BAROQUE’
N’ ROLL
Dix ans après, les Jane’s Addiction sont de retour à
Paris pour show très chaud qui a prouvé, si besoin était,
que ces quatre-là n’avaient rien perdu de leur folie.
Finally they did it again. Près de 10 ans après
leur dernière venue sur nos terres, l’Elysée Montmartre
accueillait à nouveau ces californiens déjantés
que sont Jane’s Addiction. Moi ma dépendance à
Jane, elle n’est pas nouvelle, depuis 1987 et ce numéro
du défunt Rapido dédié à la nouvelle scène
US où un dithyrambique Antoine de Caunes nous faisait découvrir
un nouveau combo de L.A. avec un chanteur aux dreadlocks verts pour
le moins allumé.
Quelques débauches, excès, et bonnes actions (Lollapalooza)
plus tard, Perry Farrell, chanteur-dandy-érotomane, Dave Navarro,
guitariste revenu à la maison après une pige non concluante
chez les Red Hot Chili Peppers, l’iroquois batteur Stephen Perkins,
et leur nouveau bassiste Chris Chaney allaient rattraper le retard
pour un show, certes court (1h20 extinction des feux à l’EM
à 22h00 oblige) mais terriblement torride et intense.
Show ou chaud ?
Le set débuta, un peu contre toute attente, par l’instrumental
Up the beach extrait du désormais cultissime Nothing’s
shocking de 1988. Dave Navarro, arborant une barbe luciférienne
du meilleur effet et de beaux tatouages tout frais, est ensuite rejoint
par Perry vêtu d’un corset des plus seyants. Perry sur
scène c’est un peu le croisement d’un Nijinski
et d’un derviche tourneur : insaisissable, sensuel, imprévisible.
En ce début de concert, les titres s’enchaînent
en faisant la part belle aux morceaux de Nothing's shocking et de
Ritual de lo habitual (Ocean size, Stop et 3 days). 3 days reste,
13 ans après sa sortie, un peu le Kashmir de Jane’s.
Un morceau épique allant crescendo durant une dizaine de minutes.
La force essentielle de JA, tant sur disque que sur scène,
réside bien dans leur faculté à gérer
habilement la rupture du tempo au cours de leurs chansons.
Cours de français
Attisé par les provocations sexuelles sans équivoque
et répétées de leur chanteur, le public de l’Elysée,
chaud comme de la braise sur laquelle Perry et sa bande n’ont
de cesse de vouloir souffler, donnera ensuite un cours de français
au groupe en traduisant à sa demande f..k you (très
utile, on le verra par la suite, pour la fin du concert), friends,
et guaranteed.
La seconde partie du concert s’articulera essentiellement autour
du dernier album Strays : Just because, Strays, True nature, The riches,
titres qui permettront de s’assurer live que cet opus est bien
plus qu’un simple album de reformation à but lucratif.
Non Strays est bien un grand album studio digne héritier du
Ritual de lo habitual de 1990.
Les Jane se feront un peu tirer l’oreille pour revenir une première
fois pour un Mountain song survitaminé. Le public ne souhaitant
pas voir s’arrêter cette soirée de retrouvailles
si brusquement, devant l’insistance de la console à vouloir
rallumer un peu trop vite les lumières, offrit alors la possibilité
à nos chers étudiants ricains de réviser son
cours en scandant pendant quelques secondes « E…lés,
e…lés », ce qui sembla ravir de plaisir le groupe
de retour pour nous asséner un final Jane says aux saveurs
puerto-ricaines.