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ALAIN SOUCHON

Le 28 février 2006
à L’Olympia - Paris
"Les cadors on les retrouve aux belles places. Nickel…"
(Ultra moderne solitude - 1988)


Quand on va voir Souchon, on va voir du Souchon. Et on a du Souchon. On l’imagine débarquer avec une chemise blanche et un pantalon noir. Et il débarque avec une chemise blanche et un pantalon noir. On l’imagine être drôle et sympa entre les chansons. Et il est drôle et sympa entre les chansons. On l’imagine avec une belle voix. Et il a une belle voix. Et ça, c’est plus important que la chemise, le pantalon et les vannes. C’est même là qu’on reconnaît les cadors. Quand pas mal (une majorité) d’artistes présentent sur scène un timbre méconnaissable par rapport à leurs performances en studio, Souchon-live, lui, est digne de Souchon-CD. Même mieux puisqu’il ne se prive pas d’élever la note là où la tendance est plutôt au "risque zéro".

Mais la vraie surprise c’est qu’un concert de Souchon, ça bouge. Oui, ça paraît fou mais on ne s’endort pas une seule fois ! D’ailleurs, comment somnoler en écoutant des chansons aussi mélodiquement ciselées ? En comptant le nombre d’instruments sur scène (admirablement tripotés par 5 musiciens), on prend la mesure de toute la variété, de la subtilité et de l’exigence des mélodies Souchono-Voulzynesques : de la harpe à la contrebasse en passant par la bonne guitare sèche que l’hôte de la soirée ne se prive pas d’habilement chatouiller (il ne la martyrise pas, c’est quand même du Souchon !), on compte une douzaine d’engins.

Le répertoire ? Un vrai Bottin Gourmand ! Le concert semble durer 10 minutes tant Souchon n’égrène que des tubes, les anciens et les futurs. Quelques sommets : Les cadors, chanté comme un crack, Et si en plus il n’y a personne, entonné comme… personne ou un endiablé Poulailler’s song.

Le jeu de scène ? Pas si nul : un peu raide comme une souche, pas encore Mick Jagger (quoique la silhouette effilée…) mais il a le temps, ça viendra. Et le public ? Sage comme à un meeting de François Bayrou au début, envoûté puis (presque) déchaîné à la fin. Dommage que sur l’ultime Rumba, la surprise Voulzy n’ait quasiment pas pu chanter, la faute à son micro. Mais bon, on était venu passer un bon moment. On en a passé un excellent. Comme quoi on peut encore se tromper sur Souchon…


François Zerhat
© Jowebzine.com - Mars 2006
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