Enfin
! Jallais pouvoir passer le rocker Ryan à lépreuve
de la scène. En fait de test, il sagissait dailleurs
plutôt de moi (qui le voyais pour la première fois) que
de lui. La famille Adams semble en effet passer le plus clair de son
temps sur les routes et les scènes du monde entier si jen
crois le programme chargé, détaillé sur le site
Internet de son fan-club.
La scène du jour, donc, le Trabendo : petite salle (300 places
?) de la Porte de Pantin, à lombre du grand Zénith.
Concert privé organisé par Virgin et OuïFM et retransmit
en direct sur lantenne de cette dernière.
Première surprise, non seulement Ryan Adams nest pas
seul sur scène (on sen doutait un peu, remarquez) mais
son groupe est carrément étoffé. Un clavier,
deux guitaristes (un vague cousin à stetson de Calvin Russell
et un clone du grand frère de Jimmy Page), un bassiste (le
petit frère de Ryan himself) et un batteur implacable : à
six sur la petite estrade du Trabendo, les places étaient chères
et les mètres carrés par occupant assez limités
! Dans la salle, par contre, beaucoup de place et humeur bon enfant
: le concert na pas fait le plein et la salle est plutôt
confortable avec ses étagements et rambardes qui donnent une
bonne visibilité et offrent un son correct où que lon
se trouve.
Deuxième surprise, malgré le programme chargé
évoqué plus haut, le groupe a lair heureux de
se produire. Humeur potache, bonne ambiance et esprit de groupe palpable,
nos six lascars déboulent sur les planches presque à
lheure (retransmission oblige) et lami Adams sadresse
demblée au public en essayant de parler français
grâce à son dictionnaire pratique ostensiblement exhibé.
Effort vain : entre improvisation et accent épouvantable, on
le comprend mieux en anglais que dans la langue de Molière.
Reste lessentiel : le show. Attention, rien de tape à
lil, que du pur et dur ! Des guitares nerveuses et incisives,
une voix puissante et grave, une énergie juvénile, des
bières, des clopes entre chaque morceau et de la sueur, beaucoup
de sueur !
Ryan Adams est un rocker dans le sens noble du terme. Les 14 morceaux
du set (dont dix tirés de lalbum Gold
sont alignés) sont alignés avec ferveur. Rien à
voir avec une quelconque restitution plate des versions album. Le
groupe donne au contraire sa pleine mesure en faisant assaut dimpros
et de solos toujours pertinents, toujours sincères. Ces six-là
prennent du bon temps sur scène et nous aussi !
Tellement de bon temps que cest seulement au bout d1h30
que le groupe quitte la scène pour souffler un peu avant les
rappels et quels rappels : 4 morceaux parmi lesquels un ébouriffant
Brown sugar avec un roadie quinquagénaire à la guitare
et Ryan Adams plus Mick Jagger que nature. Purement jubilatoire !
Avec ce talent, cette allure et ces chansons, je crains que la prochaine
fois que ces types passeront par chez nous, la salle qui les accueillera
aura des dimensions, disons, plus imposantes... Dommage pour vous,
tant mieux pour eux !