BEAU
COMME UN GEYSER
Les Islandais de Mùm (qui sortent leur nouvel album,
Summer make good) étaient mercredi dernier au Café
de la Danse. Un concert parfait, dont il est difficile de se
remettre.
L’Islande est un pays fascinant. Entre les volcans et
les geysers, il y a de vraies merveilles musicales. Il y a bien
sûr la déjantée (mais si étonnante)
Björk, les passionnants Sigur Ros (dont le dernier opus
sorti il y a deux ans, ( ), est un petit bijou) mais également
les moins connus (mais très estimés) Mùm.
Quatuor jusqu’à il y a peu, le trio a sorti tout
récemment (chez Fat Cat) un nouvel album, Summer make
good, mélange savant d’électronica minimaliste
et d’ambiance improbable. Un de ces albums parfaits, qui
vous emplissent d’émotion et vous font littéralement
voyager.
Afin de faire découvrir son nouvel opus, Mùm était
en concert mercredi dernier au Café de la danse. Une
belle salle, un public nombreux (la date affichait complet depuis
des semaines) : bref, tout était réuni pour assister
à un concert dont on se souviendrait encore longtemps.
Ce sont les Animal Collective (autre signature de Fat Cat, décidément
un label des plus intéressants) qui ouvrent. La salle
est déjà pleine, et pendant les 30 à 40
minutes du show, le public répond présent devant,
pourtant, une musique assez difficile d’accès.
Difficile de s’en remettre
Mùm prend la suite. Ils sont six sur scène. Quelques
notes sont jouées, Kristin Anna Valtysdóttir commence
à chanter de sa voix si particulière (quasi-enfantine)
et c’est toute une salle, déjà conquise,
qui s’évade. Le groupe enchaîne les morceaux
du dernier album (le très beau hù hviss - a ship
notamment), mais n’oublie pas de jouer quelques titres
des précédents Yesterday was dramatic, today is
ok et Finally we are no one.
Le groupe crée ses ambiances, la joue minimaliste ou
fait tout le contraire en faisant tonner la batterie et riffer
la guitare. Le public respecte les passages plus silencieux,
qui donnent au Café de la Danse une atmosphère
de cathédrale.
Tantôt chanté (dans une langue tout bonnement incompréhensible),
tantôt uniquement musical, ce concert atteint souvent
une beauté rare, assez improbable en live. Une heure
et demie (et un rappel) plus tard, nos Islandais s’échappent
de la scène, en remerciant, gênés, le public.
Un public tout simplement effaré de tant de beauté.
Difficile de s’en remettre.