UN SAMEDI POUR VOIR PLUS CLAIR… SUR
CANAL+
Chronique du 8 février 2005
Petit
débreak au pays de la zapette pour se plonger la tête
(mal réveillée) la première dans la piscine
numéro 4 de ma télécommande : Canal +,
un samedi de février. Et non, mes jowebzineurs amoureux
de cette chronique… y’a pas que le câble dans
la vie !
Tiky-Winky, Daphné, Pascale, Karl et les autres…
7h du mat’, j’ai des frissons je claque des dents
et ma fille monte le son. Si seulement elle pouvait comprendre
que samedi n’est pas un jour comme les autres. Repère
facile pourtant : Papa fait son panda au lit jusqu’à
9h00 du matin le samedi alors que la semaine à cette
heure là il court dans les couloirs de l’appartement
à la recherche d’une belle cravate. Mais là,
non, elle appelle son biberon, son papa, sa télé,
sa journée…
La soirée chez Gaëlle et Ludo était tellement
chargée la veille que mes jambes lourdes, ma langue en
gant de toilette et mon cerveau fraîchement amputé
d’un bon million de neurones se dirigent chancelant tous
ensembles vers l’écran 16/9e après avoir
récupéré la bambinette. Pour me féliciter
d’être un bon père de famille malgré
un début de journée difficile, je m’apprêtais
à entamer un zapping sportif sur Infosport quand, soudain,
un "Teletubbies Papa !" provint de l’encablure
du biberon.
Tant pis pour les résultats du championnat de France
de Ligue 2… et c’est parti pour les Teletubbies
sur Canaille + en compagnie de ma piloutte. Il est 7h15.
Après une bonne heure de calage dans le canapé,
yeux vitreux, j’allais prendre une douche quand mon lobe
droit imbibé se connecta sur une idée magique
: "Et si je capitalisais sur ce réveil aux aurores
pour ne rien faire de ma journée et continuer à
regarder Canal + ?", me dis-je.
Manque de pot, je percutais - en posant un pied dans la baignoire
- que seul le clair de Canal m’était offert, n’ayant
pas voulu, quelques semaines auparavant, prolonger mon abonnement.
Qu’à cela ne tienne, des infos de 12h30 à
la fin de 7 jours au Groland vers 21h00, mon peigne fin de chroniqueur
sera passé sur cette grille de programmes pré-dominicale.
Après de bonnes infos à 12h30 présentées
par la très jolie Claire-Elisabeth Beaufort façon
décrochage de I-Télé, la voilà,
elle arrive, celle dont tous les hommes disent : "Mais
quel est l’enfoiré de sa race qui est avec elle
? C’est pas possible de lever une fille comme ça
sans un produit spécial ou de…" (Ndlr : ce
n’est pas moi qui le dit, ce sont les hommes en général…),
je veux bien sûr parler de Daphné Roulier qui s’installe
sur son siège de présentatrice de +Clair vers
12h40. Alliage bien foutu entre cette envoûtante jeune
femme, un chroniqueur bien inspiré en la personne de
Xavier Dumoulin, des invités du PAF sans langue de bois
et un Bloc-Notes perpétuellement à la chasse aux
indiscrétions, cette émission est la digne héritière
du Télé-Dimanche de Denisot (1992-1996) et du
TV+ de Marco Fogiel (1996-1999). Ce dernier reste d’ailleurs,
en coulisse, le grand manitou producteur de cette émission
au décor bleu, au regard azur, au charme profond, à
la peau de pêche, DAPHNEEEEEEEEEEE HMMMMMMM… Excusez-moi,
je recommencerai plus...
"Oui oui, je fais manger ma fille, purée jambon
c’est bien ?", il est 13h40, j’avais pas vu
l’heure tourner. En Aparté, la voix douce et charmeuse
de Pascale Clark nous demande d’entrer dans son loft au
summum du design intérieur des appartements parisiens
dont on n'aura jamais l’accès, sauf coup de bol
énorme au Loto Foot et sa cagnotte de 4 millions d’euros.
