Untitled Document
 

     Vu à La TéLé
 
BOOMTOWN
2 épisodes tous les samedi
sur Canal+


Avec Donnie Walberg
et un mauvais sosie
de Steve Mc Queen
entre autres sous-produits...

Chronique du 3 février 2004
Le suivi faussement Rashomonesque et vraiment musculeux d’une brigade de flics à travers ses enquêtes dans la jungle de la cité où les méchants ont des couilles et les gentils des sentiments.


Personnellement, plus la narration est décousue et recomposée, plus je m’amuse. Pulp fiction, Short cuts, j’en mange trois palettes au petit-déjeuner et je me sens bien, intelligent, proche du Nobel. Du coup, la première fois que je tombe sur Boomtown avec son chapitrage par personnage, son traitement de l’image indicateur du moment où on se trouve entre le retour en flash-back et la ligne chronologique, ses entrecroisements, je me dis wouah, je reste ! Boomtown est proposé par paire le samedi soir sur Canal+ et j’ai volontiers deux fois 90 minutes à consacrer à mon inépuisable curiosité.

Au bout des 90 minutes en question, je suis à moitié convaincu par le frère de Mark Walberg (aussi monolithique, même front plissé comme si, dans la famille, on ne jouait qu’avec le front), par le reste des personnages et par les deux scénarios que j’ai subis. Mais bon, le traitement me laisse songeur et je reprogramme pour la semaine suivante.

La semaine suivante, rebelotte. Un premier épisode bien ficelé même si les mecs sont tout en burnes et les filles tout en seins, ça fonctionne. Un second épisode lamentable : la burne dégouline de testostérone, on protège la veuve, la clandestine et l’orpheline en devenir à grands coups de riot-gun en courant sur les toits en zinc d’un motel à étage, menacé à bout portant par les balles blindées de la mafia russe qui n’est avare ni en munitions, ni en figurants à sales gueules et une fois qu’on est bien cerné et que la seule issue c’est mourir le fusil à la main, on saute dans le vide les doigts crispés sur les gâchettes et on tue tous les méchants (pas un n’en réchappe) avant d’atterrir bien tranquillement sur la carrosserie molle d’une Cadillac qu’on avait visé. Renversant. La semaine dernière, deux épisodes d’affilée dans lesquels on tente de nous faire la nique en planquant le coupable dans la peau du gentil en quête de rédemption. Non, mais sans blague !

Bon, allez, ça suffit les conneries. Boomtown, ça sort de chez Dreamworks (comme l’autre truc de Canal en ce moment, Disparitions), fallait pas s’attendre à autre chose et, en plus, ça s’imagine que seul le concept prévaut et qu’à l’intérieur du moule on peut faire cuire n’importe quoi. Raté ! Après le succès mérité de l’éberluant 24 heures chrono, on attendait forcément quelque chose de stupéfiant.

Vous pouvez à nouveau sortir le samedi soir.


Sébastien D. Gendron
© Jowebzine.com - Février 2004
Untitled Document













Untitled Document
Copyright © 2001-2006 - Tous droits réservés