CABLE
- LA RONDE DES CHAINES ENFANTINES
Chronique du 25 janvier 2005
Le
tour de la planète câble et satellite continu cette
semaine avec la grande ronde des chaînes enfantines et
les trésors d'imagination qu'elles déploient pour
captiver (capturer ?) nos tout petits.
La grande aventure du câble : la suite… c’est
la récré !
Résumé des épisodes précédents
: le câble recense des centaines de chaînes pour
le plus grand bonheur des zappeurs du dimanche (et de la semaine).
Les mondes palpitant des séries et la cadence (dance
dance) des musicales ont été décortiqués
dans les numéros de ce début d’année
2005. Maintenant est venu "le temps des rires et des chants,
des monstres gentils, des chaînes pour enfants, oui c’est
un paradis"… Enfin presque.
Leçon numéro 3 : les chaînes pour enfants…
ou grands enfants !
Youpi ! Chbing, boum, tralala et surtout… aligato.
17. Oui, aussi incroyable que cela puisse paraître, les
meilleurs abonnements au câble vous proposent jusqu’à
17 chaînes sur une seule et même thématique
: les enfants, tout petits, petits, moyens et grands. Une réaction
à chaud d’un bon pédopsychiatre pourrait
se résumer à : "Donc 17 bonnes raisons pour
que votre enfant devienne obèse et inculte !". Rassurez-vous,
une consommation modérée de certaines d’entre
elles peut permettre de mettre en éveil quelques sens
de votre bambin. Néanmoins, le vieil adage "plus
c’est grand, plus c’est con !" pourrait aisément
s’appliquer avec une légère nuance : "plus
c’est POUR les grands, plus c’est con !". En
effet, les tout petits (les 0-5 ans, disons) bénéficient,
eux, de deux chaînes de qualité : TIJI et PIWI.
Commençons par TIJI. Créée en 2001 et petite
sœur de Canal J (qu’elle surpasse aujourd’hui
en terme d’audience), elle explore les mondes de la pédagogie
et des belles histoires. On y retrouve, par exemple, un bon
Babar qui n’a jamais rendu niais qui que ce soit, mais
a plutôt tendance à attendrir. Mais la trouvaille
des trouvailles restent les excellents Teletubbies et la non
moins rigolote Dora l’exploratrice. Ce joli duo d’éveil
est diffusé plusieurs fois par jour sur TIJI (également
sur Canal+ pour les Teletubbies et sur TF1 pour Dora) et force
l’admiration en terme de pédago et d’interactivité.
Les enfants ne se scotchent pas devant l’écran
plat de papa et maman mais participent activement aux aventures
des quatre cousins éloignés de Casimir (Po, Tinky
Winky, Dypsie et Laalaa). Astuces pour les parents ou ceux qui
lisent cette chronique et qui n’ont pas d’enfants
: ces mêmes peluches géantes peuvent follement
animer vos fins de soirée enivrées sur les coups
de 6h du mat’… Rigolade assurée. Soyons sérieux
et revenons-en à Dora l’exploratrice qui concentrera
toutes les attentions avec son compagnon Babouch (petit singe
marrant) et ses péripéties rythmées en
français mais aussi avec des bases d’anglais.
PIWI, la gentille concurrente de TIJI, reprend pour sa part
les bons classiques de notre génération de trentenaires
"on air" comme les Barbapapas, mais propose également
le tout mignon Franklin. Histoire d’une tortue petit garçon
(et oui, moi non plus je ne pensais pas qu’il existait
des tortues petits garçons !) et de sa bande de copains
qui symbolise à merveille ce nouveau type de dessin animé
où la gentillesse et la morale prennent le pas sur les
Golgots et les méchantes créatures.
Mais malheureusement ces dernières refont leur come-back
en force dès l’âge de l’école
primaire avec JETIX, la chaîne des retro-lasers et des
Wachougoas rotatifs dans ta face. Des vieillissants Pokemons
aux inénarrables Power Rangers, les écoliers du
CP au CM2 ne sauront plus où donner de la tête
pour perdre leurs premiers neurones, ou tout du moins ne pas
en gagner. Cerise sur le gâteau, l’émission
JETIX MAX qui les incite à se dépenser et surtout
à s’exciter comme des puces. Bref, allez leur dire
de prendre un bain, de manger et d’aller se coucher après
ça… Bon courage !
