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RYAN ADAMS

Le Trabendo
 Le 5 avril 2002
Enfin ! J’allais pouvoir passer le rocker Ryan à l’épreuve de la scène. En fait de test, il s’agissait d’ailleurs plutôt de moi (qui le voyais pour la première fois) que de lui. La famille Adams semble en effet passer le plus clair de son temps sur les routes et les scènes du monde entier si j’en crois le programme chargé, détaillé sur le site Internet de son fan-club.
La scène du jour, donc, le Trabendo : petite salle (300 places ?) de la Porte de Pantin, à l’ombre du grand Zénith. Concert privé organisé par Virgin et OuïFM et retransmit en direct sur l’antenne de cette dernière.

Première surprise, non seulement Ryan Adams n’est pas seul sur scène (on s’en doutait un peu, remarquez) mais son groupe est carrément… étoffé. Un clavier, deux guitaristes (un vague cousin à stetson de Calvin Russell et un clone du grand frère de Jimmy Page), un bassiste (le petit frère de Ryan himself) et un batteur implacable : à six sur la petite estrade du Trabendo, les places étaient chères et les mètres carrés par occupant assez limités ! Dans la salle, par contre, beaucoup de place et humeur bon enfant : le concert n’a pas fait le plein et la salle est plutôt confortable avec ses étagements et rambardes qui donnent une bonne visibilité et offrent un son correct où que l’on se trouve.

Deuxième surprise, malgré le programme chargé évoqué plus haut, le groupe a l’air heureux de se produire. Humeur potache, bonne ambiance et esprit de groupe palpable, nos six lascars déboulent sur les planches presque à l’heure (retransmission oblige) et l’ami Adams s’adresse d’emblée au public en essayant de parler français grâce à son dictionnaire pratique ostensiblement exhibé. Effort vain : entre improvisation et accent épouvantable, on le comprend mieux en anglais que dans la langue de Molière.

Reste l’essentiel : le show. Attention, rien de tape à l’œil, que du pur et dur ! Des guitares nerveuses et incisives, une voix puissante et grave, une énergie juvénile, des bières, des clopes entre chaque morceau et de la sueur, beaucoup de sueur !

Ryan Adams est un rocker dans le sens noble du terme. Les 14 morceaux du set (dont dix tirés de l’album Gold sont alignés) sont alignés avec ferveur. Rien à voir avec une quelconque restitution plate des versions album. Le groupe donne au contraire sa pleine mesure en faisant assaut d’impros et de solos toujours pertinents, toujours sincères. Ces six-là prennent du bon temps sur scène et nous aussi !

Tellement de bon temps que c’est seulement au bout d’1h30 que le groupe quitte la scène pour souffler un peu avant les rappels… et quels rappels : 4 morceaux parmi lesquels un ébouriffant Brown sugar avec un roadie quinquagénaire à la guitare et Ryan Adams plus Mick Jagger que nature. Purement jubilatoire !

Avec ce talent, cette allure et ces chansons, je crains que la prochaine fois que ces types passeront par chez nous, la salle qui les accueillera aura des dimensions, disons, plus imposantes... Dommage pour vous, tant mieux pour eux !


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Avril 2002
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