immense, décor oriental, kitsch, ciel étoilé, fauteuils faux cuir-vrai skaï, place pour jambes, conditions idéales.

20h30. Plus moindre petit morceau strapontin où poser coin de fesse : monde debout, assis par terre, accroupi...

21h00. Grand Rex bondé attend entrée scène fumigénée Brigitte Fontaine.
Musiciens d’abord : violon, violoncelle, vents (saxo, flûtes...), claviers, basse, guitare, batterie. Et Areski aux percus. Son pas mal, un peu trop basses, comme d’hab’. Lumières magnifiques. "Des asticots dans l’héroïne, ça me dégoûte pour de bon, dorénavant je bois du gin, avec du sorbet aux marrons...". Elle est là, ensemble rouge et noir, corset, faux seins pointus, presque chauve, bouche immense, grandes oreilles, petites guibolles. Présence immédiate : on ne voit qu’elle pour 2h30 (dont entracte), voix parfaite, forte et douce, danse tribale. Comme à la radio, Kékéland, God’s Nightmare, Hollywood, Belle abandonnée. Puis arrivée KékéMathieu (Chédid, M) pour duos, Y’a des zazous, Pipeau, Rififi. Public aux anges, beaucoup ambiance, amour, admiration, cris, applaudissements, recueillement, clameurs.

Sortie de scène. Retour robe mariée immaculée : "Je suis malheureuuuuse... Parc’que je suis conne", Ah que la vie est belle. Puis voilée talibane, "La nuit... est une femme à barbe, venue d’Ispahan ou de Tarbes". Nouveau pianiste, grand, barbe blanche : Moustaki, Je t’aime encore. Émotion folle.

Retour entr’acte, nuisette dentelle, short satin blanc, chaussettes de foot et rangers. Profond, larmes en coulisses, Guadalquivir, NRV. Nouveau pianiste, petit, hirsute, pantalon rouge, voix râpeuse : Arthur H en duo pour inédit, puis reprise solo Hollywood. C’est normal, rigolo avec Belkacem, Le nougat, présentation musiciens, concert s’éteint progressivement comme Symphonie Les Adieux, musiciens embrassent un à un crâne chauve jusqu'à Areski, baiser sur la bouche. Final, tous sur scène, main dans la main, Moustaki, Violon, Violoncelle, Basse, Arthur H, Brigitte, Areski, Piano, M, Batterie, Vents. Tonnerre d’applaudissements, cris, rappels à l’infini. Lumières salle. C’est fini.

Dans le sillage d’un Kékéland qui a fini de faire d’elle une très grande reine, Brigitte Fontaine donne son cœur sur scène avec ses rires, ses pleurs, ses émotions en telles quantités qu’on en ressort tout tourneboulé. Au-delà de la folie et de la fantaisie outrancière, il y a tellement d’amour, de poésie et de beauté cachée dans tout ça qu’on est franchement heureux de revendiquer (Ké) son statut de Kéké. Car Kéké je suis, Kéké je resterai et Kéké vous deviendrez peut-être : Brigitte Fontaine est en tournée un peu partout en France et elle se reproduira (*) sur scène à Paris le 16 mai prochain, au Bataclan. Un simple conseil : ne la ratez pas.


Roland Caduf
© Jowebzine.co - Mars 2002



(*) À ce propos, contrairement à certaines rumeurs, Brigitte Fontaine n’est pas la mère d’Arthur H, qui est bien le fils de Jacques Higelin, qui n’est pas le frère de Brigitte Fontaine, qui est la compagne d’Areski Belkacem, qui est un copain de régiment d’Higelin.

Site : faites donc un tour sur cyberkeke.free.fr, complet et sympa, construit par un fan avisé.
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