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Paul McCARTNEY
Concert Back In the World

Paris Bercy le 25 mars 2003
Ce soir, c’est la première date de la tournée européenne. Paul reprend la route avec un show bien rodé lors de sa très récente, très lucrative (encore un record en poche !) et très triomphale tournée U.S. 1989, 1993, 2003 : c’est toujours à Bercy qu’il s’installe. Et j’en suis à chaque fois, en la rituelle compagnie de Christophe et Cyril. Eh oui, McCartney et nous trois, c’est une longue histoire !

Ce coup-ci, pas d’état d’âme : une seule date est programmée à Paris, alors on a opté pour la fosse (50 euros quand même...) et on est dans la queue dehors dès 17h30. Ah c’est sûr, l’excitation n’est pas au niveau de la première fois, en octobre 89 ; surtout qu’on sait bien qu’il n’est pas très fort dans la prise de risques, le Paulo ; on connaît la play-list d’avance, une enfilade de tubes Beatles-Wings-Solo rabâchés... C’est pas comme Bowie qui change les titres tous les soirs. Mais bon, si on est là c’est qu’on pense y trouver notre compte quand même et puis on espère toujours une petite surprise de la part d’un ami qui a commencé à titiller nos oreilles, il y a... 40 ans, quand nos mères bougeaient leurs gros ventres sur "She loves you, Yeah-Yeah-Yeah"...

Malgré nos précautions horaires, on se retrouve à 20/25 mètres de la scène quand même, debout donc, et on patiente en envoyant des SMS à 10 euros la minute pour les voir s’afficher en déroulé sur l’écran géant (une majorité de clins d’oeils à McCartney, mais aussi du "Amélie je t’aime : Robert", du "Le PSG c’est des chèvres" ou du "Lisez www.jowebzine.com" - devinez qui c’est qui l’a envoyé çui là ?), puis en regardant s’installer les people avec, par ordre d’apparition : Dick Rivers, Sting, Ophélie Winter, Daniel Auteuil, Laurent Voulzy, Louis Bertignac, Michel Drucker, Yannick Noah, Gérard Darmon... (on en a sûrement raté, mais ceux-là, c’est sûr qu’on les a vus).

Vers 21 heures, les lumières s’éteignent, le public (de 7 à 77 ans) rugit et... on se paye un bon quart d’heure d’une sorte de spectacle coloré digne d’une émission de Patrick Sébastien, sorte d’allégorie costumée sur le thème des pays du monde (!) par une troupe d’intermittents du spectacle gesticulants. Interminable et lourdingue faute de goût.

Enfin, sans transition, une ombre géante apparaît sur l’écran du même nom. Une ombre qui brandit comme une raquette sa caractéristique guitare en forme de violon : c’est la fameuse petite basse Hoffner et c’est Paul McCartney au bout ! 17 000 cris font vibrer Bercy, l’écran se lève, Paul est là, polo rouge et jean, souriant, "You say yes, I say no..." : "Hello goodbye", c’est parti. C’est parti pour près de 3 heures de plaisir sans entracte !

Sur scène, il y a Paul, au centre, entouré de deux guitariste (un brun et un blond) assez jeunes ; derrière, un synthétiseuriste (le même qu’en 89 et 93) et enfin un batteur, du genre gros black qui tape. Le son est incisif, assez direct ; malheureusement et comme dans 99 % des concerts ça sature un peu sur les morceaux forts (à moins - selon la technique Cyril - de se boucher les oreilles pour obtenir une balance acceptable). Le décor est sobre, hormis les panneaux en arrière plan où défilent des images sympas quand elles sont abstraites (papiers peints psychédéliques) ou émouvantes (images de l’époque Beatles) ; par contre, sur certains morceaux, les vidéos tendent parfois vers le film de karaoké géant...

Mais l’essentiel, c’est ce qui se passe sur scène. Paul est en parfaite forme vocale et physique ; à la basse, à la guitare, au piano à queue, au petit piano électrique bariolé façon "Magical Mystery Tour", il balance avec amour tous ses morceaux de bonheur universel à un public aux anges, heureux, qui communie et démarre au quart de tour. Il fallait les voir ces sourires inextinguibles ! Cant’t buy me love, I saw her standing there, Back in the USSR, Sergeant Pepper ! Eleanor Rigby, Hey Jude, Let it be ! Let me roll it, Band on the run, Maybe I’m amazed ! Et ce pyrotechnique Live and let die ! Here today, en hommage à John Lennon. Something à l’ukulele en hommage à George Harrison. Et ce long passage acoustique, avec notre héros seul à la guitare : Michelle, Blackbird, Every night... Paul, enjoué, parle beaucoup au public entre les morceaux. Il semble toutefois un peu en retrait lorsque ce dernier entonne spontanément un attendu Give peace a chance de circonstance.

Le show se termine par un très excitant bœuf sur le thème de The end (album Abbey Road) qui s’étire, qui s’étire... C’est fini.

Tiens, il n’a pas joué Yesterday ? Allez, un tout dernier petit rappel et l’oubli est réparé. Des confettis bleus-blancs-rouges pleuvent du plafond sur la foule de la fosse en nage qui, prenant seulement conscience de ses douleurs aux reins, aux jambes et aux pieds, s’achemine béate mais boitante vers la sortie.

Et on se dit qu’on s’est laissé prendre une nouvelle fois par le charme et la magie, et que s’il repasse on ira encore le voir. En place assise. Avec Christophe et Cyril.


Roland Caduf
© Jowebzine.com - Avril 2003



PS : Les 36 morceaux environ du concert sont réunis sur un double album Back in the World qui vient de sortir. À bon entendeur...
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