"Les
cadors on les retrouve aux belles places. Nickel…"
(Ultra moderne solitude - 1988)
Quand on va voir Souchon, on va voir du Souchon. Et on a du Souchon.
On l’imagine débarquer avec une chemise blanche et un
pantalon noir. Et il débarque avec une chemise blanche et un
pantalon noir. On l’imagine être drôle et sympa
entre les chansons. Et il est drôle et sympa entre les chansons.
On l’imagine avec une belle voix. Et il a une belle voix. Et
ça, c’est plus important que la chemise, le pantalon
et les vannes. C’est même là qu’on reconnaît
les cadors. Quand pas mal (une majorité) d’artistes présentent
sur scène un timbre méconnaissable par rapport à
leurs performances en studio, Souchon-live, lui, est digne de Souchon-CD.
Même mieux puisqu’il ne se prive pas d’élever
la note là où la tendance est plutôt au "risque
zéro".
Mais la vraie surprise c’est qu’un concert de Souchon,
ça bouge. Oui, ça paraît fou mais on ne s’endort
pas une seule fois ! D’ailleurs, comment somnoler en écoutant
des chansons aussi mélodiquement ciselées ? En comptant
le nombre d’instruments sur scène (admirablement tripotés
par 5 musiciens), on prend la mesure de toute la variété,
de la subtilité et de l’exigence des mélodies
Souchono-Voulzynesques : de la harpe à la contrebasse en passant
par la bonne guitare sèche que l’hôte de la soirée
ne se prive pas d’habilement chatouiller (il ne la martyrise
pas, c’est quand même du Souchon !), on compte une douzaine
d’engins.
Le répertoire ? Un vrai Bottin Gourmand ! Le concert semble
durer 10 minutes tant Souchon n’égrène que des
tubes, les anciens et les futurs. Quelques sommets : Les cadors, chanté
comme un crack, Et si en plus il n’y a personne, entonné
comme… personne ou un endiablé Poulailler’s song.
Le jeu de scène ? Pas si nul : un peu raide comme une souche,
pas encore Mick Jagger (quoique la silhouette effilée…)
mais il a le temps, ça viendra. Et le public ? Sage comme à
un meeting de François Bayrou au début, envoûté
puis (presque) déchaîné à la fin. Dommage
que sur l’ultime Rumba, la surprise Voulzy n’ait quasiment
pas pu chanter, la faute à son micro. Mais bon, on était
venu passer un bon moment. On en a passé un excellent. Comme
quoi on peut encore se tromper sur Souchon…