Une
série de concerts presque confidentiels pour les Rita, qui
viennent de boucler leur nouvel album (La femme trombone, sortie prévue
le 10 septembre prochain). Dabord deux fois au Trabendo fin
juin, puis deux fois à lEspace Pierre Cardin (3 et 4
juillet) et encore un dernier petit coup le 11 juillet à nouveau
au Trabendo, à la Villette (vous avez juste le temps dessayer
de trouver des places !).
Mercredi soir, massés dans ce petit mais très smart
Espace Pierre Cardin : 200 places assises et 500 debout (en tassant
bien), cest comme dans le métro. Sauf que pas de bousculade,
pas de queue... On est entre gens bien. On dirait quil va se
passer ce soir quelque chose de pas ordinaire et on se sent même
un peu privilégié den être. Ambiance légèrement
branchouille, limite snob. Jeanne Moreau est au premier rang du balcon.
La bière est à 3 euros, mais cest surtout avec
la flûte de champagne en plastique à 6 euros quil
est de bon ton de prendre un air inspiré autour des statues
contemporaines qui ornent le déambulatoire. Nous, on est tout
en haut du balcon (et on boit de leau à 1 euro) : vue
plongeante parfaite.
Et les lumières séteignent vers 21h00. Les musiciens
investissent la scène simplement : un aux claviers, un à
la basse, deux à la guitare - enfin, à deux guitares,
chacun la sienne, disons - (dont Fred Chichin qui se cantonnera à
ce simple rôle de musico tout au long du concert) et un à
la batterie. Du fond de la scène, ça sifflote (on croirait
Micheline Dax dans ses meilleurs jours) et la musique qui démarre...
voilà notre oiseau, Catherine Ringer coiffée dun
papeau rigolo à grandes plumes. Cest bien là sa
seule excentricité vestimentaire, car le reste est tout en
sobriété chic : petite robe chasuble écrue, cheveux
en nattes et chaussures à hauts talons. La sorcière
et linquisiteur ouvre donc un show consacré pour une
bonne moitié à la présentation des chansons du
nouvel album.
Ah, cest sûr : ceux qui sont venus pour se dandiner sur
Andy ou Marcia Baila en sont pour leurs frais. Ce soir, on fait dans
la première écoute. Et cest pas aussi simple que
ça à suivre : que du neuf à froid, comme ça,
en concert, en plus...
A la première écoute, donc, on dirait en tout cas que
La femme trombone va sonner rudement rock. Et je peux vous dire que
la Catherine Ringer, cest une sacrée rockeuse aussi,
tant en paroles que par action. Même en talons bobines, ça
déménage ! On ne voit quelle : un vrai pantin.
Et une voix tout simplement impressionnante : dans les graves, dans
les aigus, dans les rauques, dans les doux... Et elle danse, danse,
danse : de la tête, des bras, du ventre, des jambes, de la bouche,
des yeux... Ses chansons, elle les vit et elle nous les offre tel
quel.
Elle a sa place auprès des plus grandes chanteuses populaires
françaises. Attention, pas de méprise : jai bien
dit chanteuses. En fait je pense à Edith Piaf quand je dis
ça (mieux vaut être précis, puisquaujourdhui
on est capable de vous faire de la grande chanteuse populaire avec
de la merde en tube - et réciproquement).
Au milieu de toute cette nouveauté enchaînée tambour
battant, un très léger retour en arrière, avec
quelques chansons du formidable Cool
frénésie qui font immédiatement entrer
en hystérie un public qui - pour celles-là - nen
était pas du tout à la première écoute
!
Interprétation exemplaire, pleine de générosité,
de cur, dimplication. Cest beau. Cest très
beau. Et ça se termine déjà : un salut avec lorchestre,
comme au théâtre. "Merci ! À bientôt
! On vous prévient tout de suite, il ny aura pas de rappel.
La sortie, cest par là". La foule incrédule
aura beau scander "U-O-U-O" pendant vingt minutes, effectivement,
il ny aura pas de rappel...
PS : pensez à réserver vos places pour le concert du
20 septembre 2002 au Grand Rex ! Ce sera juste après la sortie
du disque (vous aurez quand même eu le temps de lécouter
un peu avant, ça sera pas plus mal) et franchement, le Grand
Rex, cest sûrement la plus chouette salle de concerts
à Paris.