Une
belle prestation des Américaines que l'on n'avait pas vu à
Paris depuis 3 ans
On ne pouvait être qu’impatient de revoir enfin Sleater
Kinney sur scène en France, après un lointain passage
remarqué en 1ère partie de Sonic Youth en juillet 2000.
Depuis, les trois filles énervées de Sleater Kinney
ont sorti un album impeccable, One beat, et privilégient les
concerts dans leur pays d’origine (USA) sans s’aventurer
sur notre vieux continent. Il aura donc fallu attendre ce festival
Pink and Purple Pop pour voir les filles de Sleater Kinney, devenues
"leadeuses" de la scène "riot grrrls" à
leur insu, défendre leur rock énergique sur une scène
parisienne.
Malheureusement la soirée s’annonce décevante.
Non pas que la prestation du groupe ne soit pas à la hauteur
de nos espérances - car elle le fût - mais tout simplement
parce qu’on ne peut qu’être déçu de
l’organisation de ce concert à la Guinguette Pirate,
endroit tout à fait sympathique mais totalement inadapté
pour des concerts de ce type.
Le Pink and Purple Pop festival, organisé en collaboration
avec l’association Popingays, a pour objectif de promouvoir
une sélection d’artistes indépendants. Cette année,
les 2 groupes parisiens Milkymee et Safety First ont le privilège
d’ouvrir la soirée.
Milkymee est une jeune chanteuse française, qui s’est
fait remarquer, entre autres, sur la compilation Toxic girls sortie
aux Etats-Unis sur le célèbre label Kill Rock Stars
(label de Sleater Kinney également). Sur scène, Milkymee
est accompagnée de deux musiciens permettant d’explorer
l’univers rock-électro de la jeune fille. Malgré
ce tableau plutôt enthousiasmant, la prestation live ne présente
que très peu d’intérêt, le groupe se cherche
un peu et manque d’énergie. Dommage : au fil du set,
les compositions s’enchaînent et s’enlisent les
unes après les autres…
Constat peu réjouissant également pour le groupe suivant.
Pâle copie de Sleater Kinney ou encore de Bikini Kill, voici
le « punk riot grrrls » à la française par
le groupe parisien Safety First… Cela n’a rien de très
excitant surtout avant un concert de Sleater Kinney. Finalement on
s’impatiente plus qu’autre chose de voir les Américaines
sur scène.
Place enfin aux Sleater Kinney, traversant la foule pour se rendre
sur la petite scène de la guinguette pleine à craquer
ce soir. Le concert commence sans traîner par l’excellent
One beat, titre également de leur dernier album. Il n’en
faut pas plus pour se réjouir de voir Carrie (chant/guitare),
Corin (chant/guitare) et Janet (batterie/back vocals) qui mènent
à merveille leur rock brut en poursuivant avec Call the doctor
et l’irrésistible Oh ! Le jeu de guitare de Carrie est
impressionnant de précision, dommage que le son ne soit pas
particulièrement bon et que les voix se retrouvent en retrait
par rapport aux instruments. La taille de la scène et la proximité
avec le public limitent les gesticulations habituelles de ces dames.
Carrie ne se privera pas, malgré tout, de nous offrir quelques
mouvements nerveux avec sa guitare… L’énergie dégagée
par le trio féminin ne laisse pas le public indifférent,
la guinguette tangue comme son public aux mélodies accrocheuses
emmenées par les guitares saturées et surtout la voix
rauque de Corin.
On retiendra Youth decay, Turn it on, Combat rock, Get up, I wanna
be your Joey Ramone ou encore l’énergique Step aside.
Les Sleater Kinney peuvent se permettre facilement un rappel, efficace
de surcroît, avec you’re not a rock’n’roll
fun, Burn don’t breeze ou Dig me out pour ponctuer la soirée.
Une vingtaine de morceaux joués en tout, pour 1h30 de concert
environ, tous délivrés avec hargne, délicatesse
et sincérité.
Reste à espérer maintenant qu’il ne faudra pas
attendre encore trois ans pour revoir les talentueuses Sleater Kinney,
et que cette fois les conditions d’organisation permettront
de rendre leur venue un peu plus appréciable.
Liens sk.grumblemutterspit.org
: un très bon site américain sur Sleater Kinney, tenu
à jour régulièrement. www.pinkpurplepop.com
: le site de l’association organisant le festival, dont on ne
peut que saluer l’initiative chaque année.