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     SPeCTaCLeS
 
MIOSSEC
en concert Privé

Nouveau Casino
Le 12 novembre 2002
La soirée avait déjà mal commencé : 45 mn pour trouver une place, salle enfumée, retard...

Et puis arrive un gars un peu efflanqué, qui crache dans un micro réglé trop fort des mots mal ficelés. Au détour de deux phrases, je comprends qu’il parle d’amour. D’amour parti en amour déçu, d’amour frustré en amour déchu. Le gars est malheureux en amour. Cela n’a rien d’étonnant quand on voit sa dégaine : veste en velours élimé, rouflaquettes arrivant au menton et voix cassée de mec qui boit. De quoi faire fuir toute femme normalement constituée.

En plus, il est flanqué d’une bande de musiciens, tout aussi déjantés, qui jouent les hommes-orchestres : harmonica, accordéon, clavier, guitares, banjo, guimbarde… et des trucs encore plus bizarres (un an d’abonnement gratuit à la newsletter de JWZ à celui qui me donnera le nom de cette espèce de balle qu’on frappe contre une baratte en bois).

Et puis, tout à coup, sans prévenir, la voix se cale, les musiciens se lâchent, et partent dans tous les sens. Imperceptiblement, l’ambiance change. Les gens bougent, balancent la tête, se rapprochent les uns des autres, jusqu’à former une foule compacte. La salle danse (je ne parle pas de ces deux excitées qui ont fini la soirée démembrées et décérébrées). On assiste enfin à un vrai-bon-concert-de-rock-français-de-chez-nous-comme-on-les-aime. Et la magie Miossec opère. Du coup, qu’importent les paroles... De cassée, la voix devient rauque, puis chaude jusqu’à n’être qu’un instrument de plus dans un ensemble ahurissant. Les cuivres surtout... Clarinette et trompette bouchée mêlées au son grave du saxo baryton. Un frisson parcourt mon échine. Je me laisse porter par la musique, par la foule, je ferme les yeux. Tout luit, tout brûle, et moi je me consume...


Carine Weill
© Jowebzine.com - Novembre 2002
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