A
légal dun Bruce Springsteen, dun Joe Strummer
ou dun Jean-Louis Aubert pour les français, Paul Weller
fait partie de ces glorieux aînés que les jeunes générations
continuent à vénérer. A ce titre, un concert
parisien de lex-Jam, le groupe le plus Anglais quil se
puisse imaginer, est forcément un événement.
Et pourtant, lassemblée est clairsemée au moment
où les lumières séteignent ; au point que
les organisateurs nont pas eu besoin de donner accès
au balcon du Bataclan pour loccasion. Mais si lassistance
est maigre, elle est de qualité et toute acquise au toujours
vert Paul Weller. Silhouette svelte et enthousiasme juvénile
malgré les cheveux gris coupés courts : les presque
deux heures de concert à venir promettent dêtre
excitants.
Promesse tenue. Construit autour de son dernier album (Illumination),
le show fait défiler sans temps mort le meilleur de sa production
récente. Tout y passe dans une débauche de virtuosité
et de plaisir de jouer. Loccasion rêvée dadmirer
au passage la collection de guitares dun Paul Weller rayonnant
et au meilleur de sa forme. Et plus le show avance, plus la complicité
groupe/public sintensifie pour finir dans une sorte de fusion
amicale, un peu comme si le concert avait lieu à la maison,
pour quelques amis réunis là par le plaisir et la passion.
Et puis, suprême élégance et souvenir éternel
pour les présents, Paul Weller clôt le concert sur un
Town called malice des grands soirs pour un parterre de quadras qui
prennent sans hésiter un aller simple dans la machine à
remonter le temps réglée sur "20 ans plus tôt".
Un pur moment de bonheur !
Un seul rappel plus tard, les lumières se rallument définitivement
et on sort en se disant quon a vu un sacré bon concert,
quon a passé une sacré bonne soirée et
que, pour léternité, on pourra dire : jai
vu Paul Weller chanter lune des plus belles chansons de tous
les temps.