COMEDIE
! RIGOLE PAS,
C'EST PAS DROLE !
Chronique du 8 mars 2005
Si
un bon rire vaut un bon steak et que vous avez envie de regarder
Comédie !, vous avez tout intérêt à
vous commander une pizza dès maintenant, car cette chaîne
ne va pas vous nourrir bien longtemps. Après Planète
Choc il y a 3 semaines, voici le deuxième passage à
tabac cathodique de Jowebzine.com en un mois !
Nom de d’là, qu’est-ce que c’est
q’cette chaîne pas rigolote…?
Me v’la en vacances bien méritées mes petiots
! Oui, je sais, vous vous dites que cette chronique démarre
avec un drôle d’accent. Pour votre gouverne, sachez
que j’ai démarré ma longue semaine de vacances
par un week-end en Normandie. Alors en hommage à cette
patrie joyeuse, les envolées lyriques des cocktails avec
des pintades attachées de presse "J’addddoooooooorrrrrre
Dôville en nôvembre !" avec une patate chaude
dans la gueule, laissent place aux expressions du terroir et
à la simplicité.
Un week-end entier, donc, à se marrer joyeusement comme
une grosse baleine. Les odeurs de calva me tourne encore autour,
les zygomatiques déchirés par les longues heures
de blagues à vingt centimes d’euros. En ce lundi
matin hivernal, je comptais bien poursuivre sur cette voie de
la déconnade à tout va en allumant mon décodeur
sur la chaîne Comédie !
Salivant à l’avance en pensant retrouver l’esprit
épicurien des premières années de Comédie
! (créée par Dominique Farrugia en 1997), je me
posais devant ma grosse télé, la tête encore
en friche. J’allume. Me reviennent à l’esprit,
les meilleurs sketchs des Robins des Bois, les rires d’otarie
en chaleur de Dominique Farrugia, plié en quatre en présentant
les premiers mois de la Grosse émission, les rediffusions
de Les nuls, l’émission, les nuits entières
remplies de Saturday night live… Ah, c’était
le bon temps, ma bonne dame !
Je me frotte les mimines et tombe sur… Papa bricole -
Saison 2. Après avoir fait du remplissage de case vierge
sur M6 pendant des années, Papa bricole s‘apparente
à une sorte de kleenex ayant subit les affres du nez
malade de ma fille : ça se prend, ça se jette,
on ose a peine le regarder tellement c’est pas beau.
Déçu mais pas rancunier, je me dis : "Bon,
admettons qu’ils se soient plantés cette fois,
doit bien y avoir une émission qui a pris la relève
de la Grosse émission… Tiens, c’est quoi
ça Le showmag de Jango et Nana ?"
Comme me disaient mes potes de Normandie ce week-end : "C’qu’est
bien, c’est q’t’as pas changé, tu te
marres toujours pour rien, t’es vraiment bon public".
Sous entendu, et surtout sous apéro dînatoire,
un bon "monsieur madame ont un fils", une blague belge,
une grimace bien effectuée, une imitation d’Albert
Dupontel me feront toujours marrer. Mais là, Le show
mag de Jango et Nana, je dois bien l’admettre, ça
ne passe pas. C’est une fois de plus comme le kleenex
de ma fille, mais en version couche-culotte…
Une nouvelle fois déçu mais commençant
à être rancunier, un Marié, deux enfants
suivi d’un Spin city puis d’un South Park réhabilitent
un peu - l’espace d’un instant - la chaîne
qui déconne, même si tout cela a déjà
été vu et revu des dizaines de fois.
Dernière tentative avant d’éteindre la télé,
je me lance dans un après-midi et une soirée,
totalement Comédie !, bien décidé de ne
pas rester sur cet arrière-goût de mégot
de Gauloises brunes de l’humour au fond de la bouche.
Et au final, le menu était composé d’une
cascade de daubes, d’une fricassée de séries
qui sentent l’eau de Cologne de la vieille du 3e étage
de mon immeuble, d’un banc de téléfilms
où même Jean Lefebvre et Henri Guybet auraient
ébloui par leur jeu d’acteur.
Pour m’achever, je me fais même les cinq premières
minutes de Pizaiolo et Mozzarelle avec Aldo Maccione !
Je n’en peux plus de cette chaîne, je prends ma
télécommande, ouvre la fenêtre et fais une
tentative de suicide de la zapette en la menaçant de
la faire sauter dans la rue… Moi le fan de télé
de toujours, ils ont réussi à me dégoûter…
Les quelques programmes frais type Défis et des garçons
ou la Teloose sont méritants mais rarement drôles…
alors on regrette encore et toujours les premiers pas de la
chaîne et son week-end en Normandie où là
"mon p’tit gars, c’est ben vrai qu’on
sait rire".
En un mot, Comédie ! ne déconne plus, elle sombre
petit à petit dans le pouët-pouët d’une
sarbacane mal fabriquée d’un réveillon où
l’on ne connaît personne, dans le rototo qui sent
mauvais, dans le pas beau tout moche vilain.
Pour finir cette chronique, juste un mot rapide pour vous dire,
sans tomber dans le mélodrame, que s’il vous arrive
de bien vous marrer à la lecture de ces chroniques télé,
je le dois beaucoup à un héritage et une tradition
de la plume joyeuse impulsée par mon grand-père
paternel. Un homme grand, bon, drôle et cent fois plus
marrant que n’importe qui. Si le web avait existé
il y a 50 ans, il vous aurait sûrement plus fait marrer
que moi.
À l'heure où j’écris cette chronique,
il ne va pas bien du tout, à l’heure où
vous la lirez, il fera sûrement marrer les nuages…
alors je pense à toi et merci pour tout…