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     Vu à La TéLé
 
DA-LLAS...
UN RTT IMPITOYAAABBLLLEEUU !

Chronique du 22 février 2005

Si, comme moi, vous étiez trop jeune pour comprendre toutes les subtilités de la famille Ewing au début des années 80 lorsque Dallas a déboulé en France, grâce à France 3 et à Canal Jimmy, c’est la méga séance de rattrapage. Ça valait bien un RTT dédié à DALLAS… Suivez-moi !

Eh, John ! Un double scotch, un puit de pétrole et une fausse blonde s’il te plait…

J’étais fatigué, vidé par un rythme de travail de dingo, des week-ends de fête où l’on regarde sa montre le dimanche à 22h30 en se disant qu’on n'aurait pas dû faire ça… Ma décision était prise depuis au moins deux semaines, je prendrai un RTT en plein milieu de semaine, un jeudi… Ah ah ah ah, et pourquoi pas un jeudi ? me disais-je en envoyant ma demande de congés à mon big boss.

Tout excité à l’idée de passer ma journée à glandouiller magistralement dans mon canapé en croûte de vachette, je prenais mon programme TV la veille au soir (le mercredi, donc) en me disant joyeusement que ma zapette n’avait qu’à bien se tenir. J’allais enfin pouvoir accéder à tous les programmes dont se délectent les mères au foyer, les retraités et les gens grippés cloués au lit. À moi, le télé-achat et son body-trainer, le Derrick pour faire la sieste et peut-être même… Quoi ? C’est pas possible ! Ils repassent Dallas sur France 3 à 9h50. Et là je tourne deux pages… Quoi ? C’est pas possible ! Ils repassent Dallas sur Canal Jimmy, l’après-midi à 16h20.

Et là, ma fille se prend les pieds dans le tapis, en père de famille dévoué corps et âme à sa progéniture chancelante allant se taper le petit nez sur la table basse, je me jette au sol tel Superpapaman pour amortir le choc entre son nez et la table maudite, elle me sourit me remerciant d’avance, le programme TV vole et s’aplatit comme une crêpe Suzette (c’est la chandeleur) avec les pages du samedi à hauteur de mes yeux et… Quoi ? C’est pas possible ! Ils repassent Dallas sur Canal Jimmy le samedi soir à 20h45… Trois épisodes de suite. Mais quelle occasion en or de refaire mon retard sur cette série divine !

Je portais encore des salopettes jaunes avec Donald dessus et j'étais obligé de mettre une cagoule pour aller au square quand ma mère (bisous maman, c’est la première fois que je parle de toi dans Jowebzine, ça te fait quoi d’être une star ?) arrêtait le 33 tours de Richard Clayderman, se levait de son canapé en skaï beige pour aller mettre la télé sur la une.

Nous sommes le 12 octobre 1982, je me planque sous la table du salon de notre appartement de la résidence HLM des Alouettes en Normandie, le générique commence… "DA-LLAS, Ton-nu-nivers impi-toya-a-bleu… tu ne redoutes que la mooo-rreeuu". Pétrifié devant le charisme de JR, éberlué devant la poitrine plantureuse de Pamela (et oui, précoce le garçon…), comprenant avec difficulté pourquoi Sue Ellen titube après avoir ingurgité huit verres d’un liquide beaucoup plus pâle que mon Nesquik, je me disais néanmoins que, pour les jumeaux nouveaux-nés de nos voisins, il n’allait pas être super facile de porter comme prénoms Bobby pour le garçon et Priscilla pour la fille. La top classe étant, en ce temps, détenue par les deux cousins du 3e étage du bâtiment C, prénommés Starsky et Hutch. Ma frangine venant de naître s’appelait Maud, c’est sûr que nous ne pouvions pas rivaliser avec nos prénoms bien français…

Plus de deux décennies plus tard, Dallas revenait donc en force avec un panachage fantastique des saisons pour ce jour de RTT des plus glorieux.

