Retour
gagnant sur les planches parisiennes pour la bande à Louris.
Autant
vous le dire tout de suite, c’est avec une certaine impatience
toute adolescente que je guettais, sans trop l’espérer,
cette halte parisienne des Jayhakws de Minneapolis. La raison était
« pluriel » : jamais vraiment eu l’occasion de croiser
les « geais » live sur une scène hexagonale, un
nouvel album somptueux marquant un net retour aux sources (Rainy Day
music) pour la bande à Louris, enfin un lieu – le Trabendo
- propice à l’échange intime voire intimiste entre
l’artiste et le spectateur …. Bref toutes les conditions
étaient remplies pour passer un agréable moment au beau
pays de l’Americana sound.
Les
Jayhawks en formation réduite soit Gary Louris guitares-chant-et
verre de vin rouge à la main, ses deux vieux acolytes Tim O’Reagan
batterie-chant, Marc Perlman basse et le petit dernier Stephen Mc
Carthy ex-Long Riders à la guitare et pedal-steel guitar attaquèrent
leur set par Life floats by suivi de Eyes of Sarajane et Angelyne
véritables pépites de leurs derniers opus. Le son et
l’attitude évoquent ostensiblement le meilleur de la
musique américaine des trente dernières années
: les Byrds, Dylan, CSN & Y, Poco, Gram Parsons sans oublier toutefois
le goût prononcé pour des harmonies vocales si chères
aux scarabés britanniques.
S’enchaînèrent ensuite What led me to this town,
Take me with you du toujours aussi attendu Hollywood Town Hall album
référence de leur discographie, Two Hearts et Tampa
To Tulsa roadmovie audio des plus poignants avec sa pedal-steel si
caractéristique. Un petit problème de matériel
(la caisse claire de Tim ayant rendu l’âme) nous valut
un intermède humoristique de la part de Gary indiquant au bassiste
que oui il avait bien pris note de l’indisponibilité
provisoire de leur batteur et qu’en tant que bien que leader
du groupe il lui arrivait parfois d’être à l’écoute
des autres membres et qu’il n’y avait pas que sa petite
personne qui l’intéressait.
Le groupe poursuivit par une somptueuse reprise du Buffalo Springfield
du sieur Neil Young, en l’espèce Expecting to fly tiré
de leur 2nd album (BS again). Le set déroula ensuite son cortège
de gems issus exclusivement des 5 derniers albums du groupe : A break
in the clouds, le célébrissime Waiting for the sun qui
dévoila le groupe au grand public en 1992, Settled down like
rain, Sixteen down de sound of lies, Stumblin through the dark, All
the right reasons, I’D run away et une remarquable version de
Blue morceau issu de Tomorrow the green grass. Le concert s’acheva
crescendo par une interprétation de Clouds et de Tailspin.
Les rappels nous permirent ensuite d ’apprécier tout
le talent de Marc Perlman comme…guitariste (en fait son instrument
de prédilection lorsqu’il officiait au sein des Neglecters
avant de rejoindre la bande à Gary). I’m Gonna make you
love me, Bad time puis Sister cry réclamé par la fraction
dure du public parachevèrent un show sans faille qui nous rappela
o’ combien il devait être difficile de créer une
musique…simple, intemporelle et universelle. Assurément,
les Jayhawks possèdent ce don.