Pour les nostalgiques des séries du truculent Club Dorothée,
MANGAS animera vos après-midi de RTT avec Dragon-Ball
Z (également quotidiennement sur MCM), du Collège
Fou Fou Fou et, pour les anciens adeptes de la phrase emplie
de rêve "plus tard je serai footballeur professionnel
!", l’excellent Olive et Tom. Ah ! je vous vois de
ma page web, fredonner ce refrain magique "Olive et Tom,
ils sont toujours en forme, Tom et Olivier, sont super entraînés…
ouahh ouh ouh…".
Heureusement, Canal J et Télétoon sauvent la face,
en se démarquant de cet univers impitoyable. Très
longtemps leader du marché des bambinos, Canal J (apparue
en 1988 !) reste une grande pourvoyeuse de dessins animés
de qualité, drôles et que regardent petits et grands
sans se forcer : Titeuf, Kid Paddle, les Razmokets… Seule
ombre au tableau, l’affligeante émission IAPIAP
! où se confrontent le déroutant animateur Billy
et un beauf dans un landau allias Bébé Charly…
Là encore, pour ne pas pleurer, enregistrez ce grand
moment de niaiserie et partagez-le vers 4h00 du matin avec des
camarades ayant absorbé des substances alcoolisées.
Vous serez ainsi à niveau.
Télétoon a connu un tel gadin d’audience
en 2003-2004, que l’habillage, la grille et les séries
ont été totalement changés avec, par exemple,
l’arrivée en 2005, comme le décrit TF1 Publicité
dans sa plaquette annonceur, de nouveaux copains et copines
super délires : Mes parrains sont magiques, Kirby, Rudy
à la craie (inédit en France), Atomic Betty…
et bien d’autres. Bref, il était temps…
Pour les puristes du monde merveilleux de Mickey, attendez-vous
à quelques déceptions avec le bouquet Disney Channel.
Quatre chaînes aux deux oreilles (Disney Channel, Toon
Disney et Playhouse Disney + une chaîne de rediffusion)
cohabitent maladroitement en proposant plus de séries
niaises que de très attendus dessins animés légendaires.
Le seul Nemo fut diffusé à l’occasion des
fêtes de fin d’année 2004… Un peu light.
De plus, l’abonnement à ces Mickey TV est souvent
en sus de l’abonnement de base, donc pas la peine.
Deux jolies petites chaînes à la cible pré-ados
scientifico-curieux (voire un peu premier de la classe) sont
également proposées : Eureka ! et Ma Planète.
Au programme, des importations britanniques (encore une fois
très forts dans ce domaine) de type éducatives
sur Eureka ! et de la très bonne émission française
pour la nièce de la grande chaîne Planète.
C’est vrai que si à 10 ans j’avais eu Mon
Kanar (17h30 tous les soirs sur Ma Planète) en rentrant
de l’école ou un excellent C’est pas sorcier,
ma curiosité pré-pubère aurait été
assouvie.
Allez, pour finir, voyage au pays des frappadingues avec Boomerang
et Cartoon Networks. Beaucoup de similitudes entre les deux
mais une petite heure passée sur l’une d’entre
elles et un immense plaisir à découvrir ou redécouvrir
le génie d’Hanna & Barbera et de Tex Avery
s’empare de vous. A connaître absolument : le sublime
Johnny Bravo sur Cartoon Network… je ne vous en dis pas
plus.
Je laisse la conclusion de cette chronique à ma petite
chérie d’amour de 18 mois, fragile cible admirative
de tous ces canaux câblés spécialement conçus
pour elle : "Uuideghzgyzgyduzgiuegdyzgeydgz… bouga
papa".
A la semaine prochaine pour plus d’infos… sur les
chaînes info !