Mélange
de chants et de danses, Gumboots est un bel hommage aux mineurs
noirs Sud-Africains qui ont payé de leur vie la politique
de ségrégation raciale de leur pays.
Originaire d’Afrique du Sud, le Gumboots est une danse
folklorique inventée par les mineurs noirs pendant la
période de ségrégation raciale. Les mineurs,
plongés pendant plusieurs mois dans l’obscurité
des mines, n’avaient pas le droit à la parole et
étaient, pour la plupart, enchaînés à
leur poste de travail. Durant les premières années,
ils étaient pieds nus dans l’eau qui leur arrivait
aux genoux. Les infections et autres maladies les empêchant
d’être "rentables", leurs patrons s’accordent
pour leur fournir des bottes en caoutchouc. Petit à petit,
ils inventent alors un mode de communication en tapant du talon
leurs bottes et en faisant cliqueter les chaînes de leurs
chevilles. Ces codes deviennent de véritables mélodies
qu’ils accompagnent de chorégraphies, parvenant
ainsi à se distraire et à se défouler,
à exprimer leurs petits plaisirs et leurs peines, eux
qui vivent isolés à des centaines de kilomètres
de leur famille, dans des conditions inhumaines. Pendant leur
temps de repos, ils continuent à créer des rythmes,
à chanter et à danser, toujours dans la boue omniprésente.
Les artistes de la troupe Gumboots sont des jeunes de Soweto,
des rescapés de l’enfer du ghetto, de la rue et
de la délinquance. Ils ont été "sauvés"
par la danse comme leurs ancêtres avant eux et, aujourd’hui,
ils leur rendent hommage dans le monde entier avec cette comédie
musicale qui raconte leur quotidien.
Mélange magique de danse, de percussion, de chant, Gumboots
est un spectacle très physique, sans temps mort, sans
longueur, qui transporte le spectateur pendant 1h30 dans la
moiteur et l’obscurité de la mine, auprès
de ces hommes qui lui font partager leurs sentiments : la fatigue
du travail, le plaisir quand arrive le temps de la pause, la
tristesse de l’isolement, l’enthousiasme un peu
superficiel procuré par la bière, la solennité
quand sont évoqués ceux qui sont restés
au fond…
Quand le rythme devient un langage universel, c’est grâce
à lui que ces hommes venant de différentes provinces
ont réussi à communiquer et c’est encore
grâce à lui que le message des artistes nous parvient.
Quand le rythme devient un langage universel, c’est un
très beau spectacle qui s’offre au spectateur.