Jeune
et loin d'être con, Saez refuse d'être un chanteur
à la mode, mais il est tout de même le porte parole
de sa génération.
Damien Saez avec son look de teenager : jean, tee-shirt noir,
veste longue à capuche couleur kaki a assuré devant
plus de 3 000 personnes le 3 mars au Galaxie d'Amnéville
(Est de la France). L'ambiance était à son paroxysme
dès le début du concert qui a duré deux
heures quinze ! Saez et ses quatre musiciens ont donné
le meilleur d'eux-mêmes et le résultat était
plus que satisfaisant.
Pour une fois, je n'aurais pas aimé être devant
la scène tellement le public était déchaîné.
Vu du haut, les fans formaient une énorme vague mouvante
qui déferlait au gré du tempo. Rythmes pop-rock
ténébreux, chansons versions longues pour mieux
faire vivre ses textes tranchants, effets de lumière
doux ou carrément agressifs, Saez avait tout prévu
pour que la soirée soit mémorable. Après
avoir mis le feu durant la première demi-heure, ils ont
eu l'intelligence de calmer un peu l'ardeur et les esprits de
la foule avant de repartir de plus belle jusqu'à 23h15…
Les plus belles chansons de son répertoire y sont passées
: Jeune et con, J'veux du nucléaire, Hallelujah, J'hallucine,
Marie ou Marilyn, Fils de France. Bref, Damien Saez a fait un
melting-pot de ses trois album : Jours étranges, God
blesse et Debbie.
Il est certain que quand on écoute Saez, il faut être
suffisamment intelligent pour comprendre le second degré
au risque d'être choqué. Il sait jouer avec les
mots et son impertinence, sa verve explicite plaisent sans conteste.
Qu'il le veuille ou non, il est devenu un chanteur populaire
qui représente bien la nouvelle génération.
Il a le verbe bien aiguisé et donne l'impression de mener
un combat au travers de ses textes grâce auxquels il exorcise
peut-être ses peurs et ses angoisses par rapport à
la société actuelle qui ne tourne pas toujours
très rond. En tous les cas les thèmes de l'amour,
de la guerre, de l'espoir et de la désillusion, des différences,
de la mélancolie, du désarroi, sont traités
avec un grand réalisme et ça plaît, c'est
absolument indéniable.
Écorché et agitateur, émouvant et impertinent
il n'aspire qu'à chanter des vérités profondes
à sa manière, c'est vrai, mais qu'importe…