Untitled Document
 

     SPeCTaCLeS
 
ELIADES OCHOA
 
Théâtre des Champs-Elysées
Le 4 juillet 2002
Un homme est passé au Théâtre des Champs-Élysées le 4 juillet 2002. Massif, coiffé d’un chapeau à larges bords, engoncé dans une tunique sombre, il était accompagné par son groupe : le Cuarteto Patria, des gentilshommes en costumes blancs (percussionniste, chanteur, trompettistes guitariste).

Un homme est passé et le théâtre d’ordinaire habitué aux concerts classiques où une toux discrète ponctue l’interprétation des concertos Brandebourgeois, et le théâtre donc, a chaviré, le public a applaudi et a accepté le message d’amitié et de fraternité délivré par cet homme nommé Eliades Ochoa.

Eliades Ochoa a joué sur le disque et participé au film Buena Vista Social Club. Comparé à ses amis Compay Segundo ou Ruben Gonzalez, c’est un bébé encore au biberon : il n’a que 55 ans. Ce qu’il y a de remarquable dans son succès réside dans le fait que sa musique est sans doute moins apprêtée pour le goût européen que celle de ses amis.

Mais il n’y a rien à faire ! Imaginez-vous dans une grande salle de spectacle. Un homme à la voix légèrement acide entonne un chant soutenu par des percussions et des guitares et relayé par une trompette rutilante. Vous aurez une envie irrépressible de vous dandiner. Votre corps sera pris de soubresauts rythmiques et même si personne ne le remarquera, je vous assure qu’intérieurement, vous vous mettrez à danser. Si vous êtes une femme, vous rêverez d’un beau métis à la peau mâte et d’un Cuba Libre. Si vous êtes un homme, vous succomberez au charme imaginaire d’une mulâtresse et d’un verre de Mojito.

Ce soir-là, nous eûmes droit aux classiques cubains : Lagrimas Negras, Chan Chan. Nous naviguâmes de boléros en Guaracha, de son en cha cha cha. Eliades Ochoa nous affirma que nous faisions tous partie d’une famille. Nous formions La Familia Grande. Heureux de son succès, il réussit à entretenir un vrai climat de connivence entre lui et nous. Son discours pouvait avoir des aspects démagogiques, mais ils étaient gommés par le fait qu’il s’adressait à des cœurs purs.

Et ce soir-là et grâce à lui et à son groupe, nous étions des cœurs purs. Nous étions fiers d’appartenir pendant une heure cinquante à la Familia Grande.

Et puis, je ne sais pas vous, mais moi je trouve qu’en ce moment une heure cinquante de soleil en plus, c’est pas du luxe !


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Juillet 2002
Untitled Document













Untitled Document
Copyright © 2001-2006 - Tous droits réservés