La première saison passe sur France 3. Jock (le père de famille tout puissant) est encore vivant et arrive à calmer les ardeurs de son redoutable aîné JR, Sue Ellen ressemble encore à quelque chose et Bobby se met torse nu dès qu’il en a l’occasion (il faut dire qu’il est bâti comme gogo-danseur de la Loco dans cette saison 1).



Après une sieste bien méritée, je me retrouve devant la saison 7 de cette bonne vieille série sur Canal Jimmy. Ellie, la (grand)mère de famille, s’est remariée avec Clayton Farlow depuis la mort de Jock et elle ne contrôle plus rien au pays de l’or noir. Bobby s’est séparé de Pamela (faut-y pas être bête, ma bonne dame…), JR a dû niquer la moitié de la ville - au sens propre comme au sens figuré - et Sue Ellen nous refait la danse de la femelle antilope en chaleur autour de Cliff Barns, (peut être) susceptible d’être le père de John Ross, le fils de Sue Ellen, donc, et officiellement, de JR.

Ray, fils rapporté de la famille, né quarante ans plus tôt d’une envolée adultérine de Jock avec une paysanne du Kansas (elles sont chaudes les filles du Kansas, enfin pas autant que celles du Connecticut, enfin c’est déjà assez difficile comme ça de vous narrer ma journée de RTT spéciale Dallas alors si je commence à m’emballer sur les tailles de culotte des filles des contrées reculées des USA…). J’en étais où… ah oui, Ray ! Eh bien sachez que si vous faites la collection des chapeaux de cow-boy et des cravates en cuir dernier modèle, Ray est votre dieu. Mais soyez sympa, car Ray à beaucoup souffert dans son enfance de la fameuse blague : "Monsieur et Madame DUKU ont un fils, comment l’appelle-t-il ? RAY, bien sûr… Ah ah ah !" (Astuce : lire cette blague à haute voix en mettant le prénom devant le nom).

Bref, je décroche au bout d’un quart d’heure, un peu gavé, il faut bien l’admettre, par la lenteur du scénario et les doublages effectués par des dyslexiques. Mon œil droit se barre en vrille, je sens que je pars dans une deuxième sieste.

Le rêve commence… Je me vois chapeau sur la tête au volant d’une Chevrolet de texan, arrivant au bureau tel JR dans son building de Dallas downtown. Le haut de mes santiags m’épile le bas des jambes et j’avance en canard vers le bureau de ma secrétaire. "Monique… euh non… Kendal… Sortez-moi le dossier sur Michel… euh non… Mickey…". Le temps passe et le luxe de mon bureau déborde par-dessus les radiateurs. "Bougez votre boule, Mandy (Annie, en fait dans la vraie vie… ma deuxième secrétaire) et prenez-moi un rendez-vous avec Dona Oskenberg de la Suza sur notre puit de pétrole de Seine-Saint-Denis et prévoyez également un déjeuner avec Bob Severin-Groisnes pour que je puisse régler le contrat de vente de notre gisement de la Porte de Champeret et celui du 14e arrondissement de Houston... euh non du 14e arrondissement tout court !".

Mince, il est déjà 19h… J’ai bien roupillé, c’est la fin de ma journée de RTT. Ce retour aux sources des séries top de top m’a fait du bien. J’envie les mères de famille, les retraités et les gens grippés cloués au lit. J’aimerais tant voir Dallas tous les jours et me plonger dans les aventures des Ewing, Barns et autres Grassonns…

Si seulement cette série pouvait être commandée en pay-per-view directement sur Kiosque ou Multivision comme tous ces films et spectacles… que nous aborderons la semaine prochaine dans la suite des aventures d’Esteban au pays de la zapette.


Esteban R
© Jowebzine.com - Février 2005



Sites à visiter :

. Les biographies des acteurs, les épisodes, le ranch de Southfork : www.dallas.fr.fm

. Retrouvez l'univers impitoyable de la série américaine Dallas, l'historique du feuilleton, les nouveaux téléfilms, les personnages, des photos, des liens : http://dallasjr.free.fr

. Pour les fans de JR Ewing, le site officiel de Larry Hagman est incontournable :
www.larryhagman.com

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