Cest
le propre des festivals rock que de proposer au cours dune même
soirée, un empilement de groupes divers, pas toujours très
bien assortis, qui viennent apporter leur pierre à lédifice,
souvent de guingois, de la soirée.
Cette date du Festival des Inrocks na pas dérogé
à la règle en proposant successivement au public : un
spectacle de marionnettes (!), un groupe énervé et en
bouquet final un Jon Spencer Blues Explosion excitant.
Pourtant, avant dévoquer le trio surpuissant de Jon Spencer,
il faut revenir sur les Muppetmastaz qui ouvraient le programme. Imaginez
que les cousins déjantés de Kermit la grenouille se
mettent en tête de monter sur scène pour rocker et rapper
comme des fous ! Les Muppetmastaz, cest une petite dizaine de
marionnettes trash qui revisitent, en direct, la musique de "djeunes"
en dansant, pogotant et échangeant des vannes à gogo
! On pense irrésistiblement à Gorillaz pour la musique,
aux Monty Pythons pour lesprit et au Muppets Show pour la mise
en scène. Avouez quil y a de moins honorables filiations...
Attendus avec bienveillance par un public curieux, les Sparta (ex-At
The Drive-In), deuxième "attraction" de la soirée,
se sont montrés diablement moins convaincants. Beaucoup dénergie
sincère pour un résultat bien médiocre. Mais,
à leur décharge, il faut souligner que la balance était
pour le moins approximative et quils ont dû se débrouiller
(et nous avec) pendant 40 minutes avec une bouillie sonore dont rien
némergeait, et surtout pas la voix de leur chanteur !
Enfin, lheure tant attendue du JSBX était venue. Enfin,
pas tout de suite puisquil a bien fallu trois quarts dheure
à des roadies scrupuleux pour installer entièrement
un matériel encore dans ses "cartons". Minutie récompensée
par un son, cette fois, parfaitement en place pour le chaud trio de
blues-rock sauvage.
Le set fut court (moins dune heure) mais intense. Ces trois-là
connaissent leur Robert Johnson et leur Jerry Lee Lewis sur le bout
des doigts. A coup de solos de batterie (ils doivent être les
derniers à faire ça, si lon excepte Phil Collins
!), de riffs de guitare millimétrés et de fureur non
feinte, la température monte au Bataclan et la chaleur moite
pèse sur une salle acquise. Virtuosité, énergie,
savoir-faire, enthousiasme... Il manque finalement peu de choses à
ce groupe pour percer vraiment. Peut-être quelques bonnes chansons
dans lesquelles la salle pourra se reconnaître et communier.
Dommage, cétait presque parfait...