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THE VINES

Le Bataclan - Paris
Le 22 octobre 2002
Il y a des jours comme ça où rien ne va. Ce mardi soir, ce qui ne va pas, c’est le ciel : il tombe des cordes sur Paris, je n’ai rien pour me protéger et une file interminable s’allonge Boulevard Voltaire devant le Bataclan. Les portes sont ouvertes, mais le service d’ordre (abrité) prend un malin plaisir à faire entrer les spectateurs au compte-gouttes (de pluie). Résultat : je suis trempé et, depuis, je traîne un rhume carabiné dont je ne parviens pas à me débarrasser.

Bon, cessons de geindre. Le plus important est d’être là, dans ce Bataclan que l’on n’a plus fréquenté depuis des années et que l’on retrouve avec d’autant plus de plaisir qu’il est parfaitement dimensionné pour ce type de concert. Et surtout, raffinement absolu pour le quadra que je suis devenu : on trouve à l’étage de confortables fauteuils de velours rouge réservés aux rockers non-fumeurs. Merci Mister Evin !

Ne manquent plus que les héros de la soirée : The Vines from Australia ! Vous savez, on vous en a déjà parlé dans JWZ : ces petits génies du rock qui ont su faire "la synthèse entre les Beatles et Nirvana". Tout un programme…

Programme minimum en réalité ! Quand ces trois-là déboulent sur la scène pour leur premier concert parisien, le public est prêt à entendre les sauveurs de la planète rock. Sauf que, en fait de sauveurs, c’est plutôt à des poseurs que l’on a affaire.

En 50 minutes et 14 morceaux bâclés, les Vines vont détruire méthodiquement l’enthousiasme que leur premier album (Highly evolved) et le travail de fond de l’attaché(e) de presse de leur maison de disque avaient construit avec talent. A l’exception notable de Highly evolved et de Get free (les morceaux qu’ils ont dû le plus jouer sur toutes les télés et toutes les radios du monde), leur (brève) prestation a été un concentré de bouillie sonore insupportable. Concentré d’énergie pure diront certains inconditionnels. Concentré de fumisterie assureront les plus lucides.

Du rock, les Vines, et notamment leur chanteur Craig Nicholls (les autres sont totalement apathiques), n’ont retenu que les clichés : et que je saute dans tous les sens, et que j’enlève sauvagement mon t-shirt, et que je me roule par terre, et que je fais tournoyer ma guitare au-dessus des têtes, et que je me frictionne les cheveux avec ma serviette-éponge, et que je fracasse le matériel en fin de set… Bref, à peu près tout sauf de la musique ! Parce que côté chant et guitare, bonjour les dégâts ! Entre larsen, éructation, faux tempo et fausses notes, c’est un set diablement amateur que les Australiens sont venus jouer en France.

Dommage. Si l’album nous avait fait croire au meilleur, la scène, comme souvent, a fait son œuvre de vérité. Les Vines ont fait un bon disque, mais les Vines ne sont pas un bon groupe !


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Octobre 2002
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