TINTIN
AU BATACLAN
23 ans après, Joe Jackson revient au Bataclan pour un triomphe
jubilatoire et nostalgique.
1980. La dernière fois que Joe Jackson a posé ses amplis
au Bataclan, c’était en 1980. Autant dire que ces 23
ans de frustration sont particulièrement perceptibles dans
la fébrilité impatiente d’un public qui a l’âge
d’avoir assisté à ce concert préhistorique.
Fébrilité impatiente mais bienveillante pour la New
Yorkaise Mary Lee’s Corvette qui ouvre le bal, seule sur scène
avec sa guitare et son bassiste. 40 minutes pour une dizaine de chansons
pop-folk électriques convaincantes portées par la voix
puissante de cette brune piquante et souriante.
Encore un petit quart d’heure de piaffement nerveux : va-t-on
se reconnaître après une aussi longue séparation
? Oui, si l’on en croît les promesses de Volume
IV, le nouvel album du groupe originel reconstitué
après 20 ans de séparation.
21h00. Le grand échalas monte sur scène le sourire en
coin et entreprend, sans plus attendre… de présenter
ses musiciens : Graham Maby, Gary Sanford et Dave Houghton, pas de
doute, les Dupont, Dupons et Dupond sont bien là pour accompagner
leur Tintin longiligne. Le feu d’artifice peut commencer avec
un Look sharp ! de rigueur suivi d’une alternance habile de
vieux succès et de titres du dernier album.
Un public énamouré
La mayonnaise prend sans peine entre un groupe impeccable, un Joe
Jackson survolté par ce retour aux affaires et l’enthousiasme
sans réserve d’un public énamouré. Il fait
d’autant plus plaisir à voir et à entendre, le
Joe, qu’on le sent heureux lui-même, prenant le temps
de parler au public en français et d’expliquer, avec
beaucoup d’humour, certaines de ses chansons, à commencer
par le romantique (?) Love at first light. Le groupe s’est retiré,
il est à ce moment-là seul sur scène derrière
ses claviers pour interpréter quelques titres plus intimistes
(parmi lesquels le Girls de John Lennon) repris en chœur par
la salle. Mais la pause ne dure pas et le concert repart de plus belle
en alignant les standards millésimés 80’s : un
Beat crazy déchaîné, un Monday papers de folie
et, pour finir, un I’m the man indescriptible !
Rarement il nous a été donné d’assister
à un concert aussi fusionnel. Le public adore Joe Jackson et
Joe Jackson adore son public. Il y a dans cette ambiance quelque chose
de l’ordre du grand bond en arrière dans une jeunesse
nostalgique, dans une époque qui pesait quelques kilos et quelques
enfants de moins… Merci Mr Jackson pour ce bain de jouvence.
On vous pardonne tout : ces années d’absence, ces explorations
musicales solitaires, et même le prometteur On your radio avorté
de ce soir !