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GUMBOOTS

La Cigale à Paris
Jusqu'au 13 mars 2005
Mélange de chants et de danses, Gumboots est un bel hommage aux mineurs noirs Sud-Africains qui ont payé de leur vie la politique de ségrégation raciale de leur pays.


Originaire d’Afrique du Sud, le Gumboots est une danse folklorique inventée par les mineurs noirs pendant la période de ségrégation raciale. Les mineurs, plongés pendant plusieurs mois dans l’obscurité des mines, n’avaient pas le droit à la parole et étaient, pour la plupart, enchaînés à leur poste de travail. Durant les premières années, ils étaient pieds nus dans l’eau qui leur arrivait aux genoux. Les infections et autres maladies les empêchant d’être "rentables", leurs patrons s’accordent pour leur fournir des bottes en caoutchouc. Petit à petit, ils inventent alors un mode de communication en tapant du talon leurs bottes et en faisant cliqueter les chaînes de leurs chevilles. Ces codes deviennent de véritables mélodies qu’ils accompagnent de chorégraphies, parvenant ainsi à se distraire et à se défouler, à exprimer leurs petits plaisirs et leurs peines, eux qui vivent isolés à des centaines de kilomètres de leur famille, dans des conditions inhumaines. Pendant leur temps de repos, ils continuent à créer des rythmes, à chanter et à danser, toujours dans la boue omniprésente.

Les artistes de la troupe Gumboots sont des jeunes de Soweto, des rescapés de l’enfer du ghetto, de la rue et de la délinquance. Ils ont été "sauvés" par la danse comme leurs ancêtres avant eux et, aujourd’hui, ils leur rendent hommage dans le monde entier avec cette comédie musicale qui raconte leur quotidien.

Mélange magique de danse, de percussion, de chant, Gumboots est un spectacle très physique, sans temps mort, sans longueur, qui transporte le spectateur pendant 1h30 dans la moiteur et l’obscurité de la mine, auprès de ces hommes qui lui font partager leurs sentiments : la fatigue du travail, le plaisir quand arrive le temps de la pause, la tristesse de l’isolement, l’enthousiasme un peu superficiel procuré par la bière, la solennité quand sont évoqués ceux qui sont restés au fond…

Quand le rythme devient un langage universel, c’est grâce à lui que ces hommes venant de différentes provinces ont réussi à communiquer et c’est encore grâce à lui que le message des artistes nous parvient. Quand le rythme devient un langage universel, c’est un très beau spectacle qui s’offre au spectateur.


Anne-Sophie Mehl
© Jowebzine.com - Février 2005
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