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CABLE - LES CHAINES D'INFORMATION
Chronique du 1er février 2005
C'est pas le tout de se gaver de télé, encore faut-il garder un œil sur ce qui se passe dans la vraie vie. Et pour ça, la meilleure solution, c'est encore de zapper sur les chaînes d'info. Tour d'horizon…


La grande aventure du câble ! Et maintenant, la suite… des infos.

Après vous avoir conté la semaine passée les histoires merveilleuses (et parfois pitoyables) des chaînes ayant pour cœur de cible les petits, je vous invite aujourd’hui à franchir le pas des génériques qui font frissonner, des présentateurs aux allures de top models, des bandeaux déroulants, des fluctuations du CAC 40… bref des chaînes infos.

Leçon numéro 4 : Les chaînes d’informations.

Mesdames, messieurs bonsoir.

A ma droite, 10 ans d’expérience, le CNN à la Française, un défilé de cravates Kenzo à elle toute seule, une maison-mère première chaîne européenne, elle a lancé Daphné Roullier, David Pujadas ou encore Thomas Hugues, j’ai nommé LCI.

A ma gauche, un lancement raté en 1998, une atmosphère plus feutrée, des journalistes de talents mais souvent méconnus, une maman s’appelant Canal+ plus connue pour son impertinence que pour ses infos, Guillaume Durand y a trouvé refuge, j’appelle I-Télé.

Au centre, un tout en image permanent, un regard pertinent sur le monde, des génériques dignes des grandes années de FR3 Normandie aux émissions sponsorisées par des descendants des Coop de Seine-Maritime, les résultats du foot hollandais ou belge dans la rubrique sport (pour vous dire à quel point c’est complet !), vient à nous Euronews.




Commençons donc par le leader incontesté : LCI. Bien sûr quand il est 22h00 (c’est l’heure qu’il est, là, maintenant, tout de suite quand je rédige cette chronique) et que la soif d’infos brûlantes vous envahie, on ne s’imagine pas voir apparaître un beauf fan de tunning à la garde robe douteuse effectuer des lancements sur le bilan des tsunamis ou des résultats de l’Open d’Australie. La crédibilité physique, ça compte mon bon monsieur ! Grâce à LCI, cette dangereuse faute de goût vestimentaire ne vous atteindra pas. Et oui, Patrick Le Lay (Pdg de TF1) et Jean-Claude Dassier (PDG de LCI) ont dû lancer en 1994 (date de création de la chaîne) un élevage de Ken et Barbie dans les catacombes parisiennes afin de pérenniser la race des présentateurs de JT voués à La Chaîne Info. Belles, voire carrément bombes, les présentatrices de LCI ont donc ce double avantage de vous servir l’info sur un plateau à n’importe quel moment du jour et de la nuit, mais aussi d’alimenter vos fantasmes, enfouis profondément depuis le départ d’Anne Sinclair de l’antenne. Pour vous les filles, rassurez-vous, ils font les mêmes en homme !

Hormis cette apologie du presque parfait, LCI ravira les pointus de l’info en continu avec des news ultra-complètes toutes les demi-heures accompagnées d’une musique de générique qui vous donne à chaque fois la sensation que la fin du monde est proche (Attention, j’vous le fais : "Tin tin Tin Tinninin, ninin". Bon je sais, je le fais mal).

Attention, pour vous chers novices, petite grille de lecture de l’écran LCI : en haut à droite le dernier court du CAC 40, en bas un bandeau déroulant avec tout sur toutes sur les infos du moment, au-dessus le titre de ce que dit le monsieur ou la dame qui parle, et au centre, non ce n’est pas Fashion TV, mais bel et bien le présentateur ou la présentatrice... Ah, alors qu’est-ce que je disais, elle est bonne hein !

