Untitled Document
 

     SPeCTaCLeS
 
LHASA
Grand Rex - Paris le 23 mars 2004
ON THE (LIVING) ROAD AGAIN
En tournée en France (et ailleurs), la chanteuse nomade est passée par Paris. Elle a chanté. On a adoré.



Quand on va voir un concert au Grand Rex, il vaut mieux prendre des places à l’orchestre et se pointer assez tôt. Et là, on est dans les conditions idéales : sous une voûte étoilée, dans le décor orientalo-rococo d’une salle atypique qui a le si bon goût d’installer son public dans de moelleux fauteuils en cuir fauve avec plein de place pour étendre ses jambes...

Après y avoir rencontré au fil des ans des Stray Cats, des Carmel, des Brigitte Fontaine, des VRP, des Brian May... c’est pour l’envoûtante Lhasa de Sela que nous nous installons douillettement ce soir à un honorable quinzième rang babord, pas loin de la régie son et lumière. La foule est calme, recueillie, 35/40 ans de moyenne. Pas de première partie, les lumières s’éteignent à l’heure dite, les musiciens investissent la grande scène noyée de rouge et Lhasa entre aux premières notes. D’une simple et noire robe chasuble vêtue elle empoigne l’énorme micro sur pied, s’en masque le visage et chante. Con toda palabra (premier morceau de The living road, le splendide dernier album). La voix est éraillée, comme si le froid de mars lui avait fait un sale coup.

La marée haute, puis la Frontera qui suivent sont également douloureuses, presque trachéïques... et puis, petit à petit l’organe chauffe pour atteindre son timbre si caractéristique, grave et feutré, fort et sensible. Unique. Et le public frissonne à l’unisson au fil des chansons profondes et mélancoliques que Lhasa prend soin d’introduire par de petites anecdotes, d’une petite voix timide au charmant petit accent venu d’on ne sait où (Mexique ? Canada ? Marseille ? Etats-Unis ? Liban ?).

J’arrive à la ville, sonne le véritable démarrage du concert. Rassuré sur l’état vocal de l’artiste, on peut élargir ses oreilles à l’excellence des musiciens. Violoncelle, piano-orgue, basse, batterie, guitares, trompette : le groupe produit une musique d’une finesse et d’une précision époustouflantes qui trouve son apothéose dans une magistrale version de Anywhere on this road, pleine de percussions et d’âme. Lhasa, 32 ans, est là, humble, émouvante, chaleureuse, qui pioche aussi dans le répertoire du premier album (La Llorona) et finit par faire se remuer un peu la foule avec l’endiablée La Celestina... Trois rappels debout : Lhasa donne et donne encore, avec une générosité et une joie largement partagées avec ses musiciens.

Et ça finira sur un très fascinant Soon this space will be too small longuement introduit par la théorie de la vie et de la mort selon papa De Sela. Rideau. Du grand art populaire, authentique, profond et rassurant. Merci Lhasa.


Roland Caduf
© Jowebzine.com - Mars 2004


PS : Lhasa est actuellement en tournée en France. Ne manquez pas la rencontre si elle passe près de chez vous. Dates, interviews etc... disponibles sur l’excellent http://www.sendereando.com

Untitled Document













Untitled Document
Copyright © 2001-2006 - Tous droits réservés