| Nouvelle
édition de l'immanquable festival des Inrocks, avec ce
dimanche en tête d'affiche les Raveonettes et Hot Hot
Heat.
Pour être tout à fait honnête, c'est en
traînant un peu des pieds que nous sommes allés
assister à la deuxième soirée du festival
des Inrocks 2003. Malgré une programmation décevante
cette année, ce dimanche s'avérait tout de même
comme la soirée la plus alléchante avec The
Raveonettes et Hot Hot Heat. Kings Of Leon n'était
en effet plus au programme, les Américains ayant annulé
il y a quelques mois étant remplacés pas The
Bellrays. Pas d'explication en revanche pour l'absentéisme
de The Black Keys, qui ainsi réduit l'affiche au nombre
de 4 groupes.
C'est les américains de My Morning Jacket qui ouvre
le bal. Pas grand chose à retenir sur ce groupe, de
la pop sans grande originalité jouée par de
jeunes garçons qui s'imaginent jouer du métal,
avec leurs longs cheveux recouvrant une bonne partie de leur
visage resté totalement inconnu au public par la même
occasion.
Beaucoup plus intéressant, les californiens de The
Bellrays pratiquent une musique aux éléments
punk, rock mais aussi soul ou jazz, le tout emmené
par la surprenante diva Lisa Kekaula. Sans complexe, elle
surpasse, peut être à défaut, la musique
de ses acolytes avec sa voix enragée rock ou parfois
plus posée dans un registre soul, voire blues. Tout
n'est pas cependant de bon goût, les cris répétés
de la dame sont parfois un peu décalés avec
ses deux musiciens qu'on aurait voulu entendre un peu plus.
Cependant, la prestation très énergique des
Bellrays mérite qu'on se penche un peu plus sur leur
discographie.
Vient ensuite le moment de grâce de la soirée.
Essuyant beaucoup de critiques sur la qualité de leur
prestation live, les Danois de The Raveonettes ont plongé
la Cigale dans un déluge sonore et ont littéralement
tout emporté sur leur passage. Avec classe, le duo
Sharin Foo et Sune Wagner a offert une prestation rock de
grande qualité. Tout va très vite, au point
que les morceaux pourraient s'enchaîner sans que cela
ne dérange personne, surtout que les deux danois ne
sont pas très bavards. Mais le duo en impose sur scène
: l'éblouissante Sharin Foo, statique derrière
son micro, a une voix incroyable, à faire trembler
n'importe quel auditoire. Son compagnon Sune Wagner, est un
peu plus remuant, sans en faire trop et toujours avec élégance,
cette grande classe qui définie parfaitement les Raveonettes.
Fin de concert apocalyptique, lorsque Sune Wagner à
terre torture sa guitare et se fait rejoindre par Sharin Foo
dans un violent chaos sonore parfaitement maîtrisé.
Face à face, les deux voix complices et complémentaires
reprennent les paroles de Chain gang of love. Le rock brut
et les deux personnage des Raveonettes étaient tout
simplement irrésistibles ce soir.
Inutile de préciser qu'il sera difficile de passer
après les Raveonettes. Surtout pour les Canadiens de
Hot Hot Heat qui, pourtant, avaient laissé entrevoir
de bonnes choses sur leur 1er album Make up the breakdown.
Mais voilà, sur scène la musique de Hot Hot
Heat perd tout son charme. Son chanteur Steve Bays, se pavanant
sans arrêt, est tout simplement insuportable. Il est
difficile de rentrer dans le show du groupe, et la déception
est énorme. Amusant, énergique mais rien ne
se passe vraiment. La Cigale se vide petit à petit
pendant le concert des canadiens qui, à l'image de
leur prestation, clôt une soirée mitigée
pour ce rendez-vous des Inrocks. Merci aux Raveonettes d'avoir
sauvé, et le mot est faible, la soirée.
Jérôme B.
© Jowebzine.com - Novembre 2003
|