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 GULSEREN
en concert
J'ai découvert Gülseren en étant d'abord irrésistiblement attirée par la couverture d'un CD : une magnifique photo en noir et blanc d'une jeune femme, une atmosphère mystérieuse, un nom : Gülseren. Casque chaussé sur les oreilles, il m'a suffit de quelques instants d'écoute pour être complètement séduite par cette superbe voix et ces mélodies entraînantes qui mêlent lyrique, tradition orientale, modernité occidentale (rock, pop, techno, groove) et charme latino. Je ne comprenais rien aux paroles, principalement en turc (et dont Gülseren est l'auteur), mais qu'importe. Le charme opère et la musique (composée par Gülseren et son mari Luis Ernesto, Colombien) vous emporte au-delà des mots.

Dès lors je n'avais plus qu'une envie : la voir en concert. Parce qu'un disque c'est bien (et celui-ci l'est tellement que la Fnac l’a sélectionné parmi les 10 meilleurs auto-produits 2001) mais la scène c’est le jeu de la vérité. Et je n'ai pas eu à attendre longtemps car mon vœu s'est exaucé quelques semaines plus tard. C'était au New Morning, en février 2001. Un moment magique. Tellement magique que je retourne la voir à chaque occasion, pour les besoins du site que je lui ai consacré mais avant tout pour mon plaisir.

En un an, j'ai eu la chance de pouvoir assister à des dizaines de show-cases en Fnac dans toute la France, des festivals internationaux en Hollande, des concerts en province et à Paris au Réservoir, à La Guinguette Pirate, au cabaret Les Trois Mailletz… J'ai pu constater que Gülseren donne autant d'énergie et d'amour devant 50 personnes que devant une foule immense. Gülseren en live, pour planter un peu le décor, c’est d'abord Gülseren accompagnée de Luis Ernesto à la direction musicale et aux percussions, et autour d'eux, un groupe de musiciens d'origines diverse (française, brésilienne, israélienne…) composé de : batterie, clavier, basse, guitares (acoustique et électrique), violon, clarinette et saxo. Un véritable melting-pot dans lequel chacun apporte sa personnalité et sa richesse.

Lorsque le concert commence, l’orchestre démarre un bourdonnement qui monte qui monte… et puis on entend une voix. Superbe et puissante. D’où vient-elle ? On ne sait pas encore. Tout le monde cherche. Et puis apparaît Gülseren, tantôt du fond de la salle, tantôt du fond de la scène, tantôt on se sait d'où, ça dépend. Elle aime surprendre. Et côté surprises on n’en est qu’au début…

En quelques minutes à peine on tape déjà des mains et on est debout pour danser ! Ça démarre fort ! Fin de la première chanson, le voyage a commencé. On est à Istanbul. Après Istanbul, c'est direction la Colombie (avec Dut Agaci chanson populaire turque remixée en une surprenante et entraînante version cumbia, la cumbia turca !), l'Afrique du Nord (avec Habibi), la France (avec Oyna), l'Arménie, la Yougoslavie, l'Azerbaïdjan… et oui, tout ça ! Et Gülseren chante dans les langues de tous ces pays. Mélange de cultures, mélange de styles. De la tradition populaire orientale Gülseren nous mène petit à petit vers la modernité en enchaînant ses compositions (dont elle est l'auteur et également compositeur avec Luis Ernesto) et des reprises comme les fameux Bisous de Tarkan avec une énergie qui nous emporte comme un tapis magique.

Gülseren en live, vous l’aurez compris, c’est bien plus qu’un simple concert. De solos passionnés de darbuka en démonstrations de danse orientale, Gülseren a tous les talents et les yeux se régalent autant que les oreilles ! C’est aussi toute complicité que noue Gülseren avec son public et une ambiance chaleureuse, une atmosphère qui alterne des moments festifs et des moments d'émotion pure, comme lorsqu’elle interprète Ayrilik (Séparation) une superbe chanson où elle n’est accompagnée que d'une guitare acoustique, ou bien Deprem (Tremblement de terre), chanson que Gülseren a écrite en une journée, le lendemain de la terrible catastrophe qui a secoué la Turquie en 1999. Envoûtante, émouvante, charismatique et généreuse Gülseren. Les deux heures d'évasion qu'elle nous offre passent malheureusement trop vite tant le rythme est soutenu.

Maintenant une question vous brûle les lèvres et je vais m’empresser d’y répondre : le prochain concert c’est samedi 11 mai (à 20h30) à la Guinguette Pirate (Paris XIIIe). Vous pouvez également retrouver Gülseren tous les vendredis et samedis à 23h30 au cabaret Les Trois Mailletz à Paris, dans le quartier de Saint Michel (56, rue Galande 75005 Paris) - réservation recommandée.


Valérie Cuscito
© Jowebzine.com - Avril 2002



Toutes les infos sur Gülseren et les dates de concerts sur internet : www.gulseren.net
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