Ce
soir, cest la première date de la tournée européenne.
Paul reprend la route avec un show bien rodé lors de sa très
récente, très lucrative (encore un record en poche !)
et très triomphale tournée U.S. 1989, 1993, 2003 : cest
toujours à Bercy quil sinstalle. Et jen suis
à chaque fois, en la rituelle compagnie de Christophe et Cyril.
Eh oui, McCartney et nous trois, cest une longue histoire !
Ce coup-ci, pas détat dâme : une seule date
est programmée à Paris, alors on a opté pour
la fosse (50 euros quand même...) et on est dans la queue dehors
dès 17h30. Ah cest sûr, lexcitation nest
pas au niveau de la première fois, en octobre 89 ; surtout
quon sait bien quil nest pas très fort dans
la prise de risques, le Paulo ; on connaît la play-list davance,
une enfilade de tubes Beatles-Wings-Solo rabâchés...
Cest pas comme Bowie qui change
les titres tous les soirs. Mais bon, si on est là cest
quon pense y trouver notre compte quand même et puis on
espère toujours une petite surprise de la part dun ami
qui a commencé à titiller nos oreilles, il y a... 40
ans, quand nos mères bougeaient leurs gros ventres sur "She
loves you, Yeah-Yeah-Yeah"...
Malgré nos précautions horaires, on se retrouve à
20/25 mètres de la scène quand même, debout donc,
et on patiente en envoyant des SMS à 10 euros la minute pour
les voir safficher en déroulé sur lécran
géant (une majorité de clins doeils à McCartney,
mais aussi du "Amélie je taime : Robert", du
"Le PSG cest des chèvres" ou du "Lisez
www.jowebzine.com" - devinez qui cest qui la envoyé
çui là ?), puis en regardant sinstaller les people
avec, par ordre dapparition : Dick Rivers, Sting, Ophélie
Winter, Daniel Auteuil, Laurent Voulzy, Louis Bertignac, Michel Drucker,
Yannick Noah, Gérard Darmon... (on en a sûrement raté,
mais ceux-là, cest sûr quon les a vus).
Vers 21 heures, les lumières séteignent, le public
(de 7 à 77 ans) rugit et... on se paye un bon quart dheure
dune sorte de spectacle coloré digne dune émission
de Patrick Sébastien, sorte dallégorie costumée
sur le thème des pays du monde (!) par une troupe dintermittents
du spectacle gesticulants. Interminable et lourdingue faute de goût.
Enfin, sans transition, une ombre géante apparaît sur
lécran du même nom. Une ombre qui brandit comme
une raquette sa caractéristique guitare en forme de violon
: cest la fameuse petite basse Hoffner et cest Paul McCartney
au bout ! 17 000 cris font vibrer Bercy, lécran se lève,
Paul est là, polo rouge et jean, souriant, "You say yes,
I say no..." : "Hello goodbye", cest parti. Cest
parti pour près de 3 heures de plaisir sans entracte !
Sur scène, il y a Paul, au centre, entouré de deux guitariste
(un brun et un blond) assez jeunes ; derrière, un synthétiseuriste
(le même quen 89 et 93) et enfin un batteur, du genre
gros black qui tape. Le son est incisif, assez direct ; malheureusement
et comme dans 99 % des concerts ça sature un peu sur les morceaux
forts (à moins - selon la technique Cyril - de se boucher les
oreilles pour obtenir une balance acceptable). Le décor est
sobre, hormis les panneaux en arrière plan où défilent
des images sympas quand elles sont abstraites (papiers peints psychédéliques)
ou émouvantes (images de lépoque Beatles) ; par
contre, sur certains morceaux, les vidéos tendent parfois vers
le film de karaoké géant...
Mais lessentiel, cest ce qui se passe sur scène.
Paul est en parfaite forme vocale et physique ; à la basse,
à la guitare, au piano à queue, au petit piano électrique
bariolé façon "Magical Mystery Tour", il balance
avec amour tous ses morceaux de bonheur universel à un public
aux anges, heureux, qui communie et démarre au quart de tour.
Il fallait les voir ces sourires inextinguibles ! Cantt buy
me love, I saw her standing there, Back in the USSR, Sergeant Pepper
! Eleanor Rigby, Hey Jude, Let it be ! Let me roll it, Band on the
run, Maybe Im amazed ! Et ce pyrotechnique Live and let die
! Here today, en hommage à John Lennon. Something à
lukulele en hommage à George Harrison. Et ce long passage
acoustique, avec notre héros seul à la guitare : Michelle,
Blackbird, Every night... Paul, enjoué, parle beaucoup au public
entre les morceaux. Il semble toutefois un peu en retrait lorsque
ce dernier entonne spontanément un attendu Give peace a chance
de circonstance.
Le show se termine par un très excitant buf sur le thème
de The end (album Abbey Road)
qui sétire, qui sétire... Cest fini.
Tiens, il na pas joué Yesterday ? Allez, un tout dernier
petit rappel et loubli est réparé. Des confettis
bleus-blancs-rouges pleuvent du plafond sur la foule de la fosse en
nage qui, prenant seulement conscience de ses douleurs aux reins,
aux jambes et aux pieds, sachemine béate mais boitante
vers la sortie.
Et on se dit quon sest laissé prendre une nouvelle
fois par le charme et la magie, et que sil repasse on ira encore
le voir. En place assise. Avec Christophe et Cyril.