Untitled Document
 

     SPeCTaCLeS
 
DON GIOVANNI
 de Wolfgang Amadeus Mozart

Château de Vaux-Le-Vicomte
Le 14 septembre 2002
Après 2 heures de voiture consacrées à laisser derrière vous les sacro-saints embouteillages parisiens du samedi soir, vous atteignez enfin Vaux-Le-Vicomte.

Dès l’arrivée dans l’enceinte du château, le personnel d’encadrement est omniprésent : tous les 10 mètres, un jeune homme en tenue jaune fluorescente vous dirige autoritairement vers son condisciple posté un peu plus loin, jusqu’à parvenir finalement à la place qui vous est destinée.

Et brutalement, vous basculez dans un autre monde... Les allées qui conduisent au château sont éclairées par de grosses bougies posées à même le sol. Derrière les grilles, la façade du monument est éclairée et le décor est réellement féerique. Les spectateurs se rassemblent progressivement pour prendre place, élégamment vêtus ; certaines femmes sont en robes longues et leurs cavaliers en smokings, ils participent à la magie de la soirée.

Les tribunes ont été montées face à une scène en pente douce, située dans le prolongement de la porte centrale du château. L’orchestre est dans le hall, à l’intérieur, et de lui on ne voit guère que son chef, Jérôme Pillement, qui s’agite comme un beau diable, allant jusqu’à sauter en l’air pour accompagner les envolées de ses musiciens. Sur la scène imitant le marbre, le décor quasi inexistant laisse toute sa place à la façade en arrière plan. Les jeux de lumière qui l’enflamment successivement en vert, gris, violet ou doré sont magnifiques. Les chanteurs se déplacent dans ce puits de lumière au milieu de la nuit de plus en plus noire et leurs voix s’élèvent, s’enflent, envahissant l’espace sans obstacle pour les arrêter. Taras Kulich et Lazarov qui interprètent respectivement Don Giovanni et Leporello, son valet, sont tous deux extraordinaires.

Seul bémol au tableau, le froid qui se fait de plus en plus mordant avec l’heure qui tourne (les spectateurs les plus avertis ont cumulé peaux lainées, bottes et plaid, les moins avertis quittent les tribunes avant la fin) et les sièges très peu confortables rendent un peu difficiles les dernières minutes des deux heures trente de spectacle sans entracte. Sont-ce ces conditions matérielles qui ont fait que j’ai moins "vibré" pendant cet opéra qu’en écoutant La Traviata ou Carmen ? En tout cas, l’émotion manquait au rendez-vous.

Dès la dernière note évanouie dans les airs glacés, je n’ai pas attendu les rappels pour rejoindre ma voiture en courant, de peur de me retrouver coincée dans une interminable file d’automobiles quittant les parkings et ma petite Twingo, chauffée à bloc, ne m’a jamais paru aussi confortable que lors de ce retour vers Paris !


Anne-Sophie Mehl
© Jowebzine.com - Septembre 2002
Untitled Document













Untitled Document
Copyright © 2001-2006 - Tous droits réservés