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     SPeCTaCLeS
 
JON SPENCER BLUES EXPLOSION

Le Bataclan
Le 13 novembre 2002
C’est le propre des festivals rock que de proposer au cours d’une même soirée, un empilement de groupes divers, pas toujours très bien assortis, qui viennent apporter leur pierre à l’édifice, souvent de guingois, de la soirée.

Cette date du Festival des Inrocks n’a pas dérogé à la règle en proposant successivement au public : un spectacle de marionnettes (!), un groupe énervé et en bouquet final un Jon Spencer Blues Explosion excitant.

Pourtant, avant d’évoquer le trio surpuissant de Jon Spencer, il faut revenir sur les Muppetmastaz qui ouvraient le programme. Imaginez que les cousins déjantés de Kermit la grenouille se mettent en tête de monter sur scène pour rocker et rapper comme des fous ! Les Muppetmastaz, c’est une petite dizaine de marionnettes trash qui revisitent, en direct, la musique de "djeunes" en dansant, pogotant et échangeant des vannes à gogo ! On pense irrésistiblement à Gorillaz pour la musique, aux Monty Pythons pour l’esprit et au Muppets Show pour la mise en scène. Avouez qu’il y a de moins honorables filiations...

Attendus avec bienveillance par un public curieux, les Sparta (ex-At The Drive-In), deuxième "attraction" de la soirée, se sont montrés diablement moins convaincants. Beaucoup d’énergie sincère pour un résultat bien médiocre. Mais, à leur décharge, il faut souligner que la balance était pour le moins approximative et qu’ils ont dû se débrouiller (et nous avec) pendant 40 minutes avec une bouillie sonore dont rien n’émergeait, et surtout pas la voix de leur chanteur !

Enfin, l’heure tant attendue du JSBX était venue. Enfin, pas tout de suite puisqu’il a bien fallu trois quarts d’heure à des roadies scrupuleux pour installer entièrement un matériel encore dans ses "cartons". Minutie récompensée par un son, cette fois, parfaitement en place pour le chaud trio de blues-rock sauvage.

Le set fut court (moins d’une heure) mais intense. Ces trois-là connaissent leur Robert Johnson et leur Jerry Lee Lewis sur le bout des doigts. A coup de solos de batterie (ils doivent être les derniers à faire ça, si l’on excepte Phil Collins !), de riffs de guitare millimétrés et de fureur non feinte, la température monte au Bataclan et la chaleur moite pèse sur une salle acquise. Virtuosité, énergie, savoir-faire, enthousiasme... Il manque finalement peu de choses à ce groupe pour percer vraiment. Peut-être quelques bonnes chansons dans lesquelles la salle pourra se reconnaître et communier. Dommage, c’était presque parfait...


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Novembre 2002
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