Untitled Document
 

     SPeCTaCLeS
 
CINQ FILLES COULEUR PECHE

Une pièce de Alan Ball
Adaptation française de Anny Romand et Yvon Marciano
Avec Irène Jacob
Camille Japy
Elisabeth Vitali
Constance Dolle
Adriana Santini
et Michael Cohen

Théâtre de l'Atelier
1, place Charles Dullin
75018 Paris
Tél : 01 46 06 49 24

AMERICAN CAFOUILLAGE
Une pièce qui mime l’Amérique, sans grâce, sans entrain. Si vous êtes nostalgique d’Au théâtre ce soir et si vous aimez rire gras…


Parfois, avant de s’aventurer dans des lieux qui ne méritent pas votre présence, on devrait lire Télérama et s’en inspirer. Je vais vous citer la critique parue dans le petit journal, supplément parisien de Télérama. Critique que j’ai lue mais dont hélas, je n’ai pas tenu compte : "Les cinq demoiselles d’honneur d’une mariée appartenant à la fine fleur de la société se réfugient dans une chambre, où elles s’expriment rondement sur les mecs, leurs problèmes de cœur, de cul et de famille. Tissu de clichés, le spectacle mettra en joie les inconditionnels du théâtre de divertissement. Les autres sont priés de s’abstenir."

Que dire de plus ? Dès le lever de rideau, on se trouve dans un décor rose bonbon qui nous rappelle les plus belles heures d’Au théâtre ce soir et qui sonne faux. Le metteur en scène prétend qu’il a voulu créer un décor réaliste. Nous n’avons certainement pas la même conception du réalisme.

Ne nous focalisons pas sur le décor. Jetons un œil aux actrices. Quelle catastrophe ! Quand elles sont présentes (Elisabeth Vitali, Camille Japy), elles sont au premier degré et nous délivrent un jeu sans aucune subtilité. Elles sont proches d’un café-théâtre d’amateur qui tirerait ses références du Petit théâtre de Bouvard de sinistre mémoire. Quand elles sont absentes, elles ont l’air de s’ennuyer. Elles jouent sans y croire et, par là même, sont loin de nous convaincre.

Qu’est-il arrivé à Irène Jacob ?

Irène Jacob joue faux du début à la fin. Elle prend un ton de grande dame du Sud qui conviendrait à Jessica Lange ou Kim Basinger, mais pas à elle. On a l’impression qu’elle cachetonne mais qu’elle ne se foule pas parce qu’elle est payée au minimum syndical.

(Entre parenthèses, j’adore Irène Jacob. Généralement, elle est une actrice magnifique. Et nous attendons avec impatience le prochain Kieslowski qui saura la filmer comme Noémie Lvovsky filme Isabelle Carré dans Les sentiments).

Seule Constance Dolle, dans le rôle de Margaret, est excellente. Jeune actrice de caractère, elle nous procure les uniques instants d’émotion de ce long désert d’une heure quarante. Si elle arrive à se distinguer dans ce salmigondis plein de pathos, nous pouvons espérer la revoir bientôt dans une vraie pièce. À un de ces jours Constance…

En fait, il n’est pas question d’une pièce ici. À peine d’une succession de sketches poussiéreux. Que s’est-il passé ? Alan Ball est l’auteur du scénario d’American beauty et le créateur de Six feet under, la célèbre série, dont la première saison vient de sortir en DVD. Soit cette pièce est bâclée, soit la traduction est maladroite. Et la mise en scène… Les acteurs sont plantés droit devant nous. Ils ne se regardent pas, ils ne jouent pas ensemble.

J’ai oublié un dernier point. Le soir où je me trouvais à L’Atelier, le public a beaucoup ri et beaucoup applaudi. Des fois le public craint un peu…


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Décembre 2003

Untitled Document













Untitled Document
Copyright © 2001-2006 - Tous droits réservés