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     SPeCTaCLeS
 
THE WHO
 
Royal Albert Hall
 Le 8 février 2002
Pour la seconde fois en l’espace de quelques mois les Who étaient à l’affiche de cette mythique salle Londonienne, l’équivalent de notre Opéra Garnier qui, bien que d’ordinaire plus habituée aux ébats symphoniques et philharmoniques a su depuis la fin des sixties accueillir des formations disons plus contemporaines (Hendrix, Cream, Led Zeppelin, Deep Purple…) et juvéniles. Quoique…

Cette manifestation, organisée pour la bonne cause en l’occurrence le TCT ou Teenage Cancer Trust, se propose d’aider les jeunes enfants et ados grands bretons atteints, en leur construisant, non seulement des locaux adaptés, mais surtout en leur proposant des occupations répondant mieux à leurs attentes (studio d’enregistrement, activités sportives, programmes éducatifs adéquats…). Cette année, cinq soirées étaient organisées avec comme têtes d’affiche respectives Martin Pellow (ex-chanteur de Wet Wet Wet) le mardi, Oasis le mercredi, les Who les jeudi et vendredi et enfin le Paul Weller Band + guests (Gary Moore, Robert Plant and the Strange Sensation, Jimmy Page) le samedi et dernier soir.

Les Who restent, près de 40 années après leurs débuts, une véritable institution ce côté-ci du Channel. Pour s’en convaincre il suffisait de jeter un coup d’œil autour de soi : des septuagénaires partageaient leur loge avec des teenagers boutonneux et des trentenaires bien établis échangeaient, tout en profitant du buffet offert par leur société, leurs impressions avec quelques vieux mods sortis tout droit de l’île de Wight.

Cependant, salle comble (même si des places se libèrent dans la loge royale…) ne rime pas nécessairement avec public prêt à accepter tout et n’importe quoi. Le concert du jeudi s’étant avéré quelque peu chaotique et incertain il allait de soi que les Qui vous savez n’avaient pas droit à un second faux-pas d’affilée.

Whooo Whooo Whoooo. Let the show begin… Les craintes furent balayées en l’espace 10 minutes. Une entame de set de rêve : I can’t explain, Substitute, Anyway anyhow anywhere ; une formation à l’unisson avec en tête un Roger Daltrey à la voix surpuissante et aux lancers de micro toujours aussi redoutables et millimétrés (à quand discipline olympique ??), un Townshend aux aguets ayant retrouvé la formule magique de ses moulinets et sauts légendaires, un John Entswistle, bassiste fidèle à son image de "Quiet one", le tout rythmé par Zak Starkey rejeton de Ringo Star initié aux baguettes dans sa plus jeune enfance par ce regretté clown de Keith Moon et enfin le 5e élément jamais totalement intégré mais néanmoins indispensable (Baba O’Riley & Won’t get fooled again), John "Rabbit" Bundrick aux claviers. Le reste du set, du pur Classic Who, défila à grande allure : I don't even know myself, un Amazing journey/Sparks vivifiant, un Pinball wizard frisant le tilt, I'm free, My wife, Who are you (ooh ooh ooh ooh), Getting in tune, Behind blue eyes.

Un court interlude acoustique articulé autour de I'm one/Drowned permit de se rappeler à quel point Pete Townshend, en plus d’être un formidable songwriter, restait un guitariste d’exception bien qu'injustement sous-estimé.

La fin du set ne constituera pas une surprise pour les afficionados du groupe : Baba O'Riley, Relay, 5:15, et enfin Won't get fooled again (Yeahhhhhhhhhhhhhhhhh).

En rappel : The kids are alright, un Summertime blues endiablé qui vit Pete se prendre les pieds dans le tapis et se rattraper à un retour de scène, Young man blues qui restera à mon avis le clou du concert et enfin My generation achevèrent de nous convaincre que nous venions d’assister ici à un très grand concert des Who.

Le spectacle se déplace à ce moment dans la salle, où les "over fifties" dansent et se trémoussent dans les loges sous les yeux ébahis et pétrifiés des teenagers. Seul petit regret l’absence d’un Magic bus et d’un You better you bet qui auraient parachevé ce blitzkrieg.

Pour ceux tentés par une expérience du même type, sachez que de nouvelles dates anglaises sont prévues à l’automne prochain au retour de leur tournée US estivale.


Stéphane Muller
© Jowebzine.com - Mars 2002



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