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Si, comme moi, vous étiez trop jeune pour
comprendre toutes les subtilités de la famille Ewing
au début des années 80 lorsque Dallas a déboulé
en France, grâce à France 3 et à Canal
Jimmy, c’est la méga séance de rattrapage.
Ça valait bien un RTT dédié à
DALLAS… Suivez-moi !
Eh, John ! Un double scotch, un puit de pétrole et
une fausse blonde s’il te plait…
J’étais fatigué, vidé par un rythme
de travail de dingo, des week-ends de fête où
l’on regarde sa montre le dimanche à 22h30 en
se disant qu’on n'aurait pas dû faire ça…
Ma décision était prise depuis au moins deux
semaines, je prendrai un RTT en plein milieu de semaine, un
jeudi… Ah ah ah ah, et pourquoi pas un jeudi ? me disais-je
en envoyant ma demande de congés à mon big boss.
Tout excité à l’idée de passer
ma journée à glandouiller magistralement dans
mon canapé en croûte de vachette, je prenais
mon programme TV la veille au soir (le mercredi, donc) en
me disant joyeusement que ma zapette n’avait qu’à
bien se tenir. J’allais enfin pouvoir accéder
à tous les programmes dont se délectent les
mères au foyer, les retraités et les gens grippés
cloués au lit. À moi, le télé-achat
et son body-trainer, le Derrick pour faire la sieste et peut-être
même… Quoi ? C’est pas possible ! Ils repassent
Dallas sur France 3 à 9h50. Et là je tourne
deux pages… Quoi ? C’est pas possible ! Ils repassent
Dallas sur Canal Jimmy, l’après-midi à
16h20.
Et là, ma fille se prend les pieds dans le tapis, en
père de famille dévoué corps et âme
à sa progéniture chancelante allant se taper
le petit nez sur la table basse, je me jette au sol tel Superpapaman
pour amortir le choc entre son nez et la table maudite, elle
me sourit me remerciant d’avance, le programme TV vole
et s’aplatit comme une crêpe Suzette (c’est
la chandeleur) avec les pages du samedi à hauteur de
mes yeux et… Quoi ? C’est pas possible ! Ils repassent
Dallas sur Canal Jimmy le samedi soir à 20h45…
Trois épisodes de suite. Mais quelle occasion en or
de refaire mon retard sur cette série divine !
Je portais encore des salopettes jaunes avec Donald dessus
et j'étais obligé de mettre une cagoule pour
aller au square quand ma mère (bisous maman, c’est
la première fois que je parle de toi dans Jowebzine,
ça te fait quoi d’être une star ?) arrêtait
le 33 tours de Richard Clayderman, se levait de son canapé
en skaï beige pour aller mettre la télé
sur la une.
Nous sommes le 12 octobre 1982, je me planque sous la table
du salon de notre appartement de la résidence HLM des
Alouettes en Normandie, le générique commence…
"DA-LLAS, Ton-nu-nivers impi-toya-a-bleu… tu ne
redoutes que la mooo-rreeuu". Pétrifié
devant le charisme de JR, éberlué devant la
poitrine plantureuse de Pamela (et oui, précoce le
garçon…), comprenant avec difficulté pourquoi
Sue Ellen titube après avoir ingurgité huit
verres d’un liquide beaucoup plus pâle que mon
Nesquik, je me disais néanmoins que, pour les jumeaux
nouveaux-nés de nos voisins, il n’allait pas
être super facile de porter comme prénoms Bobby
pour le garçon et Priscilla pour la fille. La top classe
étant, en ce temps, détenue par les deux cousins
du 3e étage du bâtiment C, prénommés
Starsky et Hutch. Ma frangine venant de naître s’appelait
Maud, c’est sûr que nous ne pouvions pas rivaliser
avec nos prénoms bien français…
Plus de deux décennies plus tard, Dallas revenait donc
en force avec un panachage fantastique des saisons pour ce
jour de RTT des plus glorieux.
