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GRANDADDY + TRAVIS

St Malo - La Route du Rock
Le 17 août 2003
GRANDADDY (21h40)

Peu de mots pourraient décrire l’excellente prestation de Grandaddy ce dimanche. On a juste du mal à redescendre sur terre. Pour sûr, les Californiens ont subjugué le public de la Route du Rock, définitivement conquis à la cause des bidouilleurs de Modesto. Il faut dire qu’on reste difficilement insensible à un concert de cette qualité, qui à lui seul a justifié le déplacement jusqu’à St Malo.

Le concert débute efficacement avec des titres qui plongent immédiatement tout les spectateurs dans l’univers décalé du groupe avec l’imparable Hewlett’s daughter, le boulversant Yeah is what we had puis le tube The crystal lake, toujours aussi efficace.

De plus, un écran géant derrière le groupe projette diverses vidéos d’une course de motocross avec cascades, de rodéos (avec cascades aussi) ou encore de petites histoires comme celle de quatre bûcherons qui se construisent une embarcation de luxe avant de partir vers l’inconnu. Sans parler des vidéos où le groupe se laisse aller à diverses singeries… Voilà de quoi s'imprégner de Grandaddy, de leur univers absurde et tellement attachant.

Grandaddy visitera en un peu moins d’une heure une petite partie de son répertoire, privilégiant bien entendu leur sublime dernier album Sumday. Jason Lytle mène les mélodies avec sa voix tantôt amusée, triste ou plaintive. On se laisse balader dans cet univers farfelu, on se laisse rire et sautiller sur l’inévitable Am 80 ou sur Stray dog and the chocolate shake, puis on laisse couler quelques larmes sur Laughing stock ou Levitz dont l’enchaînement avec Chartsengrafs est de toute beauté.

Accompagné de ses divers instruments dont lui seul en a le secret, Jason Lytle - caché sous sa casquette Sumday - a l’air heureux, il se laissera à plusieurs reprises tomber au sol pour marteler sa guitare de riffs puissants et de solos plus ou moins improvisés. Toujours avec ce sentiment de naïveté, il parlera peu si ce n’est pour répéter "We love you even if we don’t know you", on ne lui en demande pas plus de toute façon, la beauté de la musique de Grandaddy suffit amplement.

Le single Now it’s on et Lost in your merry way terminent ce concert en apothéose. Cette dernière ballade débute avec douceur pour se terminer en véritable déluge sonore dans lequel on se laisse perdre et émerveiller. Jason Lytle s’amuse avec un chat en plastique qui lui sert de médiator, le public l’accompagne sur les derniers accords, et on le surprend en train de se laisser porter en continuant seul pendant quelques secondes, regardant droit devant lui… Le groupe se retire apparemment confus et surpris d’un tel succès, mais néanmoins touché. Et nous, on a du mal à y croire…




TRAVIS (23h00)

Tour de chauffe pour les écossais de Travis, avant la sortie du 4e album et une tournée Européenne pour cette fin d’année, occasion unique donc pour découvrir quelques nouveaux morceaux et pour vérifier la santé du groupe depuis le succès de The invisible band.

Beaucoup de monde - beaucoup d’anglais et d’écossais en fait - attend de pied ferme la joyeuse bande menée par Fran Healy, délaissant sa coupe en crête pour de longs cheveux. Ceci est un détail, le concert peu commencer par le tube Sing plein d’enthousiasme. On peut dire ce qu’on veut sur Travis, que c’est un peu niais ou ennuyeux, mais on est forcé de constater que Fran est pris d’une espèce de béatitude communicative pendant les concerts. Un vrai gamin, qui ne tient pas en place, comme Andy Dunlop d’ailleurs, le guitariste toujours en train de bondir même si il s’avère un peu plus timide que son compère. Douglas Payne à la basse est plus discret lui aussi, même si ses grimaces et autres gesticulations font sourire. Ajoutez à cela des mélodies impeccables et force est de constater que Travis est un groupe tout ce qu’il y a de plus agréable à voir.

Durant l’heure qui leur est réservée, ils joueront avec panache tout les titres qui ont fait leur succès : As you are, Writing to reach you, Driftwood, Turn (avec un couplet chanté par Douglas). Mention spéciale pour All I wanna do is rock pour son intensité. Le tube Why does it always rain on me ? sera bien sûr joué en guise de rappel, refrain repris en cœur par le public pour la plus grande joie de Fran. Comme à son habitude ce dernier ne peut s’empêcher de nous faire profiter de son accent « scottish » tout à fait charmant en se lançant dans de long monologue à propos de Bush et du monde actuel, du nouvel album ou encore pour expliquer quelques textes. Difficile de le suivre parfois, il n’en reste pas moins amusant, surtout quand il s’essaye à la langue française.

Et les nouvelles chansons alors ? Travis n’en jouera pas plus de cinq, en résumé ces nouveaux titres ne se démarquent pas vraiment des anciens et n’apportent pas grand chose de nouveau. Cependant des titres comme How many hearts, Beautiful occupation ou encore Peace the fuck out sont très prometteurs.

En résumé Travis est un groupe à voir, ne serait-ce que pour leur enthousiasme sincère et l’énergie positive qu’ils dégagent sur scène. Un très bon moment.

Quelques mots sur le festival en lui même, à savoir que ce fût peut être la dernière édition au Fort de Saint Père, la mairie de St Malo ne souhaitant plus financer le festival pour cause de mésententes avec les organisateurs. Le festival risque donc de s’en retrouver délocalisé. Rien d’officiel pour le moment, on espère juste avoir encore le plaisir de revenir dans ce cadre hors du commun pour l’édition 2004 de la Route du Rock.


Jérôme B.
© Jowebzine.com - Août 2003



Liens :
www.laroutedurock.com : le site officiel du festival.
www.grandaddylandscape.com : le site officiel de Grandaddy
www.travisonline.com : le site officiel de Travis.
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