Il
y a des jours comme ça où rien ne va. Ce mardi soir,
ce qui ne va pas, cest le ciel : il tombe des cordes sur Paris,
je nai rien pour me protéger et une file interminable
sallonge Boulevard Voltaire devant le Bataclan. Les portes sont
ouvertes, mais le service dordre (abrité) prend un malin
plaisir à faire entrer les spectateurs au compte-gouttes (de
pluie). Résultat : je suis trempé et, depuis, je traîne
un rhume carabiné dont je ne parviens pas à me débarrasser.
Bon, cessons de geindre. Le plus important est dêtre là,
dans ce Bataclan que lon na plus fréquenté
depuis des années et que lon retrouve avec dautant
plus de plaisir quil est parfaitement dimensionné pour
ce type de concert. Et surtout, raffinement absolu pour le quadra
que je suis devenu : on trouve à létage de confortables
fauteuils de velours rouge réservés aux rockers non-fumeurs.
Merci Mister Evin !
Ne manquent plus que les héros de la soirée : The Vines
from Australia ! Vous savez, on vous en a déjà parlé
dans JWZ : ces petits génies du rock qui ont su faire "la
synthèse entre les Beatles et Nirvana". Tout un programme
Programme minimum en réalité ! Quand ces trois-là
déboulent sur la scène pour leur premier concert parisien,
le public est prêt à entendre les sauveurs de la planète
rock. Sauf que, en fait de sauveurs, cest plutôt à
des poseurs que lon a affaire.
En 50 minutes et 14 morceaux bâclés, les Vines vont détruire
méthodiquement lenthousiasme que leur premier album (Highly
evolved) et le travail de fond de lattaché(e)
de presse de leur maison de disque avaient construit avec talent.
A lexception notable de Highly evolved et de Get free (les morceaux
quils ont dû le plus jouer sur toutes les télés
et toutes les radios du monde), leur (brève) prestation a été
un concentré de bouillie sonore insupportable. Concentré
dénergie pure diront certains inconditionnels. Concentré
de fumisterie assureront les plus lucides.
Du rock, les Vines, et notamment leur chanteur Craig Nicholls (les
autres sont totalement apathiques), nont retenu que les clichés
: et que je saute dans tous les sens, et que jenlève
sauvagement mon t-shirt, et que je me roule par terre, et que je fais
tournoyer ma guitare au-dessus des têtes, et que je me frictionne
les cheveux avec ma serviette-éponge, et que je fracasse le
matériel en fin de set Bref, à peu près
tout sauf de la musique ! Parce que côté chant et guitare,
bonjour les dégâts ! Entre larsen, éructation,
faux tempo et fausses notes, cest un set diablement amateur
que les Australiens sont venus jouer en France.
Dommage. Si lalbum nous avait fait croire au meilleur, la scène,
comme souvent, a fait son uvre de vérité. Les
Vines ont fait un bon disque, mais les Vines ne sont pas un bon groupe
!