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FESTIVAL DES INROCKS
LEVI'S 501

La Cigale
Dimanche 9 novembre 2003

HOT HOT HEAT
THE RAVEONETTES
THE BELLRAYS
THE BLACK KEYS
MY MORNING JACKET
Nouvelle édition de l'immanquable festival des Inrocks, avec ce dimanche en tête d'affiche les Raveonettes et Hot Hot Heat.


Pour être tout à fait honnête, c'est en traînant un peu des pieds que nous sommes allés assister à la deuxième soirée du festival des Inrocks 2003. Malgré une programmation décevante cette année, ce dimanche s'avérait tout de même comme la soirée la plus alléchante avec The Raveonettes et Hot Hot Heat. Kings Of Leon n'était en effet plus au programme, les Américains ayant annulé il y a quelques mois étant remplacés pas The Bellrays. Pas d'explication en revanche pour l'absentéisme de The Black Keys, qui ainsi réduit l'affiche au nombre de 4 groupes.

C'est les américains de My Morning Jacket qui ouvre le bal. Pas grand chose à retenir sur ce groupe, de la pop sans grande originalité jouée par de jeunes garçons qui s'imaginent jouer du métal, avec leurs longs cheveux recouvrant une bonne partie de leur visage resté totalement inconnu au public par la même occasion.

Beaucoup plus intéressant, les californiens de The Bellrays pratiquent une musique aux éléments punk, rock mais aussi soul ou jazz, le tout emmené par la surprenante diva Lisa Kekaula. Sans complexe, elle surpasse, peut être à défaut, la musique de ses acolytes avec sa voix enragée rock ou parfois plus posée dans un registre soul, voire blues. Tout n'est pas cependant de bon goût, les cris répétés de la dame sont parfois un peu décalés avec ses deux musiciens qu'on aurait voulu entendre un peu plus. Cependant, la prestation très énergique des Bellrays mérite qu'on se penche un peu plus sur leur discographie.

Vient ensuite le moment de grâce de la soirée. Essuyant beaucoup de critiques sur la qualité de leur prestation live, les Danois de The Raveonettes ont plongé la Cigale dans un déluge sonore et ont littéralement tout emporté sur leur passage. Avec classe, le duo Sharin Foo et Sune Wagner a offert une prestation rock de grande qualité. Tout va très vite, au point que les morceaux pourraient s'enchaîner sans que cela ne dérange personne, surtout que les deux danois ne sont pas très bavards. Mais le duo en impose sur scène : l'éblouissante Sharin Foo, statique derrière son micro, a une voix incroyable, à faire trembler n'importe quel auditoire. Son compagnon Sune Wagner, est un peu plus remuant, sans en faire trop et toujours avec élégance, cette grande classe qui définie parfaitement les Raveonettes. Fin de concert apocalyptique, lorsque Sune Wagner à terre torture sa guitare et se fait rejoindre par Sharin Foo dans un violent chaos sonore parfaitement maîtrisé. Face à face, les deux voix complices et complémentaires reprennent les paroles de Chain gang of love. Le rock brut et les deux personnage des Raveonettes étaient tout simplement irrésistibles ce soir.

Inutile de préciser qu'il sera difficile de passer après les Raveonettes. Surtout pour les Canadiens de Hot Hot Heat qui, pourtant, avaient laissé entrevoir de bonnes choses sur leur 1er album Make up the breakdown. Mais voilà, sur scène la musique de Hot Hot Heat perd tout son charme. Son chanteur Steve Bays, se pavanant sans arrêt, est tout simplement insuportable. Il est difficile de rentrer dans le show du groupe, et la déception est énorme. Amusant, énergique mais rien ne se passe vraiment. La Cigale se vide petit à petit pendant le concert des canadiens qui, à l'image de leur prestation, clôt une soirée mitigée pour ce rendez-vous des Inrocks. Merci aux Raveonettes d'avoir sauvé, et le mot est faible, la soirée.


Jérôme B.
© Jowebzine.com - Novembre 2003

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