Pour
la seconde fois en lespace de quelques mois les Who étaient
à laffiche de cette mythique salle Londonienne, léquivalent
de notre Opéra Garnier qui, bien que dordinaire plus
habituée aux ébats symphoniques et philharmoniques a
su depuis la fin des sixties accueillir des formations disons plus
contemporaines (Hendrix, Cream, Led Zeppelin, Deep Purple ) et
juvéniles. Quoique
Cette manifestation, organisée pour la bonne cause en loccurrence
le TCT ou Teenage Cancer Trust, se propose daider les jeunes
enfants et ados grands bretons atteints, en leur construisant, non
seulement des locaux adaptés, mais surtout en leur proposant
des occupations répondant mieux à leurs attentes (studio
denregistrement, activités sportives, programmes éducatifs
adéquats ). Cette année, cinq soirées étaient
organisées avec comme têtes daffiche respectives
Martin Pellow (ex-chanteur de Wet Wet Wet) le mardi, Oasis le mercredi,
les Who les jeudi et vendredi et enfin le Paul Weller Band + guests
(Gary Moore, Robert Plant and the Strange Sensation, Jimmy Page) le
samedi et dernier soir.
Les Who restent, près de 40 années après leurs
débuts, une véritable institution ce côté-ci
du Channel. Pour sen convaincre il suffisait de jeter un coup
dil autour de soi : des septuagénaires partageaient
leur loge avec des teenagers boutonneux et des trentenaires bien établis
échangeaient, tout en profitant du buffet offert par leur société,
leurs impressions avec quelques vieux mods sortis tout droit de lîle
de Wight.
Cependant, salle comble (même si des places se libèrent
dans la loge royale ) ne rime pas nécessairement avec
public prêt à accepter tout et nimporte quoi. Le
concert du jeudi sétant avéré quelque peu
chaotique et incertain il allait de soi que les Qui vous savez navaient
pas droit à un second faux-pas daffilée.
Whooo Whooo Whoooo. Let the show begin Les craintes furent balayées
en lespace 10 minutes. Une entame de set de rêve : I cant
explain, Substitute, Anyway anyhow anywhere ; une formation à
lunisson avec en tête un Roger Daltrey à la voix
surpuissante et aux lancers de micro toujours aussi redoutables et
millimétrés (à quand discipline olympique ??),
un Townshend aux aguets ayant retrouvé la formule magique de
ses moulinets et sauts légendaires, un John Entswistle, bassiste
fidèle à son image de "Quiet one", le tout
rythmé par Zak Starkey rejeton de Ringo Star initié
aux baguettes dans sa plus jeune enfance par ce regretté clown
de Keith Moon et enfin le 5e élément jamais totalement
intégré mais néanmoins indispensable (Baba ORiley
& Wont get fooled again), John "Rabbit" Bundrick
aux claviers. Le reste du set, du pur Classic Who, défila à
grande allure : I don't even know myself, un Amazing journey/Sparks
vivifiant, un Pinball wizard frisant le tilt, I'm free, My wife, Who
are you (ooh ooh ooh ooh), Getting in tune, Behind blue eyes.
Un court interlude acoustique articulé autour de I'm one/Drowned
permit de se rappeler à quel point Pete Townshend, en plus
dêtre un formidable songwriter, restait un guitariste
dexception bien qu'injustement sous-estimé.
La fin du set ne constituera pas une surprise pour les afficionados
du groupe : Baba O'Riley, Relay, 5:15, et enfin Won't get fooled again
(Yeahhhhhhhhhhhhhhhhh).
En rappel : The kids are alright, un Summertime blues endiablé
qui vit Pete se prendre les pieds dans le tapis et se rattraper à
un retour de scène, Young man blues qui restera à mon
avis le clou du concert et enfin My generation achevèrent de
nous convaincre que nous venions dassister ici à un très
grand concert des Who.
Le spectacle se déplace à ce moment dans la salle, où
les "over fifties" dansent et se trémoussent dans
les loges sous les yeux ébahis et pétrifiés des
teenagers. Seul petit regret labsence dun Magic bus et
dun You better you bet qui auraient parachevé ce blitzkrieg.
Pour ceux tentés par une expérience du même type,
sachez que de nouvelles dates anglaises sont prévues à
lautomne prochain au retour de leur tournée US estivale.