Ca
nest pas une assemblée de premiers communiants qui patiente
tranquillement ce soir devant le Café de la Danse. Non que
lassistance ait lair particulièrement inquiétant,
mais plutôt que la moyenne dâge doit approcher 40
ans (minimum) avec des pointes, pas si rares, à 50 et plus
Pas de panique pour autant. On sait quà lintérieur
cest Calvin Russell qui officie et que, sil nest
pas lui-même un perdreau de la dernière nichée,
ça ne lempêche pas dassurer sans temps mort
sur des tempos de booggie blues diablement efficaces.
Et effectivement, après une première partie sur laquelle
il est préférable de passer rapidement (Laurent Petitgand),
le Texan au visage vérolé en lame de couteau et au stetson
vissé sur la tête prend possession de la scène
pour près de 2 heures du meilleur blues-rock.
Accompagné de deux guitaristes tout minots mais impressionnants,
dun bassiste (et contrebassiste à loccasion) plus
mûr et dun batteur rondouillard et appliqué, Calvin
Russell va donner sa pleine mesure dans cette salle à dimension
humaine. Et la pleine mesure de ce type, cest une bonne vingtaine
de chansons balancées de cette voix rauque inimitable, travaillée
de longue date à coup de Jack Daniels et de Marlboro à
dose massive. Et pas du blues avachi qui se lamente interminablement
sur toute la misère du monde. Non, du blues qui déménage,
qui transpire, qui déboule dans les amplis sans ménagement
pour les quinquagénaires égarés dans le public.
Du blues-rock impeccablement rôdé qui sait pourtant laisser
à ses guitaristes virtuoses la liberté dimproviser
ici ou là des solos joyeux et pas prétentieux. Bref,
du travail bel et bien fait.
Et le résultat de ce travail bien fait cest, deux heures,
deux rappels (dont une standing ovation interminable) et une reprise
iconoclaste de Honky tonk woman plus tard, les mêmes quadras
qui quittent la salle ravis du spectacle et du plein de guitares quils
viennent de prendre. De quoi attendre tranquillement la prochaine
venue de Popa Chubby à Paris !