FRANCE
2 REND HOMMAGE
A GEORGES BRASSENS Chronique
du 20 novembre 2001
Hommage
aux artistes trop tôt disparus.
La grande spécialité du show-biz international (et les
francophones n'échappent pas à la règle) : l'hommage
à ces chers disparus qui nous ont quittés trop tôt
et qui, de là-haut, sont avec nous en cette belle soirée
qui leur est consacrée.
Dernière en date, la grand-messe cathodique Georges Brassens
(ce qui est assez cocasse pour un bouffeur de curé et de tous
ce qui pouvait ressembler de prêt ou de loin à une cérémonie
officielle !).
We are the world
We are the children of Georges Brassens
We are the children of Charles Trenet
We are the children of Raymond Devos
Les plus attentifs me diront : mais Raymond Devos n'est pas mort !?
Vous avez sûrement raison, mais avec tous ces hommages, on ne
sait plus qui est mort qui est vivant. Surtout Raymond Devos ! Je
ne sais pas si vous l'avez vu récemment, mais franchement,
bien malin celui qui pourrait établir un diagnostic fiable
sur son état véritable !
Tenez, pour vous montrer que ça n'est pas toujours facile,
je vous propose un petit quizz :
- Trenet : ... mort,
- Jean-Pierre François : ... disparu (et on lui survivra),
- Dave : ... réincarné,
- Dalida : ... morte (c'était un piège, ceux qui ont
répondu "vivante" ont confondu avec son frère
Orlando !).
Bon, pour un hommage réussi, il faut respecter certaines règles,
parmi lesquelles l'indispensable brochette de stars du show biz estampillées
Resto du Cur et Téléthon. Et surtout, ne pas oublier
le petit plus qui fait toute la différence : la chanteuse Québécoise
avec un accent si touchant !
La soirée peut commencer.
Trois, quatre "... les copains d'abord..." premier opus
de cette soirée qui, à n'en pas douter, doit être
repris en chur sur le plateau (et avec rancur, devant
leur télé, par toutes les "vedettes" non conviées
à porter le cercueil).
Comme vous l'avez certainement remarqué, le show biz se déplace
en meute (toujours les mêmes) pour traquer le téléspectateur
(le vrai mot, c'est audimat) avec Michel Drucker dans le rôle
du croque-mort éleveur de stars. Faut dire que le Michel, il
nourrit sa meute au PAL (et au SECAM), voire au vraiment très
pâle (Raymond, si tu nous regardes... !).
Grand frère de cette soirée, Maxime Le Forestier (chien
fou dans sa jeunesse, qui passait son temps à mordre dans l'uniforme
mais est bien parti pour finir en chien d'aveugle) emmène sa
troupe de cadors (Clerc, Foly, Souchon sans Voulzy, Marc sans la voix...)
cheminer et errer sur les refrains et rengaines de leur mentor.
Trois, quatre "... toi l'auvergnat qui, sans façon, m'a
donné..." entonné par Jean-Jacques "je te
donne" Goldman (influence, quand tu nous tiens !). S'en suit
une série d'anecdotes, faut pas laisser refroidir la soirée,
du genre :
"Brassens, oh, je l'ai plus connu mort que vivant..."
"Ah, Brassens, ma première pipe !"
"Brassens, il m'a beaucoup influencé." Pour certains
on ne voit pas très bien en quoi... à part peut être
le tabouret pour poser son pied et jouer de la guitare sans se fatiguer
!
La soirée se déroule tel un prompteur immuable, sans
accrocs, sans surprises, sans standing ovation (surprise !) : c'est
vrai qu'il faut respecter le chagrin de la famille.
Et à la fin de cette soirée, on se prend tous à
espérer que le bus qui les emmènera pour la prochaine
tournée Resto du Cur ne tombera pas dans un ravin (on
ne se méfie jamais assez des chansons idiotes comme "...
chauffeur, si t'es champion appuie appuie / chauffeur si t'es champion
appuie sur le champignon...") : il ne resterait plus personne
pour rendre hommage aux "rendeurs d'hommage" ! Et en plus,
une seule émission pour honorer la mémoire et la disparition
brutale de trente vedettes de la chanson française, ça
serait vraiment du gâchis !
Allez, je vous laisse : je préfère écouter l'hommage
rendu à Brassens par la scène rock française
avec, entre autres, dex-Louise Attaque. Mais non, pas toi Rex
! Couché le chien !