On s’imagine très vite être l’invité
d’un jour de cette émission innovante programmée
à la base, en 2000, pour être une quotidienne et
qui trouva sa place tardivement en hebdo après avoir
été bringuebalée du soir au midi. Etre
invité d’En aparté, donc, un rêve
de gosse qui nous amène rapidement à se voir assis
en face du diaporama avec la voix suave de Pascale dans l’oreillette
: "Esteban, bonjour, appuyez sur le bouton rouge pour la
prochaine diapo s’il vous plaît. Ca vous fait quoi
d’être un chroniqueur de renom, un des piliers de
Jowebzine qui reçoit chaque semaine la visite de 8 millions
de lecteurs internautes…?", "Oh vous savez Pascale,
pour moi l’essentiel est de rester simple et bien dans
ma peau, je sais d’où je viens…", "Chéri,
tu ronfles ! Tu vas réveiller la petite…",
mince encore endormi sur mon canapé, décidément
cette soirée chez Gaëlle et Ludo !
Le bain de ma fille est terminé, je suis descendu au
chinois pour prendre de quoi se ravitailler pour ce samedi soir
de jeunes parents qui n’arrivent toujours pas à
se remettre des enchaînements métro-boulot-apéro-dodo-lever
tôt, donc je l’ai bien méritée ma
récompense : Demain le monde + Un Zapping + C’est
quoi ce jeu ? + 7 jours au Groland !
Demain le monde, à 19h25, est ce que l’on peut
appeler un truc à part, un de ces programmes canaplussiens
dont De Greff avait le secret. Enfoui dans les archives de notre
INA national, les Soren Prévost et autre Philippe Lelièvre
sont allés dénicher cette perle d’avant-gardisme
pour faire naître, en 2004-2005, un programme que les
présidents de chaînes des seventies avaient fait
avorter en son temps. Se chevauchent pendant une demi-heure
des reportages sur l’art et la techno ou sur la dernière
création de préservatif, parsemés de débats
aux confins de Droit de réponse. Le tout magnifiquement
joué par les comédiens pré-cités,
habillés en col roulé orange et chemise col pelle
à tarte.
Et si Karl Zero goûtait à nouveau aux joies de
ces débuts, à l’impertinence de ses "Salope
Simone" et autre Zéro Rama, via ce jeu venu d’ailleurs
nommé à juste titre C’est quoi ce jeu ?.
Des candidats déguisés en peluches à poils
mauves, des claques mécaniques qui s’attaquent
à leurs joues lorsqu’ils répondent mal,
des questions dignes du très fameux Burger Quiz et, pour
finir, un jackpot pour le gagnant qui lui permet de partir dans
un monastère tibétain avec son coiffeur…
Bref on se régale devant tant d’absurdité
et de délicieux non-sens, la vraie vie quoi.
"Ah non, je ne veux pas que notre fille regarde ça,
d’ailleurs je ne suis pas fan non plus !". Ma femme
a raison et l’interdiction aux moins de 10 ans est justifiée
pour ce 7 jours au Groland qui s’annonce. Toujours sur
le fil du rasoir, la bande à Moustique reste fidèle
à ses principes du "On n’en a rien à
foutre", quitte à ne pas être tout le temps
drôle. Mais le président Salengro, les reportages
sarcastiques de Vincent Marronnier et les brèves du monde
"tout en image" nous confortent dans l’idée
que Choron et la bande de Charlie Hebdo n’ont pas fait
ça pour rien…
Il est 20h55, ma fille est couchée, mes yeux sentent
encore le rhum d’hier soir, la suite sur Canal s’appelait
The Shield (excellente série à ne pas louper pour
ceux qui ont Canal, moi j’m’en fous j’ai déjà
vu les deux premières saisons sur Jimmy), mais bon il
est quand même cher l’abonnement. Bref, je ne suis
pas déçu de m’être planté comme
un cactus (ah non pas de Tequila, merci !) devant C+ aujourd’hui
pour savourer des morceaux de ce fameux "esprit Canal".
Au moins sur Canal il n’y a pas de sensationnel…
comme sur Planète Choc que nous scruterons la semaine
prochaine !