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CALVIN RUSSELL
 
Café de la Danse
Le 18 juillet 2002
Ca n’est pas une assemblée de premiers communiants qui patiente tranquillement ce soir devant le Café de la Danse. Non que l’assistance ait l’air particulièrement inquiétant, mais plutôt que la moyenne d’âge doit approcher 40 ans (minimum) avec des pointes, pas si rares, à 50 et plus… Pas de panique pour autant. On sait qu’à l’intérieur c’est Calvin Russell qui officie et que, s’il n’est pas lui-même un perdreau de la dernière nichée, ça ne l’empêche pas d’assurer sans temps mort sur des tempos de booggie blues diablement efficaces.

Et effectivement, après une première partie sur laquelle il est préférable de passer rapidement (Laurent Petitgand), le Texan au visage vérolé en lame de couteau et au stetson vissé sur la tête prend possession de la scène pour près de 2 heures du meilleur blues-rock.

Accompagné de deux guitaristes tout minots mais impressionnants, d’un bassiste (et contrebassiste à l’occasion) plus mûr et d’un batteur rondouillard et appliqué, Calvin Russell va donner sa pleine mesure dans cette salle à dimension humaine. Et la pleine mesure de ce type, c’est une bonne vingtaine de chansons balancées de cette voix rauque inimitable, travaillée de longue date à coup de Jack Daniels et de Marlboro à dose massive. Et pas du blues avachi qui se lamente interminablement sur toute la misère du monde. Non, du blues qui déménage, qui transpire, qui déboule dans les amplis sans ménagement pour les quinquagénaires égarés dans le public. Du blues-rock impeccablement rôdé qui sait pourtant laisser à ses guitaristes virtuoses la liberté d’improviser ici ou là des solos joyeux et pas prétentieux. Bref, du travail bel et bien fait.

Et le résultat de ce travail bien fait c’est, deux heures, deux rappels (dont une standing ovation interminable) et une reprise iconoclaste de Honky tonk woman plus tard, les mêmes quadras qui quittent la salle ravis du spectacle et du plein de guitares qu’ils viennent de prendre. De quoi attendre tranquillement la prochaine venue de Popa Chubby à Paris !


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Juillet 2002
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