THE
SILVER MOUNT ZION
Le 27 février 2004
L'Echangeur à Bagnolet
Setlist
1. American motor
2. Take these hands
3. ???
4. The triumph of our tired eyes
5. Babylon/starsnostars
6. Goodbye
Rappels
7. Could've moved mountains
8. Movie (never made)
9. There's a river in the valley
Vendredi
soir, pour le second soir consécutif, The Silver Mount
Zion se produisait à l’Echangeur. Un concert d’une
beauté rare de la part du meilleur groupe au monde, tout
simplement.
Dire qu’on attendait avec une impatience non feinte ce
concert de The Silver Mount Zion & Tra-la-la Band With Choir
est un doux euphémisme. Surtout après leur troisième
bijou (en trois albums), le grandiose This is our punk rock.
Le groupe d’Efrim (membre du combo Godspeed You ! Black
Emperor) est une des sept merveilles du monde de la musique
actuelle. Et l’on veut vérifier cela sur scène.
Le rendez-vous était donc pris ce vendredi 27 février,
à l’Echangeur, à Bagnolet. Devant les portes
régnait une étrange effervescence : certains espéraient
encore trouver des places malgré le sticker "Complet"
collé sur les affiches, d’autres écoutaient
les veinards présents ici même la veille au soir
leur raconter à quel point c’était fabuleux.
Les portes s’ouvrent, et on a juste le temps de prendre
une bière, d’acheter le nouvel Ep du groupe, The
pretty lightning paw (qui ne sortira qu’en mai prochain
dans le commerce) avant que la première partie, assurée
par Denis Lorca’s, un membre de Rooselicoeur, ne débute.
Autant le dire tout de suite, ce fut une entrée en matière
des plus risibles et/ou désastreuse (au choix). Notre
homme est seul, avec sa guitare, sort des notes, joue une musique
déstructurée à l’extrême. Passionnant
pour certains, ennuyeux comme jamais pour les autres, cette
musique très (trop) conceptuelle n’aura pas emballé
l’auteur de ces lignes.
Dès sa sortie de scène, les membres de TSMZ arrivent,
règlent leurs instruments, leurs micros. Quelques minutes
plus tard, les lumières s’éteignent, et
le spectacle peut commencer.
Ils sont six sur scène et une batterie, une basse, une
contrebasse, un violoncelle, un violon alto et un violon, deux
guitares et une mandoline les accompagnent.
Le groupe ouvre par le meilleur titre du dernier album, le somptueux
American motor over smolderedfield, et donne le ton : touchant,
brutal, le tout est magnifiquement orchestré. Efrim est
là avec sa voix si particulière, murmure ses phrases,
tandis que le reste du groupe joue la chorale.
Puis Take these hands and throw them in the river continue dans
la droite lignée du premier titre. Le groupe enchaîne
alors les classiques : The triumph of our tired eyes, Babylon
was built on fire avant de conclure par un poignant Goodbye
desolate railyard.
En six titres, on en a déjà eu assez pour notre
argent. Mais ce n’est pas encore fini. Pour le plus grand
bonheur d’une salle comble, le groupe revient. Et joue
le majestueux Could’ve moved mountains, titre phare du
deuxième album. Puis devant les acclamations de la foule,
s’en retourne en coulisse… avant de revenir, une
seconde fois, pour encore un titre magnifique, Movie (never
made) puissant comme jamais. Le public est éberlué,
scotché. Mais le plus beau est à venir.
The Silver Mount Zion a décidé de jouer les prolongations
ce soir. Ils reviennent donc pour un troisième rappel
: There’s a river in the valley made of melting snow,
quatrième titre du nouvel Ep. Une complainte magique,
où Efrim donne des frissons à l’auditoire,
malgré son chant peu commun. Les instruments s’agitent,
le groupe ne fait plus qu’un.
Une fois le titre terminé, le groupe, de manière
assez gênée, sort de scène et ne reviendra
plus.
Pas grave : le public a assez emmagasiné d’émotions
pour cette soirée. Il ne reste plus qu’à
rentrer, retrouver son chez soi, écouter ce nouvel Ep
(une nouvelle fois parfait), se remémorer ce concert
d’une rare intensité et être persuadé
que l’on vient de voir jouer le meilleur groupe au monde
en activité. Et que son leader, Efrim, n’est autre
que l’icône rock que tout le monde cherche depuis
la mort de Kurt Cobain.