La première saison passe sur France 3. Jock (le père
de famille tout puissant) est encore vivant et arrive à
calmer les ardeurs de son redoutable aîné JR,
Sue Ellen ressemble encore à quelque chose et Bobby
se met torse nu dès qu’il en a l’occasion
(il faut dire qu’il est bâti comme gogo-danseur
de la Loco dans cette saison 1).
Après une sieste bien méritée, je me
retrouve devant la saison 7 de cette bonne vieille série
sur Canal Jimmy. Ellie, la (grand)mère de famille,
s’est remariée avec Clayton Farlow depuis la
mort de Jock et elle ne contrôle plus rien au pays de
l’or noir. Bobby s’est séparé de
Pamela (faut-y pas être bête, ma bonne dame…),
JR a dû niquer la moitié de la ville - au sens
propre comme au sens figuré - et Sue Ellen nous refait
la danse de la femelle antilope en chaleur autour de Cliff
Barns, (peut être) susceptible d’être le
père de John Ross, le fils de Sue Ellen, donc, et officiellement,
de JR.
Ray, fils rapporté de la famille, né quarante
ans plus tôt d’une envolée adultérine
de Jock avec une paysanne du Kansas (elles sont chaudes les
filles du Kansas, enfin pas autant que celles du Connecticut,
enfin c’est déjà assez difficile comme
ça de vous narrer ma journée de RTT spéciale
Dallas alors si je commence à m’emballer sur
les tailles de culotte des filles des contrées reculées
des USA…). J’en étais où…
ah oui, Ray ! Eh bien sachez que si vous faites la collection
des chapeaux de cow-boy et des cravates en cuir dernier modèle,
Ray est votre dieu. Mais soyez sympa, car Ray à beaucoup
souffert dans son enfance de la fameuse blague : "Monsieur
et Madame DUKU ont un fils, comment l’appelle-t-il ?
RAY, bien sûr… Ah ah ah !" (Astuce : lire
cette blague à haute voix en mettant le prénom
devant le nom).
Bref, je décroche au bout d’un quart d’heure,
un peu gavé, il faut bien l’admettre, par la
lenteur du scénario et les doublages effectués
par des dyslexiques. Mon œil droit se barre en vrille,
je sens que je pars dans une deuxième sieste.
Le rêve commence… Je me vois chapeau sur la tête
au volant d’une Chevrolet de texan, arrivant au bureau
tel JR dans son building de Dallas downtown. Le haut de mes
santiags m’épile le bas des jambes et j’avance
en canard vers le bureau de ma secrétaire. "Monique…
euh non… Kendal… Sortez-moi le dossier sur Michel…
euh non… Mickey…". Le temps passe et le luxe
de mon bureau déborde par-dessus les radiateurs. "Bougez
votre boule, Mandy (Annie, en fait dans la vraie vie…
ma deuxième secrétaire) et prenez-moi un rendez-vous
avec Dona Oskenberg de la Suza sur notre puit de pétrole
de Seine-Saint-Denis et prévoyez également un
déjeuner avec Bob Severin-Groisnes pour que je puisse
régler le contrat de vente de notre gisement de la
Porte de Champeret et celui du 14e arrondissement de Houston...
euh non du 14e arrondissement tout court !".
Mince, il est déjà 19h… J’ai bien
roupillé, c’est la fin de ma journée de
RTT. Ce retour aux sources des séries top de top m’a
fait du bien. J’envie les mères de famille, les
retraités et les gens grippés cloués
au lit. J’aimerais tant voir Dallas tous les jours et
me plonger dans les aventures des Ewing, Barns et autres Grassonns…
Si seulement cette série pouvait être commandée
en pay-per-view directement sur Kiosque ou Multivision comme
tous ces films et spectacles… que nous aborderons la
semaine prochaine dans la suite des aventures d’Esteban
au pays de la zapette.
Esteban R
© Jowebzine.com - Février 2005
Sites à visiter :
. Les biographies des acteurs, les épisodes, le ranch
de Southfork : www.dallas.fr.fm
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Dallas, l'historique du feuilleton, les nouveaux téléfilms,
les personnages, des photos, des liens : http://dallasjr.free.fr
. Pour les fans de JR Ewing, le site officiel de Larry Hagman
est incontournable :
www.larryhagman.com
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