TAKE
ME OUT A LA CIGALE
Le groupe "à la page" du moment était
en concert jeudi dernier à Paris. Un bon moyen de faire
un état des lieux de la dernière trouvaille rock
venue d’Ecosse.
Franz Ferdinand, c’est le groupe hype du moment. Un single
excitant et jouissif à souhait en est la cause : Take
me out. Titre qui commence à squatter les playlists des
radios dites "rock".
Pourtant à l’écoute de l’album,
et malgré quelques titres accrocheurs (les très
bons Jacqueline et Matinee), rien de bien nouveau sous le soleil.
Sans être foncièrement indigent, le résultat
est tout de même mitigé et limité à
quelques accords, certes efficaces, mais trop redondants sur
la longueur pour faire de Franz Ferdinand un album passionnant.
Pourtant, l’auteur de ces lignes n’est pas un mauvais
bougre et voulait tout de même voir ce que donnaient sur
scène les quatre jeunes gens de Glasgow dont il est question
ici. Rendez-vous était donc pris avec le groupe à
la Cigale, pour un des concerts les plus demandés de
ce début d’année ! Complet depuis plusieurs
semaines (avec au passage, un changement de salle), ce concert
devait permettre aux Franz Ferdinand soit d’enfoncer le
clou soit de retourner chez eux, leur disque et ses mélodies
sous le bras.
Autant le dire tout de suite, afin de soulager l’impatience
teintée d’angoisse des aficionados de la bande
à Alex, c’est la première hypothèse
qui s’est révélée exacte. Oui les
Franz ont été au rendez-vous. Oui, le groupe a
un grand avenir devant lui. Et oui le public français
est devenu l’espace d’une heure un peu Ecossais.
La soirée avait bien commencé dès 19h30
avec les Fiery Furnaces, groupe ami (voire même plus si
l’on en croit les rumeurs) de Glasgow. Une prestation
assez déjantée, un public qui répond présent.
Ce n’est jamais facile d’ouvrir pour un groupe très
attendu (on se rappelle la réaction con(sternante) du
public lors du set de Low, en ouverture de Radiohead à
Nîmes, l’été dernier). Les Fiery l’ont
fait, et bien fait. Et se sont trouvés quelques nouveaux
fans par la même occasion.
Un Zénith à l’automne ?
Mais ne cachons pas que personne (ou presque) n’était
venu pour voir les Fiery Furnaces. Non, pour les quelques 1
200 personnes présentes, rien d’autre ne comptait
que Franz Ferdinand.
Sur les coups de 21h00, le groupe prend d’assaut la scène.
Le public (grand responsable de la qualité du concert)
est chaud bouillant. Et c’est parti pour une heure de
tubes et de rock : Jacqueline, Matinee, Tell her tonight, Darts
of pleasure, tout y passe. Mais c’est sur l’insurpassable
Take me out que le public rentre vraiment en transe. Une version
parfaite, bandante à souhait, avec 1 200 personnes tout
simplement aux anges ! Ca slamme, ça reprend en chœur
le refrain, ça danse. Bref, un vrai grand moment.
Quelques chansons plus tard et un rappel, le groupe sort de
scène. Beaucoup de spectateurs seront frustrés
de la durée du concert (seulement une heure), peu de
sa qualité. Il n’empêche, les Franz Ferdinand
ont su s’arrêter au bon moment : leur set devenait
assez redondant et montrait au grand jour les faiblesses de
l’album.
Pourtant, c’est un vrai bonheur figé sur le visage
que l’on se dirige vers la sortie. Avec une seule idée
en tête : ce groupe va devenir énorme. Pas moins.
On évoque déjà un Zénith en novembre.