A la rubrique des émissions : recommandation sur l’excellent On refait le match d’Eugène Saccomano et sa bande le lundi à 21h, que vous pouvez suivre sur RTL une heure avant. Autres plus, le Journal du web et Ca donne envie. Pour cette dernière, ne vous fiez pas au fait qu’elle soit présentée par Nikos - celui de la Star’Ac -, mais penchez-vous sur ce bouillon de culture accessible. C’est sûr, ça ne vaut pas un bon Jowebzine, mais bon…




Lancée sur une idée d’Alain de Greef - qui voulait faire de cette chaîne un hybride entre les régionales de France 3 et LCI -, I-Télé a toujours bien du mal à s’imposer (stagnant sur une audience de 0,5 % depuis 2002) malgré une grille variée, chaleureuse et idéale pour les curieux. Ca commence avec la très sympathique matinale présentée par mon copain Bruce Toussaint (c’est un voisin !) et la jolie Stéphanie Renouvin. Se succèdent les infos tout au long de la journée (avec la future grande Marie Drucker le midi et en access prime time) et arrive le soir un présentateur incroyable : Samuel Etienne. Un timbre de voix venu des meilleures radios, une présentation tout en finesse, bref du pur délice.

Mais un tour d’horizon complet de cette chaîne aux contours mal dessinés vous permettra de découvrir des émissions subtilement présentées et aux contenus qui raviront les lecteurs de magazines : Ca se dispute animée par Victor Robert (ancien du Journal des Bonnes Nouvelles) à voir le samedi matin au petit déj’ pour aimer à nouveau la politique, I comme idées avec le rédac chef de Fluide Glacial, Albert Algoud (souvenez-vous, François François, wizzzzz !!!) ou encore la crème des crèmes, I-Afrique, menée par Joseph Andjou qui nous gratifie chaque semaine d’un proverbe africain du type "La couille de l’éléphant tape le sol car l’homme blanc ne voit pas l’arbre". Ca ne veut rien dire, mais qu’est-ce qu’on rigole !




Venons-en à Euronews. Si des bruits de couloir prédisent sa mort prochaine lorsque la chaîne d’infos internationales à la Française verra le jour (c’est dans les tuyaux et fortement appuyé par un ancien maire de Paris aujourd’hui président), il n’en reste pas moins vrai que seule cette petite chaîne - à l’habillage primaire et aux annonceurs inconnus - propose un vrai tour de l’actualité internationale. Ignorées par les JT du hertzien et bien souvent par ses concurrentes câblées, les dernières nouvelles de la déroute de l’économie sud-américaine ou encore des analyses objectives des conflits aux Proche-Orient sont traités sous un angle vous permettant d’élargir votre champ de vision. A noter l’excellence des No comment, mini-rubriques diffusées de manière aléatoire où seules les images parlent, sans commentaires, ni bandeaux, ni rien. Troublant quand les événements sont dramatiques, que le poids des mots n’a plus lieu d’être, que le choc de l’image peut venir soudainement chatouiller votre cerveau endolori.

Malgré cela, il sera toujours facile, pour le chroniqueur TV de base que je suis, de se moquer des hésitations des voix-off, des traductions en live - toujours en voix off - aussi sûres d’elles qu’une poignée de main du pape ou encore de la météo européenne où Limoges apparaît dans les trois principales villes de France sur la carte.

Quid des CNN, Al jazira, Bloomberg, BBC News et autre CNBC me direz-vous (non vous ne le dites pas ?), et bien sachez qu’elles feront l’objet d’une attention toute particulière dans une prochaine chronique dédiée aux chaînes étrangères (mais pas la semaine prochaine, na !). Et comme c’est pas bien de réclamer et qu’il est déjà tard (22h15. Et oui j’écris vite… Non c’est pas vrai, il est plus tard que ça), je ne vous dirai pas que la semaine prochaine nous passerons un samedi devant Canal+, mince je vous l’ai dit…


Esteban R
© Jowebzine.com - Février 2005


Sélection de sites

www.lci.fr
Plus d’infos sur l'émission On refait le match : cliquer ici

www.itele.fr
Plus d’infos sur I-Afrique : cliquer ici

www.euronews.net
Plus d’infos et des vidéos des No comment :
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