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JOE JACKSON
Le 27 mai 2003 au Bataclan
TINTIN AU BATACLAN
23 ans après, Joe Jackson revient au Bataclan pour un triomphe jubilatoire et nostalgique.


1980. La dernière fois que Joe Jackson a posé ses amplis au Bataclan, c’était en 1980. Autant dire que ces 23 ans de frustration sont particulièrement perceptibles dans la fébrilité impatiente d’un public qui a l’âge d’avoir assisté à ce concert préhistorique.

Fébrilité impatiente mais bienveillante pour la New Yorkaise Mary Lee’s Corvette qui ouvre le bal, seule sur scène avec sa guitare et son bassiste. 40 minutes pour une dizaine de chansons pop-folk électriques convaincantes portées par la voix puissante de cette brune piquante et souriante.

Encore un petit quart d’heure de piaffement nerveux : va-t-on se reconnaître après une aussi longue séparation ? Oui, si l’on en croît les promesses de Volume IV, le nouvel album du groupe originel reconstitué après 20 ans de séparation.

21h00. Le grand échalas monte sur scène le sourire en coin et entreprend, sans plus attendre… de présenter ses musiciens : Graham Maby, Gary Sanford et Dave Houghton, pas de doute, les Dupont, Dupons et Dupond sont bien là pour accompagner leur Tintin longiligne. Le feu d’artifice peut commencer avec un Look sharp ! de rigueur suivi d’une alternance habile de vieux succès et de titres du dernier album.

Un public énamouré

La mayonnaise prend sans peine entre un groupe impeccable, un Joe Jackson survolté par ce retour aux affaires et l’enthousiasme sans réserve d’un public énamouré. Il fait d’autant plus plaisir à voir et à entendre, le Joe, qu’on le sent heureux lui-même, prenant le temps de parler au public en français et d’expliquer, avec beaucoup d’humour, certaines de ses chansons, à commencer par le romantique (?) Love at first light. Le groupe s’est retiré, il est à ce moment-là seul sur scène derrière ses claviers pour interpréter quelques titres plus intimistes (parmi lesquels le Girls de John Lennon) repris en chœur par la salle. Mais la pause ne dure pas et le concert repart de plus belle en alignant les standards millésimés 80’s : un Beat crazy déchaîné, un Monday papers de folie et, pour finir, un I’m the man indescriptible !

Rarement il nous a été donné d’assister à un concert aussi fusionnel. Le public adore Joe Jackson et Joe Jackson adore son public. Il y a dans cette ambiance quelque chose de l’ordre du grand bond en arrière dans une jeunesse nostalgique, dans une époque qui pesait quelques kilos et quelques enfants de moins… Merci Mr Jackson pour ce bain de jouvence. On vous pardonne tout : ces années d’absence, ces explorations musicales solitaires, et même le prometteur On your radio avorté de ce soir !


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Juin 2003
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